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Parcours Nature morte, École du Nord

Peintures - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Vendredi Samedi Dimanche

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Deux singes pillant une corbeille de fruits (détail)
Deux singes pillant une corbeille de fruits (détail)

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

00Introduction

La nature morte nordique, reflet d’une réalité familière, permet une rencontre privilégiée entre le quotidien et la peinture. Elle sollicite aussi, derrière le mirage de cette richesse manifeste et de ce déploiement flatteur, une lecture subtile des apparences par le biais d’une approche symbolique.

Au XVIe siècle déjà et plus encore au XVIIe siècle, les peintres du Nord, flamands et hollandais, feront de la représentation minutieuse d’objets inanimés de l’existence quotidienne un moyen d’expression artistique où ils excelleront. Sous le terme de nature morte seront en effet désignées des compositions d’objets inertes ou des repas servis et la représentation de  l’univers domestique lié à la cuisine, aux vivres, puis au repas constitué deviendra même un genre à part entière, très prisé des Écoles du Nord. La nature morte finira par occuper l’essentiel de l’espace pictural et la profusion de toutes ces subsistances savamment agencées prendra différents aspects, jusqu’à évoquer l’opulence débordante des tables servies où  s’entremêlent victuailles, vaisselle, personnages ou animaux… dans une perspective à la fois documentaire et symbolique. Fondamentale est ici l’idée de vanité, qui va associer d’une part les allégories de la brièveté de la vie, de la mort et du pourrissement inévitable, d’autre part les symboles religieux, véritables rappels bibliques, à des représentations temporelles éblouissantes de vérité. Ce langage déguisé a cessé de nous être familier et son sens s’est maintes fois perdu…Le retrouver ça et là au détour des œuvres, telle est l’ambition de ce parcours explorant les symboles religieux ou moraux en usage alors, mais aussi les idéaux exprimés au revers de cette expression exacerbée du quotidien poussée jusqu’à la virtuosité.

 

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
De la pyramide se diriger vers l’aile Richelieu et à droite emprunter le grand escalator jusqu’au 2ème étage. Après les trois premières salles des peintures françaises, se diriger vers les peintures des Écoles du Nord : à gauche, à partir de la salle 4 : les Pays-Bas. Suivre les salles des Pays-Bas XVIe siècle jusqu’ à la salle 11.

Intérieur de cuisine
Intérieur de cuisine

© 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier

01Le reflet d’un contexte économique prospère jusque dans l’intérieur domestique

Toutes ces victuailles débordantes peuvent d’emblée se laisser percevoir comme le reflet et l’affirmation d’une société, l’image éloquente d’un climat économique donné, à savoir comme des témoins de la conjoncture plutôt favorable dont jouissaient à cette époque ces contrées du Nord, Hollande surtout et Pays-Bas. Ainsi la peinture dévoilerait au niveau de l’apparence non seulement une certaine conception du monde, les préférences, les goûts d’un public précis, mais peut-être aussi l’écho d’une prospérité économique attestée. Cette expansion des biens et la richesse nouvelle qui se répand alors vont sans doute transparaître de manière implicite dans la peinture. Tels sont au cœur du monde domestique et quotidien les intérieurs de cuisine plantureux et luxuriants, à la limite de l’excès dans la foisonnante abondance et dans l’empilement des nourritures, comme celui que présente ici Joachim Beuckelaer. Ils tendent en somme le miroir fidèle d’une réalité, où se donnent à voir une sorte de publicité avant la lettre d’un bien-être économique et social, l’invitation également plus ou moins directe à la consommation, et enfin la contemplation satisfaite d’un environnement florissant. C’est en quelque sorte une ode à la nouvelle richesse et à l’opulence, un chant enthousiaste dédié à une forme d’épanouissement que nous offriront les artistes, chacun composant sa partition à sa manière, avec un talent et une inspiration incomparables dans ces pays du Nord.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Suivre le sens de la visite, traverser toutes les salles des Flandres, puis se diriger vers les salles de la Hollande, milieu et moitié du XVIIe siècle, salle 33. Vous pouvez voir aussi : Nature morte de poissons du même artiste située dans l'aile Sully au second étage salle B, exposée hors du circuit des peintures des Écoles du Nord en raison d’une donation.

