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Parcours L'art d'être à table, Rituel et symbolique du repas

Parcours thématique - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Vendredi Samedi Dimanche

Enfants Groupes scolaires

Jean-François de TROY (Paris, 1679 - Rome, 1752)
Jean-François de TROY (Paris, 1679 - Rome, 1752)

© R.M.N./C. Jean

00Introduction

Partez à la découverte du repas et de sa représentation à travers les collections du Louvre, de l’Antiquité au XVIIIe siècle.

Bien que de nature et d’époque différentes, les œuvres choisies ont en commun les notions de convivialité et de partage qui sont attachées au repas, que celui-ci soit funéraire, mythologique, religieux ou simplement journalier. Au fil des œuvres, souvent inspirées par la vie de tous les jours, apparaît la diversité des rituels du repas, des mets servis, de la vaisselle et des couverts de plus en plus présents. Au-delà de cette peinture du quotidien, la table revêt aussi un sens symbolique selon le lieu et l’époque. Elle accompagne le défunt lors du passage vers l’au-delà dans l’Antiquité ou devient un autel avec la Cène dans la religion chrétienne.


Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Depuis la pyramide, prenez la direction Sully.Traversez le Louvre médiéval, puis, face au Sphinx, montez l’escalier à gauche. Allez jusqu’à la salle 3 puis tournez à droite dans la salle 4.

Chapelle de la tombe d'Akhethétep
Chapelle de la tombe d'Akhethétep

© Musée du Louvre/C. Larrieu

01Mastaba d'Akhethétep

Les habitants de l’Égypte antique consomment une grande variété de légumes, des salades ainsi que des volailles et des poissons. Le vin est réservé à l’élite sociale, tandis que la bière ("heneket") est plus répandue. Le banquet des puissants est toujours agrémenté de musique. La flûte et la harpe rythment les chants et les danses des femmes. Entrez dans cette chapelle funéraire. Sur la paroi de droite, un homme assis s’apprête à consommer le repas présenté face à lui. Les divers mets alignés figurent son « menu » pour l’éternité. Cette table découpée en quatre registres superposés énumère les aliments (à l’extérieur du mastaba, à gauche en sortant, un dessin identifie les aliments). Les images assuraient, par magie, la survie matérielle dans l’au-delà de ce haut dignitaire dont le corps reposait dans un caveau au-dessous. La famille ou les prêtres apportaient aussi de vraies offrandes dont l’âme du défunt venait se nourrir en passant par les fausses portes, sculptées au centre de la chapelle. La table d’offrandes en granite est désormais présentée dans une vitrine à l’extérieur. La vaisselle du repas sculptée dans la masse se substitue aux offrandes réelles.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenez sur vos pas, passez à nouveau devant le Sphinx et montez l’escalier en face de vous. Poursuivez tout droit au travers des antiquités grecques. Après la salle 5, tournez à gauche et rendez-vous à l’entrée des collections des Antiquités étrusques
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Sarcophage, dit "<b>Sarcophage des époux</b>''
Sarcophage, dit "<b>Sarcophage des époux</b>''

© Musée du Louvre, dist. RMN / Philippe Fuzeau

02Le sarcophage des époux de Cerveteri

Le sujet du banquet couché est souvent représenté dans les civilisations de l’Antiquité. Dans un contexte funéraire, il peut évoquer le repas des funérailles, le banquet des bienheureux dans l’au-delà ou tout simplement figurer le défunt dans une activité caractéristique de son statut social. Contrairement à ce qui se passe en Grèce à la même époque, la femme étrusque participe aux banquets, ce qui témoigne de son importance dans la société. Faites le tour du sarcophage afin d’apprécier sous tous ses angles le couple allongé. Les personnages sont figurés en banqueteurs, à demi couchés sur des lits à montants recouverts de matelas. Ils appartiennent à l’élite de la société étrusque. L’épouse, richement vêtue et parée de bijoux, est coiffée d’un tutulus (chapeau conique) et chaussée de bottines au bout recourbé. Son époux porte peut-être une perruque blonde. Observez les curieux coussins repliés sur lesquels le couple s’appuie : ce sont des outres à vin. Le vin est une boisson de luxe, et les services à vin, très complets, sont d’une grande variété, comme l’attestent les coupes aux formes variées disposées dans la vitrine de droite.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
En sortant de la salle, montez la première volée de l’escalier à gauche. Traversez la salle B et, à gauche, prenez l’ascenseur L. Au 1er étage, tournez à gauche dans la salle 6
.

