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Parcours Nature morte de fleurs, Ecoles du Nord

Peintures - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

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Fleurs dans une carafe de cristal placée sur un piédestal en pierre, avec une libellule
Fleurs dans une carafe de cristal placée sur un piédestal en pierre, avec une libellule

© 1995 RMN / René-Gabriel Ojéda

00Introduction

Qu’elles soient en bouquets exubérants, simples corbeilles ou guirlandes élaborées, les compositions florales délicates si souvent représentées dans la peinture nordique révèlent une part de symbole et d’allégorie. Elles mêlent, à l’invite d’une paisible méditation sur la vie terrestre, une célébration fervente et minutieuse de la beauté de la nature.

Les peintres de fleurs aux Pays-Bas et en Hollande durant les XVIIe et XVIIIe siècles furent autant de véritables spécialistes du genre que des artistes pour lesquels cette expression ne représenta qu’une partie seulement de leur œuvre. A cette époque, où prospéra l’art de la nature morte, les fleurs contribuèrent à une véritable exaltation de ce style grâce à des compositions talentueuses peintes à partir d’études précises d’après nature. La présentation de ces fleurs aux périodes de floraisons souvent éloignées prit différentes manières, bouquets incroyablement denses, arrangés souvent dans des vases précieux, ou alors disposés dans de simples corbeilles ou des vanneries. Un genre pictural très répandu les présenta également tressées en guirlande autour d’un médaillon central, se détachant presque toujours sur des fonds sombres. Ce genre alliait le symbolisme de la couronne végétale à des idéaux de pureté et d’abondance. Naturellement l’idée de vanité était souvent essentielle : le tableau de fleurs associe en effet la fidélité absolue à la botanique, la louange à la beauté de la nature à un message proprement symbolique, religieux le plus souvent. Tout un petit monde d’insectes le peuplant participera à cette évocation, aujourd’hui effacée et pourtant subtilement présente, rappel du caractère éphémère de la vie terrestre. Les fleurs étaient aussi rattachées à des significations précises, alternant parfois de façon contraire la signification païenne et la signification religieuse. Cependant subsistent les évidentes contradictions des vanités : ces œuvres raffinées étaient-elles une célébration poussée à la perfection de la nature ou un appel, une leçon de morale afin de résister aux tentations terrestres ?


Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Attention, ce parcours ne peut se faire le vendredi en nocturne.
Sous la pyramide, prendre l’entrée Richelieu. Après les contrôles, à droite dirigez-vous vers les escaliers mécaniques ou l’ascenseur et montez jusqu’au 2e étage. Franchir les salles 1 à 3, tournez à gauche, traversez les salles 4 à 6, tournez à nouveau à gauche et arrêtez-vous dans la salle 11 devant le tableau de Cornelis de Visscher.

Portrait d'une veuve âgée de quarante ans et d'un enfant
Portrait d'une veuve âgée de quarante ans et d'un enfant

© 1994 RMN / René-Gabriel Ojéda

01Les prémices : un motif symbolique dans le tableau

Une préférence pour les motifs floraux sous forme d’ornements placés avec préméditation en marge de l’écriture, afin d’illustrer les bordures des manuscrits, marqua le début de la représentation florale. Cette prédilection déborda bientôt de ce cadre et s’étendit peu à peu à la peinture, accompagnée d’une évidente volonté de réelle authenticité du point de vue botanique. Le vocabulaire floral dépassera la miniature et les fleurs seront ainsi présentes dans la peinture flamande depuis le XIVe siècle. Elles le seront le plus souvent à titre symbolique, en guise de motif dans le tableau au sein des représentations sacrées peintes par les primitifs flamands et hollandais. En effet, jusqu’au XVIe siècle, on ne remarquera aucun usage de la nature morte de fleurs en tant que telle. Elle apparaîtra plus tard, jouant un rôle de manière autonome au cours du XVIIe siècle, mais quelques portraits, ainsi que certains tableaux historiques, vont intégrer de plus en plus souvent des éléments de nature morte. Le Portrait d’une veuve et d’un enfant de Cornelis de VISSCHER, peintre plutôt rare, donne un exemple particulièrement significatif de cette utilisation d’une nature morte presque miniature insérée dans le portrait: un petit bouquet s’abrite dans une niche, placé là pour souligner sans doute le caractère transitoire de l’existence terrestre et renchérir par là-même la signification générale et le ton donné à ce tableau. Car cet élément floral participe à la symbolique de l’image représentée favorisant sa signification tout en participant ingénument toutefois à un effet incontestablement décoratif.

