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Parcours La Méditerranée, cartes de l'exposition

Parcours thématique

Artémis, dite Diane de Gabies - 278 px
Artémis, dite Diane de Gabies - 278 px

© 2013 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

00Introduction

L’exposition « La Méditerranée dans les collections du Louvre » a pour ambition de réunir des œuvres témoignant des grands moments de civilisation que le monde méditerranéen a connus.
Cette exposition est organisée par le musée du Louvre du 20 juillet au 23 septembre 2013 au Tokyo Metropolitan Art Museum, et du 29 octobre 2013 au 10 février 2014 au National Museum of China.

Ces cartes ont accompagné le parcours d’exposition et illustré le catalogue pour l’étape au Tokyo Metropolitan Art Museum.

La Méditerranée - carte 1
La Méditerranée - carte 1

© Sciences Po-Atelier de cartographie, 2013

01Le monde méditerranéen : un cadre naturel et culturel

Appelée la « mer au milieu des terres », la Méditerranée est une mer quasi fermée reliant trois continents, l’Afrique, l’Asie et l’Europe. La géomorphologie explique cette « mer intérieure » : c’est une zone de tremblements de terre et de montagnes isolant d’étroites plaines côtières de leur arrière-pays. On a pu penser que l’organisation en petites cités-états et l’importance historique des deux péninsules formant l’Italie et la Grèce s’expliquaient en partie par ce déterminisme géographique. L’unité toute relative du bassin méditerranéen est donc donnée par le climat qui, malgré de forts contrastes entre le sud désertique et le nord plus arrosé, a permis le développement d’une végétation particulière faite de pins, de chênes et d’oliviers. Grâce à ce climat doux en hiver et chaud et sec en été, la Méditerranée fut l’aire culturelle de la consommation du blé, du vin et de l’huile d’olive. Les communications maritimes furent un moyen de relier ces terres isolées et d’échanger les produits de cette agriculture vivrière. Il faut se souvenir cependant que le climat y est également connu pour la violence de ses pluies et de ses vents qui rendent difficile la navigation à voile. On comprend donc l’importance des îles, qui permettaient pour une navigation restreinte à la journée de passer par cabotage d’une rive à l’autre malgré l’hostilité de la mer.

La Méditerranée - carte 2
La Méditerranée - carte 2

© Sciences Po-Atelier de cartographie, 2013

02La Méditerranée orientale vers 1500 avant J.-C.

Dans l’Antiquité, les échanges maritimes sont aux mains des rares peuples – Grecs et Phéniciens (Liban actuel) - disposant d’une flotte. Les autres peuples n’ont guère pratiqué qu’une navigation locale ou la piraterie au large de leurs côtes. Grecs et Phéniciens allaient chercher à l’ouest le fer et l’étain qui leur manquaient et y exportèrent leurs produits manufacturés. Tous les peuples  vivant au bord de la mer n’eurent donc pas le même rôle dans ces échanges. Les grands empires d’Egypte et de Mésopotamie où sont nées les principales révolutions techniques (élevage, métallurgie, écriture…) sont d’abord des civilisations liées à des fleuves : le Nil, le Tigre et l’Euphrate. Elles ne se tournèrent vers  la Méditerranée qu’au milieu du 2e millénaire pour contrôler la façade maritime de la Syrie qui donne accès à l’Anatolie et aux routes terrestres. La mythologie antique comme les arts attestent de la connaissance réciproque, parfois non dénuée de préjugés, de chacun de ces voisins. Au 2e millénaire, un art de luxe né dans les palais orientaux se diffuse en Grèce. Au 1er millénaire, les grandes innovations  comme l’invention du verre ou de l’alphabet naissent au Levant (Liban et Syrie actuels). C’est dans cette même région qu’apparaît le monothéisme chez le Peuple juif et que sont diffusés les cultes des divinités orientales et égyptiennes progressivement assimilées par les Grecs et les Romains.

La Méditerranée - carte 3
La Méditerranée - carte 3

© Sciences Po-Atelier de cartographie, 2013

03La Méditerranée en partage

A la fin de l’Antiquité, sous l’Empire Romain, les pays qui bordent la Méditerranée forment pour la seule fois de leur histoire un empire unifié. Politiquement, ils appartiennent à une même entité administrative ;  religieusement avec le triomphe du Christianisme, ils confessent une même foi. Ce moment unique dans l’histoire d’une région morcelée est le fruit d’un long cheminement. Vers 280 avant J.-C. en effet la Méditerranée est divisée en trois grandes entités. Depuis l’expansion qui a commencé au 8e  siècle avant J.-C. vers l’Occident, la Libye ou la Mer Noire et s’est développée vers l’Egypte et l’Asie avec les conquêtes d’Alexandre le Grand (336-323 avant J.-C.), les Grecs dominent le bassin méditerranéen oriental et conservent des établissements occidentaux. La langue et l’écriture grecques y sont les vecteurs d’une civilisation qui développe des formes artistiques et des monuments particuliers. A l’ouest, des Phéniciens venus du Liban actuel ont fondé Carthage, en Tunisie, vers 800 avant J.-C. créant une puissance qui s’est étendue le long des côtes d’Afrique du Nord, en Sicile et au Sud de l’Espagne. Carthage est vaincue et détruite par Rome en 146 avant J.-C. C’est donc Rome, modeste cité italienne fondée en 753 avant J.-C qui fit progressivement l’unité de la Méditerranée et combina l’héritage oriental et grec. Devenue selon les poètes « un lac romain », la Méditerranée connut une rare période d’unité jusqu’à la fin de l’Antiquité.