Les Noces de Cana
Les Noces de Cana

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

03Les Noces de Cana

À Venise, au XVIe siècle, le banquet constitue un vrai spectacle. La table disposée en U permet d’installer au centre musiciens et bouffons. Les repas ont alors de six à huit services très hiérarchisés, organisés par un intendant. Les écuyers tranchants, reconnaissables à leur bâton rouge, surveillent la découpe des viandes qui, auparavant, était effectuée à table par le maître de maison. On fête un riche mariage. Les époux sont relégués en bout de table à gauche. Le personnage principal est le Christ, au centre, qui accomplit son premier miracle en changeant l’eau en vin. À droite, l’échanson qui veille au service du vin constate le prodige. Observez de chaque côté les colonnes de marbre rose qui soutiennent une corniche. Celle-ci prolongeait en trompe-l’œil la corniche sculptée du réfectoire du monastère vénitien commanditaire du tableau. L’intrusion de ce banquet fastueux contrastait avec la sobriété des repas silencieux des bénédictins. Seuls le Christ et sa mère sont habillés de façon antique. Les autres convives sont des membres de l’élite vénitienne de 1562. En transposant ces noces chez ses contemporains, Véronèse actualise ainsi l’Évangile.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Retournez sur vos pas, continuez à droite jusqu’à la Victoire de Samothrace. Tournez à gauche, traversez les salles 34 et 74 pour prendre l’ascenseur C à droite. Au 2e étage, allez tout droit de la salle 65 à la salle 19, tournez à gauche et continuez jusqu’à la salle 5. Allez à droite jusqu’à la salle 10. Tournez à gauche dans la salle 7 et rejoignez la salle 14.

Les noces de Thétis et de Pélée ou Le Festin des dieux
Les noces de Thétis et de Pélée ou Le Festin des dieux

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

04Les Noces de Thétis et de Pélée ou Le Festin des dieux

Au XVIe siècle, les reines de France venues d’Italie amènent de grands chefs florentins qui introduisent sur les tables des mets raffinés : cœurs d’artichauts, truffes, parmesan, quenelles. De nouveaux desserts apparaissent : macarons, crèmes glacées, sabayons, frangipane et pâtes de fruits. L’usage de la fourchette à deux dents venue de Byzance se répand, le raffinement consistant à éviter tout contact avec les aliments. Autour des époux Thétis et Pélée au centre de la table, les dieux grecs sont en couple, les hommes ont la peau brune et les femmes la peau laiteuse selon les conventions contemporaines. Observez, sur la table et dans le dressoir à droite, la profusion de vaisselle précieuse : vermeil, cristal, nacre… On aime à cette époque les formes élégantes et complexes comme le nautile, monté en hanap. Poséidon, dieu de la mer, reconnaissable à son trident, en tient un à la main. Au premier plan, dans le rafraîchissoir, amphores et aiguières sont prêtes pour les libations de Dionysos, couronné de raisins et assis à gauche. Examinez les aliments : tourtes et pâtés ornés, homards, appelés « écrevisses de mer », huîtres. Dans la diversité des légumes et des fruits, retrouvez artichauts, melons et cerises.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Retournez sur vos pas jusqu’à la salle 9.

