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Parcours Osiris, Un dieu de l'Égypte ancienne

Antiquités égyptiennes - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

Groupes scolaires Groupes

Livre des Morts de Khonsoumès (détail)
Livre des Morts de Khonsoumès (détail)

© Musée du Louvre/C. Décamps

00Introduction

Parler d'Osiris, c'est envisager d'emblée un très vaste domaine des croyances des anciens Égyptiens. Le choix d'oeuvres sur Osiris est immense : dieu des morts, il est omniprésent sur le matériel des tombeaux, source de la plupart des oeuvres égyptiennes conservées.

Les très anciennes inscriptions de la pyramide du roi Ounas, vers 2350 avant J.-C., placent Osiris au sein d'un mythe élaboré par les théologiens du temple d'Héliopolis, cité du dieu Rê. Rê conçut deux jumeaux, Chou et Tefnout, qui conçurent à leur tour les jumeaux Geb et Nout. Chou, dieu de l'air et du souffle et Tefnout, déesse de l'humidité et la chaleur, séparèrent leurs enfants nés enlacés : Geb le dieu de la terre et Nout la déesse du ciel. L'univers terrestre ainsi mis en place, Geb et Nout mirent au monde Osiris, Isis, Seth et Nephthys. À Osiris revint la royauté terrestre, avec Isis comme épouse. Seth incarne l'élément perturbateur : il assassina Osiris pour s'emparer du trône. L'équilibre fut restauré par la victoire d'Horus, fils posthume d'Osiris, qui soumit Seth et hérita de la royauté d'Osiris sur terre, tandis que son père régnait désormais sur le monde des morts. La royauté d'Égypte trouve ainsi son fondement dans la mythologie. Aborder les dieux de l'Égypte dans un musée, c'est se mettre dans les mêmes conditions que l'historien. Pendant ce parcours, nous découvrons une documentation réelle, complexe et sans construction unitaire préétablie, qui nous met en contact avec la pensée des anciens Egyptiens. Des centaines d'autres oeuvres du musée sont en relation avec le mythe d'Osiris ; armés des notions acquises lors de cette première promenade, vous êtes à même de mieux les identifier désormais. Bonnes visites à venir !


Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Traversez l'aile Sully. Dans la Crypte du sphinx, montez l'escalier de gauche. La statue de Nakhthorheb, Égyptien de haut rang, vous accueille dans l'aile sud de la Cour Carrée. Rendez-vous salle 12.

 

Naos qui abritait une statue d'Osiris
Naos qui abritait une statue d'Osiris

© R.M.N./Les frères Chuzeville

01Naos qui abritait une statue d'Osiris

Au-delà des chapelles latérales consacrées aux dieux Amon (à droite), Hathor (à gauche), aux dieux d'Eléphantine (à gauche), de Tôd et de Médamoud (à droite), on aperçoit le tabernacle de pierre, ou naos, qui abritait la statue la plus précieuse de toutes : l'image du maître du temple, ici Osiris. Cette statue recevait un culte consistant en offrandes et rites journaliers. Toute la vie du temple s'articulait autour de ce culte. Un temple égyptien est avant tout la demeure terrestre du dieu ; l'arrière correspondait à la zone " privée " à laquelle la population n'avait pas accès. Autour du sanctuaire, plusieurs pièces étaient les entrepôts des objets précieux du culte, dont la barque sacrée qui servait aux sorties lors de certains jours de fête. Les inscriptions nous apprennent que ce naos était destiné à une statue du dieu " Osiris de la rive ". Son temple, aujourd'hui complètement démantelé, fut découvert à Kôm el-Ahmar dans la province de Menûfiyah, à l'ouest du Delta. Sur ses parois sont représentés tous les dieux vénérés dans le temple " pour que leurs noms durent à tout jamais ". Distinguons les deux déesses au sommet du cintre qui couronne l'ouverture : Isis à gauche, son nom en hiéroglyphe en forme de trône sur la tête, et Nephthys à droite, son nom en hiéroglyphe qui signifie " la maîtresse du château " sur la tête. Chacune fait face aux noms du roi fondateur du naos, Amasis. Ces deux soeurs d'Osiris tiennent une grande place dans son histoire.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Au coeur du naos, l'effigie du dieu Osiris entre son fils Horus, à tête de faucon, et un roi.

Le dieu Osiris entre son fils Horus, à tête de faucon, et un roi
Le dieu Osiris entre son fils Horus, à tête de faucon, et un roi

© 2006 Musée du Louvre / Christian Décamps

02Triade royale et divine

Au milieu de la statue massive qui se dégage d'un épais pilier dorsal, nous rencontrons notre première effigie d'Osiris, sous son iconographie la plus courante : les pieds joints, le corps enveloppé d'un linceul, les mains tenant deux sceptres, un fouet et un crochet. Sa coiffure consiste en une mitre, ici flanquée de deux plumes d'autruche ; il porte une barbe au menton, enroulée à son extrémité inférieure. Osiris mort reçut le premier les rites de la momification : son corps ainsi sauvegardé est le prototype des momies des Égyptiens. Isis et Anubis inventèrent la technique à son intention, puis l'humanité reproduisit cette pratique qui lui parut fondamentale. En effet, l'âme de l'individu, le ba, représentée comme un oiseau à tête humaine, possède la capacité de quitter la tombe pendant la journée pour voleter au milieu des vivants, à condition de toujours pouvoir rejoindre le corps dans le caveau. D'où le titre égyptien du Livre des Morts : Livre pour sortir le jour. Le mythe d'Osiris raconte qu'il fut un très ancien roi d'Égypte, bon et civilisateur. Après son assassinat, il devint roi des morts et son fils, Horus, lui succéda sur terre. Depuis, tout souverain d'Égypte est à son tour un " Horus ". Osiris est entouré de ses successeurs : à sa droite, le roi, ici anonyme, à sa gauche, Horus, le dieu à corps d'homme et tête de faucon, coiffé de la double couronne de roi de Haute et Basse Égyptes. Tous trois portent au front le cobra dressé, l'uraeus, symbole de la royauté.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
À gauche d'Osiris, dans le naos, la statue de la déesse Isis allaitant son fils Horus.