La Méditerranée - carte 4
La Méditerranée - carte 4

© Sciences Po-Atelier de cartographie, 2013

04La Méditerranée aux temps de la Première Croisade (1090-1099)

Dès la fin de l’Antiquité et jusqu’au 10e siècle, la Méditerranée est le théâtre de profonds bouleversements politiques et religieux qui conduisent progressivement à l’établissement de trois grandes civilisations sur ses rives. Le nord est dominé par la Chrétienté d’Occident. A l’est, l’Empire byzantin est l’héritier de l’empire romain, même s’il cède des régions aux musulmans qui conquièrent aussi toute la rive sud de la Méditerranée et s’établissent en Espagne.
Au 11e siècle, les croisades remettent en cause cet équilibre des forces. Ces expéditions militaires visent à délivrer les lieux où le Christ a vécu et aboutissent à la création d’Etats latins en Orient. Dans le même temps, des rois catholiques entament la reconquête des royaumes musulmans d’Espagne.
A partir du 12e siècle, la Méditerranée n’en est pas moins un espace d’échanges commerciaux et culturels intenses, dominé par les marchands italiens qui s’approvisionnent en marchandises précieuses dans les ports d’Orient et les acheminent jusqu’au cœur de l’Europe médiévale.
A la fin du 13e siècle, les armées musulmanes de Saladin reconquièrent les Etats latins d’Orient. En 1453, Constantinople est prise par les turcs ottomans et en 1492, Grenade tombe sous les assauts des Chrétiens. La chute de ces deux villes symboliques d’Orient et d’Occident marque le début d’une nouvelle ère en Méditerranée.

La Méditerranée - carte 5
La Méditerranée - carte 5

© Sciences Po-Atelier de cartographie, 2013

05L’expansion ottomane en Méditerranée aux 16e et 17e siècles

La chute de l’Empire byzantin en 1453 bouleverse considérablement les équilibres en Méditerranée. Aux 16e et 17e siècles l’empire turc ottoman domine presque tous les pays méditerranéens, de l’Europe orientale jusqu’au Maghreb. Pour la seule fois de son histoire la Méditerranée est aux mains d’une puissance islamique.
L’expansion ottomane est stoppée à Vienne au cœur de l’Europe centrale et aux larges de la Grèce, à Lépante, en 1571. La dynastie des Habsbourg d’Espagne et d’Autriche demeure la seule grande puissance capable d’affronter les ottomans. Depuis l’expédition de Christophe Colomb, ses intérêts économiques sont cependant tournés vers les Amériques. Seules Venise et Gênes, républiques maritimes italiennes, explorent la Méditerranée orientale en s’appuyant sur un réseau de comptoirs. L’affrontement entre turcs et occidentaux est à l’origine d’une fascination réciproque entre ces deux puissances ennemies.
Durant cette période les Européens voyagent peu en Méditerranée et finissent par méconnaître les paysages et les mœurs de ses pays. Paradoxalement, l’art profane et religieux de l’Occident continue d’explorer des thèmes et des légendes dans une Méditerranée largement rêvée.

La Méditerranée - carte 6
La Méditerranée - carte 6

© Sciences Po-Atelier de cartographie, 2013

06La Méditerranée et la colonisation au 19e siècle

Aux 18e et 19e siècles l’Empire turc ottoman traverse une crise grave. Son recul permet un renouveau de l’exploration de la Méditerranée par les Européens. Pour les élites du 18e siècle, le « Grand Tour » permet aux artistes et aux hommes cultivés d’explorer l’Italie, parfois la Sicile, voire la Grèce. La découverte, à partir de 1738, des petites cités romaines de Pompéi et d’Herculanum près de Naples renouvelle considérablement la connaissance de l’Antiquité. Mais c’est surtout l’expédition de Napoléon Bonaparte en Egypte en 1798 qui explique la mode « orientaliste » qui gagne l’Europe du 19e siècle. La redécouverte de la Méditerranée orientale est favorisée par le progrès des moyens de transport. Dans le même temps les équilibres politiques sont bouleversés par les conquêtes militaires des puissances occidentales et par le réveil des nationalismes. La Grèce devient indépendante après une longue guerre de libération (1821-1830). Voulant contrôler la route des Indes, le Royaume-Uni domine progressivement les accès méditerranéens à la Mer Rouge pour atteindre Oman. La France conquiert l’Algérie (1830) et instaure son protectorat sur la Tunisie (1882). La Méditerranée devient alors un lac européen, cadre privilégié pour les débuts du tourisme.