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Traversez les salles 13 et 14, puis à droite pénétrez dans la salle 16 et regardez la "Corbeille de fleurs" d’Osias Beert.

Corbeille de fleurs
Corbeille de fleurs

© 2003 RMN / Hervé Lewandowski

02Au-delà de la réalité ordinaire, des fleurs réinventées

Ces compositions de fleurs replacées dans leur contexte, dans la perspective de l’amateur et du spectateur de la Flandre et de la Hollande de cette époque, n’ont certainement pas été présentées par les peintres d’alors comme des images fidèles de la réalité. Par contre, et le spectateur d’aujourd’hui le devine de lui-même, il s’agit bien de mises en scène en quelque sorte créées avec une recherche patiente, voire insistante. Il faudrait même ajouter qu’elles étaient inconcevables dans ces pays nordiques où les jardins d’agrément étaient rares, les fleurs précieuses et inaccessibles, au même titre que de véritables objets de collection. En effet, l’idée et le fait même de reproduire coupées des fleurs aussi exotiques pour l’époque afin de les installer dans des vases ou de simples corbeilles, comme les présentent ces tableaux, d’un geste qui paraît aujourd’hui bien naturel et anodin, dépassait le vraisemblable. Il faut réaliser que ces bouquets parfois étourdissants, défiant avec aisance les lois de la pesanteur et ignorant avec audace la succession des saisons, l’ordre et les lois de la Nature, n’ont jamais existé ainsi composés dans la réalité ordinaire, mais bel et bien dans la seule et intarissable imagination des artistes. Ils ne sont en fait que des constructions et des reconstitutions harmonieuses et géniales de raretés étudiées d’après nature, ou copiées également d’après des illustrations de livres botaniques avec une précision toujours plus exacerbée. Le traitement singulièrement réaliste, comme le montre ici cette Corbeille de fleurs d’Osias BEERT, tout en s’affranchissant dans ses débuts d’une quelconque interprétation, n’est pas exempt d’une certaine rigueur attentive et d’une presque froideur naturaliste.

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Toujours dans la même salle, regardez "la Sainte Famille" de Frans Francken.

La Sainte Famille dans une guirlande de fleurs, avec les quatre évangélistes aux angles (en grisaille) ; en haut, le Père éternel et, en bas, Satan et la Mort vaincus (en grisaille également)
La Sainte Famille dans une guirlande de fleurs, avec les quatre évangélistes aux angles (en grisaille) ; en haut, le Père éternel et, en bas, Satan et la Mort vaincus (en grisaille également)

© 2005 Musée du Louvre / Erich Lessing

03La guirlande et la symbolique religieuse

Cette forme particulière de natures mortes de fleurs a été très utilisée par le peintre flamand Daniel Seghers, élève de Jan Brueghel de Velours dit l’Ancien, qui collabora à de nombreuses reprises avec Rubens comme en témoigne le tableau Guirlande de fleurs avec la Sainte Vierge, où le médaillon religieux est de la main de Rubens et les fleurs de Brueghel. De fait, la couronne était un genre pictural réservé à certains peintres, voire même à certains ateliers, le motif central étant très souvent de la main d’un autre artiste. Cette guirlande entrelacée de fleurs et parcourue souvent de petits animaux servit tout d’abord à enserrer des Vierge à l’Enfant ou la Sainte Famille, comme dans le tableau de Frans FRANCKEN. Elle entoura par la suite des symboles eucharistiques, puis servit à border des sujets profanes, des allégories et même des portraits. La symbolique spirituelle des fleurs y était marquée par le fonds sombre, les excluant par là même du monde terrestre. Car ces œuvres dans leur contexte religieux, contribuaient à l’affirmation certaine d’une dévotion retrouvée, mais aussi à la glorification des manifestations divines passant par la beauté de la nature et la richesse de la Création. Le regard, attiré irrésistiblement par les fleurs et leur chatoiement, allait donc du sujet à l’ornement dans une même pensée symbolique : la couronne s’attachant aux idéaux de pureté, de fertilité, d’abondance et de vertu, l’ornement était là pour porter et magnifier la symbolique et la spiritualité du sujet religieux. Les fleurs utilisées, comme l’œillet et la rose, étaient des symboles de rédemption, tandis que les narcisses, les anémones et le lierre, rattachés à des images de la passion et de la mort, faisaient plutôt écho à la résurrection.