Nature morte à la carpe
Nature morte à la carpe

© 1995 RMN / Gérard Blot

02Cette évocation de l’abondance s’accompagne d’une représentation naturaliste

Le plus souvent les natures mortes présentent des produits de l’agriculture auxquels l’ingéniosité et la persévérance humaines ont su donner une variété et une richesse incomparables. Une autre catégorie de biens de consommation, les produits de la mer et des eaux douces - les poissons notamment - a fait aussi l’objet d’un traitement attentif de la part des peintres flamands et hollandais, qui aborderont très fréquemment ce thème. Peut-être les produits de la pêche étaient-ils, pour ces pays hautement évocateurs de leur puissance  économique et de leur pouvoir commercial ? Les natures mortes de poissons sont à ce titre révélatrices des riches marchés des ports nordiques, mais elles seraient à l’évidence très différentes dans leur formulation comme dans leur propos. En effet, au-delà du parti pris de recréer un univers prolifique comme celui des marchés ou des intérieurs domestiques, ces compositions présentent les denrées avec la volonté manifeste de créer une illusion, en flattant le regard, ainsi que le montre cette Nature morte à la carpe d’Abraham van Beyeren. Métaphores peut-être d’un contexte à la fois confus et entreprenant, ces tableaux sont par ailleurs également considérés comme de pures et simples présentations esthétiques. La nature morte se double alors d’une mise en scène esthétisante intégrant les vivres eux-mêmes accompagnés d’ustensiles de cuisine divers, qui va s’ouvrir à l’arrière-plan, sur un paysage, une marine, où l’on devinera même parfois des personnages.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Se diriger vers les salles de la Hollande milieu et moitié du XVIIe siècle, salle 39. Un autre tableau du même artiste est accroché à la cimaise immédiatement à gauche : Nature morte au paon et au chien ou Les produits de la chasse.

Gibier et ustensiles de chasse disposés sur le rebord d'une fenêtre
Gibier et ustensiles de chasse disposés sur le rebord d'une fenêtre

© 1993 RMN / Hervé Lewandowski

03Le trophée de chasse élevé au rang d’objet d’art

Comparables aux scènes de cuisine souvent débordantes de pièces de viande, les natures mortes de chasse et de gibier sont nombreuses dans la peinture nordique, resituant les pratiques de la chasse dans leur contexte historique, pratiques réservées d’ailleurs à cette époque à la noblesse, aux privilégiés, plutôt qu’au commun des mortels. Semblables à celle-ci, peinte par Jan Weenix, qui en peignit de nombreuses et de toutes sortes, elles se veulent ancrées dans le réel. Le gibier représenté comme un trophée est mis en scène en perspective  sur un fond de frondaisons, et par le recours au trompe-l’œil d’un rebord de balustrade ou d’une fenêtre se trouve valorisé d’autant, accompagné en outre d’ustensiles variés, gibecières, armes, ou autres éléments propres à la vénerie. Souvent seront réunis dans une même composition gibier mort et animaux vivants. A la fois peinture documentaire et présentation esthétique, ces peintures dépassent pourtant la simple nature morte. L’hymne à la Nature y est  bien présent, mais la cruauté du geste du chasseur semble effacée, sinon atténuée, passant au second plan par le fait d’une composition très méditée, d’un raffinement dans le rendu pictural de l’exécution, d’un réalisme étonnant, et d’un virtuose qui parviennent presque à faire oublier qu’il s’agit d’un animal mort, dont la destination au fond n’est plus vulgairement alimentaire. Dans un contexte de faste baroque, le trophée de chasse semble se suffire à lui-même dans sa logique d’objet d’art.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Rejoindre les salles des Flandres, salle 27, cabinet I.

Nature morte au jambon
Nature morte au jambon

© 2003 RMN / Franck Raux

04Les premières tables mises et l’illusion du vrai

Les nourritures et aliments, réalités essentiellement consommables, seront organisés et abordés très vite sous l’angle de la présentation sur table, que l’on appellera les tables  mises. La disposition de telles tables déjà dressées obéira à peu près invariablement aux mêmes règles. Ainsi, le point du vue du spectateur sera légèrement surélevé et les différents mets seront disposés distinctement les uns des autres, ou parfois même empilés les uns sur les  autres, comme les fromages. Ces tables, toujours présentées parallèles à la surface du tableau, seront le plus souvent recouvertes d’une nappe ou d’un tapis dont les plis ne respectent pas nécessairement cette perspective frontale. Ces premières représentations où l’on peut voir des tables dressées pour un repas, souvent des petits-déjeuners ou des collations, comme dans cette Nature morte au jambon de Floris van Schoten invitent à la consommation directe  des denrées. La virtuosité illusionniste est très présente, dans une tonalité monochrome, pour montrer d’abord la maîtrise du peintre et la minutie avec laquelle sont rendus les détails dans une approche presque scientifique du réel. Le peintre magnifie la nature, utilise certaines techniques pour recréer le volume, la profondeur de l’espace mais le rendu est encore assez plat. Même s’il est encore sommaire parfois, l’arrangement de la nourriture offerte au regard, va devenir concerté et organisé autour de la consommation, « le boire et le manger en images » en quelque sorte.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Salles des Flandres, salle 24 - salle Van Dyck - voir aussi : Salles des Flandres, Rubens et la peinture flamande du XVIIe, salle 17 Viande de boucherie avec chien et chat de Pierre van Boucle.