Retable de la Déploration du Christ
Retable de la Déploration du Christ

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

05Retable de la Déploration du Christ

Panneau de bois de forme allongée, la prédelle est la partie inférieure d’un retable. Placée au-dessus de l’autel, elle donne l’illusion visuelle de le prolonger. Celle-ci représente la Cène. Au cours de ce dernier repas, le Christ, entouré des douze apôtres, institue l’eucharistie, sacrement fondateur de la messe.Reconnaissez, sur la table recouverte d’une nappe blanche, pâquerette, violette et romarin. La simplicité des tranchoirs en étain contraste avec l’originalité et la variété de la verrerie. Le verre posé devant le Christ prend la forme d’un calice. Le vin est clairet ou coupé d’eau. Le seul couvert est un couteau à manche de bois. Un de ceux-ci, dirigé vers Judas, semble l’accuser d’avoir trahi le Christ. Le peintre, en échanson sur la gauche, est le quatorzième convive. Au centre de la table, le plat en étain où le pain s’imprègne de vin, fait contrepoint à la bassine de cuivre dans la partie centrale du retable. Par le pain, symbole de son corps, Jésus s’offre lui-même, préfigurant son sacrifice représenté au-dessus, dans le panneau central du retable. Remarquez sur le tranchoir placé devant Jésus cette forme ronde. Est-ce une pomme ou une orange, dite « pomme de Chine » ? Ce fruit, symbole du péché originel d’Adam, évoque son rachat par le Christ.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Traversez les salles 7 à 11 et continuez tout droit. Dans la salle 16, tournez à gauche et rejoignez la salle 29. Le repas de paysan n'est pas visible pour le moment mais vous pouvez admirer d'autres scènes de repas des frères Le Nain.

Repas de paysans
Repas de paysans

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

06Repas de paysans

Les scènes de genre au XVIIe siècle recouvrent souvent, comme ici dans le Repas de paysans, un sens symbolique. Images fidèles de la vie paysanne contemporaine ou bien représentations d’une métaphore religieuse ? Pain et vin, figurés seuls sur une table, sont autant de rappels de l’eucharistie. Le personnage central peut souvent être interprété comme le Christ. Trois personnages sont assis : le maître de maison est encadré de deux paysans vêtus plus pauvrement, l’un d’entre eux, comme les enfants, a les pieds nus. Seuls les hommes sont « attablés » ; la femme, en retrait, les sert. Remarquez la nappe blanche jetée sur un banc qui fait office de table. Elle structure la composition et réfléchit la lumière. Quelques objets usuels se détachent : un pot en grès, une écuelle en étain, un couteau ; contrastant avec cette vaisselle usuelle, les verres à pied semblent avoir été sortis pour l’occasion. Les jours de fête, on fait venir un violoneux. À l’arrière-plan, le lit à baldaquin, à droite, et la fenêtre vitrée, au centre, évoquent l’intérieur d’un paysan aisé du XVIIe siècle.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Descendez dans la salle 32, traversez la salle 33, tournez à droite et allez jusqu’à la salle 40.

Le bénédicité
Le bénédicité

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

07Le Bénédicité

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’usage d’une pièce réservée aux repas se répand, et la table de la salle à manger devient un meuble à part entière. Auparavant, la table était « dressée » dans les antichambres, les salons ou les chambres, avec des planches posées sur des tréteaux. Elles étaient démontées en dehors des heures de repas. Nous assistons ici à une scène familière, celle du bénédicité précédant le repas. Cette prière est adressée à Dieu pour lui demander de bénir le repas et ceux qui l’ont préparé. Les regards de la mère et de la grande sœur descendent vers le jeune enfant qui s’apprête à réciter sa prière. Le geste est arrêté, et le temps suspendu. Suivez des yeux l’inclinaison du corps de la mère. Associé à l’ellipse de la table, il forme une sphère qui englobe les personnages et renforce le caractère intime de la scène. Assiettes et soupière à oreillettes, sur la table, ustensiles, bouteilles et pichets, sur une étagère, évoquent le quotidien. Éloignez-vous et remarquez que le point de vue adopté par le peintre semble être celui de l’enfant qui, comme nous, lève les yeux vers sa mère. La disposition en oblique de sa chaise nous ouvre la scène.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Regardez sur le mur de droite.