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Traversez la salle 17, descendez et remontez l’escalier et dirigez-vous tout droit jusqu’à la salle 27 à droite. Regardez le "Bouquet de fleurs" de Bosschaert le VIeux

Bouquet de fleurs dans une arcature de pierre s'ouvrant sur un paysage
Bouquet de fleurs dans une arcature de pierre s'ouvrant sur un paysage

© 2005 Musée du Louvre / Erich

04Un art certain du trompe-l’œil

La nature morte s’est ralliée très tôt à l’exercice du trompe-l’œil, utilisant au passage avec esprit la grande majorité des conventions du genre. Les peintres eurent par exemple l’art de ne laisser aucun espace vide entre les fleurs, poussant l’habilité extrême jusqu’à vouloir les faire figurer toutes, parfois même sans aucune tige visible. Ce procédé du raccourci et de la juxtaposition eut le génie de mettre remarquablement et sciemment en valeur les raretés botaniques, offrant au regard interdit un véritable tapis multicolore. L’utilisation de la lumière a également participé à ces moyens pour surprendre l’œil et creuser l’espace en donnant l’illusion d’une perspective. Souvent les fleurs disposées au centre sont baignées de lumière, alors que les formes secondaires s’assombrissent progressivement vers le fond du tableau. D’autre part des détails architecturaux comme la niche, très utilisée au début du 17ème siècle, vont accompagner maintes fois de toute leur dimension illusionniste la présentation des bouquets, donnant sans conteste de la profondeur à celle-ci, procédé qu’utilisera Ambrosius BOOSCHAERT le Vieux. Les artistes ont usé de cet artifice architectural en jouant des ombres portées, ont tiré profit également des rebords de pierre et des assises de fenêtre pour accentuer ce jeu de recul et de mise à distance, pour mieux mettre en valeur et souligner la présence essentielle des végétaux. Les règles exigeantes orientant l’iconographie des tableaux en trompe-l’œil ne permettaient pas la représentation d’espaces trop profonds, et le recours à la niche creusée dans un mur, fut très employé afin d’ouvrir plus largement la composition sur un paysage.

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Quittez la salle et prenez tout droit jusqu’à la salle A où vous admirerez le "Vase de fleurs" de Jan Van Huysum.

Vase de fleurs dans une niche
Vase de fleurs dans une niche

© 2005 Musée du Louvre / Erich Lessing

05Des compositions savantes, un art de spécialistes

A cette époque, la consécration de la nature morte s’exprima non seulement par la peinture réaliste de victuailles et de denrées consommables ou la mise en scène de tables mises et de banquets, mais également à la faveur de compositions florales très ordonnées. L’envolée et le succès de ces dernières ne furent sans doute pas étrangers à une vision nouvelle sur la nature, due notamment à l’essor de la science botanique, et s’accompagnèrent en outre d’une évidente mutation dans la pratique artistique. Avec l’apparition de ce nouveau champ d’interprétation, la peinture tendit en effet à une certaine normalisation dans l’exécution. Ainsi, quelques peintres furent spécialisés dans la nature morte de fleurs, d’autres dans celle des trophées de chasse ou tels autres encore reconnus inégalables dans la représentation des écailles luisantes des poissons, le reflet d’un cristal, la ciselure d’une orfèvrerie précieuse. Il arriva même qu’une ville entière soit l’emblème d’une spécificité, de la ville d’Anvers fut originaire la grande majorité des peintres de fleurs, et qu’une même famille compte en son sein les représentants les plus talentueux d’une tradition. Ainsi dès 1600, les tableaux de fleurs se multiplièrent, et des familles d’artistes comme celle du peintre Ambrosius Bosschaert, dont les trois fils et les beaux-frères s’illustrèrent également dans la peinture de fleurs et de fruits, s’adonnèrent sans compter à leurs créations devenues de véritables modèles. Le Vase de fleurs de Jan VAN HUYSUM représente cette illustration digne d’une encyclopédie botanique, cet élégant florilège de fleurs rares s’affranchissant des saisons pour le plaisir des yeux, dans une imitation parfaite de fleurs réelles.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenez sur vos pas jusqu’à la salle 28. Vous vous arrêterez devant "Fleurs, coquillages, …" de B. van der Alst.