Nature morte au citron pelé
Nature morte au citron pelé

© 2005 Musée du Louvre / Erich Lessing

05L’irruption de la vie au sein de compositions toujours plus méditées

La mise en scène des tables servies peut présenter un caractère plus complexe, comme le souligne ce tableau de Jan Davidz de Heem, dans un défi lancé à la faculté même de peindre, au pouvoir du peintre poussé toujours plus loin d’inventer des compositions de plus en plus sophistiquées, où les éléments ne sont plus juxtaposés mais disposés harmonieusement. Et ces présentations d’amener insensiblement le spectateur à s’interroger : ce parti pris décoratif  tient-il lieu de simple discours dans une visée documentaire sans évocation particulière et n’est-il présent, voire insistant, que pour mieux courtiser le regard ? Ou au contraire la représentation des tables mises peut-elle prendre au fur et à mesure une valeur symbolique supplémentaire ? Cette architecture concertée renvoie-t-elle à une pensée organisée elle aussi, cherchant à mettre sous le regard un avertissement contre la démesure, l’exagération, la fatuité ? Par exemple l’introduction de la vie sous forme d’animaux familiers chiens, chats, comme dans le tableau Viande de boucherie avec chien et chat de Pieter van Boeckel - van Boucle - bouscule cette belle organisation, fait entrer le mouvement, le déséquilibre, et donc la vie, au sein même de la nature morte. Est-ce un trait d’humour volontaire de la part de l’artiste, vient-il sous nos yeux offrir comme un instantané photographique de la vie quotidienne ou bien alors les animaux commenceraient-ils à personnifier les qualités ou les défauts proprement humains ?

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Salles des Flandres, salle 21.

Fruits et légumes avec un singe, un perroquet et un écureuil
Fruits et légumes avec un singe, un perroquet et un écureuil

© 2005 Musée du Louvre / Angèle Dequier

06L’exubérance pour le plaisir des yeux, des sens et pour l’éducation de l’esprit

L’arrangement des fruits et légumes dans toute leur variété et leur abondance, va respecter une sorte de codification des types de présentation de la nature morte. Tantôt isolés, séparés, ou au contraire mis en scène d’une manière plus complexe, tous les éléments présentés se rejoignent au-delà d’un inventaire pur et simple, dans un exercice pictural et une pratique de la composition comme du coloris. Ainsi en est-il de cette composition inventive de Snyders qui célèbre à la fois la nature, la consommation, et où s’introduisent en outre des animaux vivants. De fait, ce peintre associe souvent des personnages, des paysages et maints représentants du règne animal à ses compositions décoratives conçues le plus souvent pour agrémenter, semble-t-il, des salles à manger. A première vue, la matérialité est savamment rendue, le miroir de la réalité est plus que parfait et le plaisir des yeux assuré. Mais la présence d’animaux vivants, comme le singe, évoque une morale sous-jacente censée éduquer l’esprit. Le perroquet, les oiseaux, le chat, personnifient des défauts proprement humains, ou des allégories du bien et du mal, le papillon, symbole de l’esprit ou de la Résurrection. Des connotations allégoriques et symboliques sont également présentes dans de simples fruits et légumes : l’amertume du citron, si souvent figuré, sur lequel joue à plaisir la lumière et qui était très coûteux à l’époque, la noblesse de l’artichaut et des asperges, les fraises, allusion aux fruits du paradis.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Suivre le sens de la visite et se diriger à nouveau vers les salles de la Hollande, milieu du XVIIe siècle, salle 37.