Le déjeuner
Le déjeuner

© 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier

08Le Déjeuner

Cette scène est représentative de la vie quotidienne des riches bourgeois du XVIIIe siècle. À cette époque, on « déjeune » le matin, on « dîne » à la mi-journée et on « soupe » le soir. L’usage du chocolat et du café, venus des colonies, se répand dans la riche société d’alors. Entrons dans l’intérieur de cette famille lors d’une matinée ensoleillée. La table d’appoint a été dressée dans le coin de la chambre, de façon improvisée. Elle est si petite que seules quelques tasses y prennent place. La laque de la table, le bouddha, ou magot, ainsi que le vase bleu et blanc sont autant de touches d’exotisme. Le service – tasses dépourvues d’anse, soucoupes et sucrier en porcelaine – s’inspirent des bols à thé chinois. Découvrez comment, par leur regard, l’homme et la femme invitent à la collation l’enfant, en bas à droite. Celui-ci, apportant ses jouets, semble venir tout juste de se lever et d’entrer dans la pièce. Sa tasse est encore retournée sur la table. Le tableau, de petit format, s’insère dans un cadre doré de style « rocaille ». Cette scène de genre a sans doute décoré un intérieur du même style que celui que l’artiste a représenté.Cette scène est représentative de la vie quotidienne des riches bourgeois du XVIIIe siècle. À cette époque, on « déjeune » le matin, on « dîne » à la mi-journée et on « soupe » le soir. L’usage du chocolat et du café, venus des colonies, se répand dans la riche société d’alors. Entrons dans l’intérieur de cette famille lors d’une matinée ensoleillée. La table d’appoint a été dressée dans le coin de la chambre, de façon improvisée. Elle est si petite que seules quelques tasses y prennent place. La laque de la table, le bouddha, ou magot, ainsi que le vase bleu et blanc sont autant de touches d’exotisme. Le service – tasses dépourvues d’anse, soucoupes et sucrier en porcelaine – s’inspirent des bols à thé chinois. <Découvrez comment, par leur regard, l’homme et la femme invitent à la collation l’enfant, en bas à droite. Celui-ci, apportant ses jouets, semble venir tout juste de se lever et d’entrer dans la pièce. Sa tasse est encore retournée sur la table. Le tableau, de petit format, s’insère dans un cadre doré de style « rocaille ». Cette scène de genre a sans doute décoré un intérieur du même style que celui que l’artiste a représenté.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenez sur vos pas jusqu’à la salle 38 et regardez sur le mur de droite.

Un déjeuner de chasse
Un déjeuner de chasse

© 2005 RMN / Hervé Lewandowski

09Un déjeuner de chasse

Au XVIIIe siècle, le service à la française règle l’ordre d’enchaînement des plats et la façon de les servir. Les mets, très nombreux, sont apportés en vagues successives appelées « services ». Au service des potages et entrées succèdent ceux des rôtis et salades, puis des entremets. Le repas s’achève sur les fruits.Observez comment ces aristocrates qui s’attablent pour « dîner » lors d’une halte de chasse ont su recréer leur décor familier en plein air. La table est dressée avec faste, les chiens participent au festin. Voiture et chevaux s’éloignent tandis que, de l’auberge, arrivent les domestiques qui apportent les chaises. Au premier plan, les serviteurs sortent des paniers en osier la vaisselle d’argent et les mets froids qu’ils disposent sur la table sur laquelle est jetée une nappe de lourd damassé. Il n’est pas d’usage au XVIIIe siècle de disposer les verres sur la table ; ceux-ci attendent d’être remplis à la demande par les nombreux domestiques. La place laissée vide au centre invite le spectateur à se mettre à table. Ce tableau monumental ornait en effet la salle à manger du château royal de Fontainebleau avec La Halte de chasse de Vanloo (à gauche). Les personnages peints répondaient aux invités attablés comme dans un jeu de miroir.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Quittez la salle sur la droite. Traversez les salles 43 à 49. Suivez ensuite les indications de sortie qui vous mènent à l’ascenseur C de la salle 64.


Auteur(s):
Magali Simon, Cyrille Gouyette