Fleurs, coquillages, papillons et sauterelle
Fleurs, coquillages, papillons et sauterelle

© 2001 RMN / Gérard Blot

06Une composition méditée

Certains éléments accompagnèrent ce genre de représentations dès sa création, comme les insectes, chenilles, petits vers et papillons venant envahir ou même ronger dans la discrétion les végétaux, sorte de convention qui se retrouvait dans les traités de botanique, recréant ainsi le monde des espèces dans sa continuité et son harmonie. Les petits insectes, mais aussi des coquillages rares participeront à la mise en scène, seront mis en avant comme le présente Van der AST dans cette composition Fleurs, coquillages, papillons et sauterelle ou en retrait de cet espace délimité, tandis qu’un cadrage serré obligera à un regard rapproché, presque collé au tableau. Toute une dialectique était censée s’instaurer dans ce subtil va-et-vient, cette accommodation incessante entre le détail et le lointain, entre l’infiniment petit symbolisé par un insecte ou une perle d’eau, et l’infiniment grand des horizons bleutés au loin. Correspondances volontaires, amorce d’une réflexion philosophique qui surgira dans la pensée, prélude à l’exploration, à l’interrogation peut-être sur la place de l’homme dans l’univers ? Très souvent parfois, le support sur lequel tient le bouquet, ou la corbeille, semble au contraire étrangement absent. Abordé par certains artistes comme un élément peu essentiel, il ne comportera aucun détail suffisamment appuyé. Les compositions seront cadrées de façon à ne présenter au plus qu’un seul rebord, figuré par une simple ligne horizontale destinée à situer le fond du tableau et la position du vase dans l’espace. Cette austérité, cette économie de moyens probablement volontaire, ne fait que reporter davantage l’attention sur l’objet même du tableau et l’extraordinaire précision avec laquelle les fleurs sont rendues.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Traversez les salles 30 à 33 puis tournez sur la gauche jusqu’à la salle 36. Regardez le tableau d’Abraham Mignon, "Fleurs dans une carafe de cristal"

Fleurs dans une carafe de cristal placée sur un piédestal en pierre, avec une libellule
Fleurs dans une carafe de cristal placée sur un piédestal en pierre, avec une libellule

© 1995 RMN / René-Gabriel Ojéda

07« La tulipomanie»

Originaire du Pamir, la tulipe séduisit le monde ottoman qui la cultiva avec une ardeur inégalée. Le sultan Soliman le Magnifique eut un véritable engouement pour cette fleur gracieuse et colorée expédiée en Hollande puis dans toute l'Europe à la faveur des nombreux échanges commerciaux avec l'actuelle Turquie, où la coutume voulait en effet que des bulbes soient offerts en cadeau. Ainsi les premiers caïeux importés aux Pays-Bas au milieu du XVIe siècle furent rapidement introduits dans les jardins des hollandais aisés. Mais adaptées à des conditions climatiques plus rudes, ces fleurs, objet de ce fait d’énormément de soins, furent sans conteste une marque et un privilège de riches. Toutefois, les botanistes en multiplièrent rapidement les nombreuses variétés rivalisant dans la création de couleurs des plus subtiles, comme le bleu ciel ou le gris perle, et de formes les plus variées de pétales, comme les espèces flammées très représentées comme ici chez Abraham MIGNON ou les « fleur de lis » à pétales pointus s’écartant au sommet. De manière assez inattendue cette plante vivace plutôt rare à ses débuts atteignit rapidement une centaine de variétés au cours du XVIIe siècle et fut à l'origine d’une incroyable passion aux Pays-Bas, déclenchant une des premières fièvres spéculatives de l'histoire. Mais cette flambée s’éteignit soudain en 1637, entraînant entre autres de spectaculaires revers de fortune. La tulipe, très présente dans les tableaux et déclinée à plaisir dans ses diverses variétés, contribuait à une symbolique d’ensemble des fleurs présentées tout en évoquant parfois à elle seule une image profane de la grâce. En elle-même, souvent accompagnée d’un crâne ou d’une bougie, elle représentait tout le symbole de la vanité.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Dans cette même salle 36, se trouve le tableau de Jan de Heem "Vanité avec bouquet de fleurs et pipe".