Nature morte au chandelier
Nature morte au chandelier

© 2004 RMN / Franck Raux

07Clés d’une lecture symbolique et religieuse des vanités

Les natures mortes laissent quelquefois sourdre certaines intentions à dimension religieuse comme cette Nature morte au chandelier à la fois sobre et raffinée, attribuée à Barend van der Meer. Symbolique du temps qui passe, de la corruption de la matière, le chandelier est ce signe qui vient rappeler que tout l’étalage matériel présenté là est provisoire et périssable. Dans ces tableaux, les allusions christiques foisonnent ou sont au contraire souvent à chercher dans quelques objets ou détails signifiants. La nappe, blanche comme un suaire, et disposée en triangle au centre de la composition où les plis restent marqués, change d’aspect et de forme, et n’a plus la même signification au sein du tableau que dans les compositions plus anciennes où elle était couramment posée à plat sur la table. Certains fruits, comme la noix, le raisin et le vin, participent d’un contexte religieux. L’évocation fréquente de la Résurrection peut prendre des formes diverses, ainsi que les allusions appuyées à la mort et à la fuite du temps. L’opinion répandue par l’Église à cette époque, selon laquelle les richesses accumulées et l’aisance affichée ne sont que futilités et orgueil, trouve ici sa pleine expression. Vanité et  iconographie se trouvent ainsi étroitement liées, et la nature morte intègrera cette conception de l’iconographie à usage moralisante tout en gardant néanmoins son caractère ambivalent, voire ambigu : simples choses vues ou de surcroît porteuses d’idées, de spiritualité même ?

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenir aux salles des Flandres XVIIe siècle, salle 20 : perron de l’escalier.

Deux singes pillant une corbeille de fruits
Deux singes pillant une corbeille de fruits

© 2008 RMN / Thierry Ollivier

08Sens cachés des natures mortes : de quel discours s’agit-il ?

Le discours de la nature morte biaise volontiers, et tout en se dissimulant avec complaisance sous une mise en scène anecdotique, où végétaux et repas servis sont de toute apparence le sujet principal, il se révèle en fin de compte foncièrement moralisateur. Ce stratagème, s’il en est un, s’organise généralement au moyen d’une petite fable construite de toutes pièces. Les  motifs ou les ressorts de cette périphrase utilisent les éléments traditionnels de la nature morte, mais à des fins moins conventionnelles, ou disons-le, plus nettement édifiantes. Par une association avec les animaux, et en particulier les singes, cette nature morte de Snyders, se déclare maintenant vanité au sens large, et dans le droit fil de ce que l’on pourrait considérer comme une harangue, ou même un plaidoyer contre le désordre, antithèse de toute morale. La nature morte au sens du terme ne peut plus être prise au pied de la lettre…  Association avec l’activité humaine, relativité et inanité de celle-ci, et coalition de plusieurs motifs symboliques qui dépassent la représentation de denrées présentées et inanimées. De la sorte, le désordre est résolument installé par le vivant, et le discours devient autre. Est-il donc une exhortation, un message réellement réprobateur ? S’agirait-il donc ici d’un propos moralisant sur quelques défauts humains dûment répertoriés, tels que la gourmandise, l’excès, la frivolité et surtout… le désordre, la peur du changement, de la révolte, de l’inconduite ? Sans doute.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Salles des Flandres XVIIe siècle, salle 26.

Fruits et riche vaisselle sur une table
Fruits et riche vaisselle sur une table

© 2005 Musée du Louvre / Angèle Dequier

09La nature morte d’apparat et de banquet ou le triomphe de la vanité

Dans la nature morte de banquet, les allusions sans détour à l’apparat vont au-delà du simple témoignage de la culture de luxe peu à peu répandue dans les pays nordiques d’alors. Cette nature morte fastueuse à la mise en scène grandiose que nous offre l’artiste anversois Jan Davidz de Heem, le représentant le plus talentueux de ce genre de présentations, est à la limite de la perfection, sa virtuosité poussée jusqu’au paroxysme : tous les effets y sont idéalement conjugués pour allier la richesse de la nature à celle de la culture, le raffinement des mets ou des présents de la nature à la quintessence du luxe et des sens. La nature morte dans son achèvement le plus théâtral touche sans doute à son sommet. Mais là encore, les allusions à l’idée de vanité ne manquent pas. La richesse n’est-elle pas mise sciemment en balance avec la vanité ? Entre la mise en représentation, le spectacle affiché d’une certaine satisfaction de soi-même et les rappels à l’ordre symboliques, ces banquets se prêtent au jeu d’une argumentation subtile. Représentation et symbole forment de toute évidence un tout indissociable. Sont entremêlés avec finesse tout à la fois le défi lancé à l’art de la composition et aux recherches de style, les avertissements moralistes et l’usage d’une symbolique contournée interrogeant sur le caractère éphémère de la vie sensuelle et matérielle. Une véritable prouesse qui accorde dans une harmonie magistrale la perfection de l’art et la réalité de la nature, de la vie.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Suivre les salles des Pays-Bas jusqu’à la sortie. Emprunter le grand escalator vers la pyramide.


Auteur(s) :
Michèle Perny
Jacques Foucart