Vanité avec bouquet de fleurs et pipe
Vanité avec bouquet de fleurs et pipe

© 2004 Photo RMN / Franck Raux

08Une symbolique ambivalente, les Vanités

A cette époque, le jardin était regardé comme une sorte de matérialisation du paradis sur terre où tous les sens devaient être sollicités. Les fleurs faisaient partie de cet élément et il était difficile de les concevoir en dehors de ce contexte. Ces bouquets de toutes sortes de variétés de fleurs étaient donc à l’image de véritables jardins botaniques ou s’en voulaient une figuration, presque un fantasme. Et c’est certainement en fonction de cette considération que ces représentations florales avaient un sens moral, qu’elles étaient censées rappeler la précarité de la vie terrestre, la superficialité des plaisirs des sens, autant que la fugacité des activités humaines. En outre, les étapes de la floraison des végétaux étaient identiques aux âges de l’homme, elles en suivaient le même déroulement et comme une vie finit par se faner, elle subissait, à l’égal d’une fleur, les étapes successives et dans l’ordre imposé par la nature, du bourgeon à la défloraison. Dans toutes les combinaisons proposées par les peintres, la fleur pouvait ainsi devenir l’emblème du printemps, mais également celui de l’odorat et, par extension, de la fugacité et de la Vanité, ou bien représenter telle ou telle vertu en fonction de sa figuration et de son contexte. Mais comme dans cette œuvre de DE HEEM, il arriva que le bouquet redevienne un accessoire, et soit alors l’objet d’une représentation moins savante, moins étudiée et somme toute  beaucoup plus naturelle. Sa présence symbolique n’est en effet ici plus au cœur de la composition, elle s’efface au profit de l’ornement, le peintre jouant davantage avec la transparence d’un verre à demi rempli et surtout de l’énorme bulle cristalline, comme une grosse goutte d’eau, formée par le vase, mais déplacée et comme en retrait.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Pour terminer ce parcours, poursuivez tout droit en traversant les salles 37 à 39, puis la salle 19. En reprenant les escaliers mécaniques, vous rejoignez la pyramide.
Pour approfondir cette thématique, nous vous proposons une bibliographie .

Fleurs dans une carafe de cristal, branche de petit pois et escargot
Fleurs dans une carafe de cristal, branche de petit pois et escargot

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

09Bibliographie

- BENEDICT Curt, « Un peintre oublié de natures mortes, Osias Bert », l’Amour de l’art, n°8, octobre 1938

- BRION Marcel, Les chambres de l’imaginaire, Centre de recherches sur les lettres romandes, Lausanne, Payot, 1995

- CUZIN Jean-Pierre, LACLOTTE Michel, Dictionnaire de la Peinture, article : " Nature Morte ", p. 690-692, Paris, Larousse, 1999

- EBERT-SCHIFFERER Sybille, Natures Mortes, Paris, Citadelles & Mazenod, 1999, collection les Phares

- EECKHOUT Paul, Fleurs et jardins dans l’art flamand, exposition, musée des Beaux-Arts de Gand, Bruxelles, éditions de la Connaissance, 1960

- FOUCART Jacques, Catalogue sommaire illustré des peintures du Musée du Louvre I Ecoles flamande et hollandaise, index iconographique, nature morte : p. 218-219, Paris, éditions de la R.M.N., 1979

- FOUCART Jacques, Catalogue des peintures flamandes et hollandaises du musée du Louvre, Paris, Gallimard/Musée du Louvre Editions, 2009

- FROMENTIN Eugène, Les maîtres d’autrefois, texte établi et annoté par Jacques Foucart, Paris, Le livre de poche, 1965

- GREINDL Edith, Les peintres flamands de nature morte au XVIIe siècle, Bruxelles, 1956

- HAIRS Marie-Louise, Les peintres flamands de fleurs au XVIIe siècle, Paris, Elsevier, 1955, Bruxelles, éditions Meddens, 1965

- IMPELLUSO Lucia, La Nature et ses symboles, Repères iconographiques, collection guide des arts, Paris, Hazan, 2004

- JOLLET Etienne, La Nature morte ou la place des choses, l’objet et son lieu dans l’art occidental , Paris, Hazan, 2007

- JOLLET Etienne, La Nature morte, Bulletin de la Société des Amis du Musée des Beaux-Arts de Rennes, n°5-1987-Numéro spécial

- LE FOLL Joséphine, La Peinture de fleurs, Paris, Hazan, 1997

- MICHEL Edouard, Catalogue raisonné des Peintures du Moyen-Age, de la Renaissance et des Temps Modernes, Peintures flamandes du XVe et du XVIe siècles, Paris, Editions de la R.M.N, 1953

- RIVIERE Jean, « La nature morte des Pays-Bas. Du mythe à la réalité », p.27. La Nature morte, Bulletin de la Société des Amis du Musée des Beaux-Arts de Rennes, n°5-1987-Numéro spécial

- SCHEFER Jean-Louis, La lumière et la table. Dispositifs de la peinture hollandaise, Montrouge, Maeght, 1995

- SCHNEIDER Norbert, Les natures mortes, Cologne, Taschen, 1991

- TAPIE Alain, Le sens caché des fleurs : symbolique & botanique dans la peinture du XVIIe siècle, Adam Biro, 1997

- TERVARENT Guy (de), Attributs et symboles dans l’art profane. Dictionnaire d’un langage perdu (1450-1600), Genève, Droz, 1997

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En raison d'effectifs insuffisants, le musée ne peut maintenir toutes les salles ouvertes en permanence. Veuillez vous renseigner à l'accueil.


Auteur(s) :
Michèle Perny