La déesse Isis allaite son fils Horus
La déesse Isis allaite son fils Horus

© Musée du Louvre

03La déesse Isis allaite son fils Horus

Isis est le modèle de la compagne fidèle, bonne épouse, veuve et mère à la fois. Elle aida son époux Osiris à établir les fondements de la civilisation humaine sur terre. Après l'assassinat d'Osiris par Seth, elle n'eut de cesse de retrouver le cadavre pour faire sa momie, assistée par sa soeur Nephthys et par le dieu Anubis. Par la puissance de sa magie, elle réanima le corps le temps de concevoir leur fils Horus. Pendant sa grossesse et les premières années de son enfant, elle se cacha dans les marais de Chemnis, île mythique du Delta, afin d'échapper aux poursuites de Seth. Diverses légendes relatent comment Horus l'enfant (en égyptien Hor-pa-khered, en grec Harpocrate) réchappa de piqûres de scorpions grâce aux connaissances magiques de sa mère. Il est représenté à la façon conventionnelle des enfants dans l'art égyptien : nu, le doigt à la bouche et coiffé d'une tresse latérale. Cette grande statue de granite dédiée par la " divine adoratrice " Chépenoupet II, fille du roi Piânkhy, emprunte la forme consacrée : la déesse assise se tient bien droite, sa main présentant son sein gauche à l'enfant assis sur ses cuisses, dans une attitude hiératique. Le culte d'Isis comme mère universelle se répandit dans toute la Méditerranée à l'époque romaine. Son sanctuaire à Philae fut le dernier temple d'Égypte fermé sous l'empereur Justinien au VIe siècle. Cette image de la déesse Isis allaitant son fils fut reproduite à des milliers d'exemplaires en bronze et en faïence.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
En descendant l'escalier qui s'ouvre devant le naos, le visiteur aborde la crypte d'Osiris qui permet la communication avec l'autre côté de la Cour carrée, sous le passage face à l'église Saint-Germain l'Auxerrois et à la mairie du Ier arrondissement et découvre progressivement le grand sarcophage de granite au centre de la crypte. En descendant dans la crypte, le visiteur découvre progressivement le grand sarcophage de granite du roi Ramsès III.

Sarcophage du roi Ramsès III
Sarcophage du roi Ramsès III

© Musée du Louvre/C. Décamps

04Cuve du sarcophage de Ramsès III

C'est depuis l'escalier, en surplomb, que l'on réalise le mieux que le sarcophage qui contenait autrefois la momie du roi Ramsès III emprunte la forme d'un cartouche, ou noeud de corde encerclant le nom royal. Le décor gravé sur la paroi de granite poli était peint de couleur bleue, aujourd'hui très effacée. Du côté des pieds, une déesse assise étend des ailes protectrices : c'est Isis. Sa soeur Nephthys accomplit le même geste à la tête. Ainsi protégé par les deux déesses, Ramsès partage le destin d'Osiris. De même que le roi d'Égypte est un nouvel Horus sur terre, de même le roi mort est assimilé à Osiris. Les longs côtés du tombeau royal sont gravés de textes et de représentations extraits du Livre des demeures secrètes et du Livre des Portes. Ils relatent le voyage de la barque du dieu solaire Rê dans le monde nocturne, après sa disparition à l'occident, durant les douze heures de la nuit, ponctuées de douze portes. Le soleil se confond alors avec Osiris. Il navigue entre deux haies de dieux et de bienheureux, auxquels il apporte le reste de sa lumière, qui l'acclament et l'aident à abattre ses ennemis, à écarter les attaques du serpent du chaos, Apophis. Il puise dans ses épreuves et ses victoires successives les forces nécessaires pour renaître au matin. Comme Osiris, Rê porte l'espoir de la renaissance éternelle.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Retournez-vous vers la niche située au milieu du mur de droite (vitrine 12).

Le dieu Osiris
Le dieu Osiris

© Musée du Louvre/G. Poncet

05Statue d'Osiris

Une grande statue d'Osiris d'époque tardive a été placée dans une niche de la crypte, de façon à évoquer un naos ouvert. Le dieu est très impressionnant avec ses yeux incrustés en pierre blanche et en verre noir. Son corps gainé comme une momie est en bois autrefois entoilé et stuqué ; les plumes, les cornes de bélier et le cobra dressé, uraeus, qui complètent sa mitre sont en bronze, de même les sceptres qu'il tient dans ses mains : le fouet et le crochet. En tant que grand dieu national des morts, adopté dans tout le pays, Osiris connut d'innombrables lieux de culte aux époques tardives, aussi est-il impossible de savoir dans quel sanctuaire se trouvait cette statue.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
De part et d'autre d'Osiris, les statues des déesses Nephthys et Isis pleurant Osiris.

La déesse Nephthys pleure Osiris
La déesse Nephthys pleure Osiris

© Musée du Louvre/G. Poncet

06La déesse Nephthys pleure Osiris

De part et d'autre d'Osiris, deux statues d'origine différente représentent les deux déesses soeurs de la mythologie osirienne, Isis et Nephthys. Chacune porte sur la tête le hiéroglyphe de son nom. Leur attitude, les bras levés ou portés à la tête, est celle des pleureuses le jour de l'enterrement ; les femmes de la famille et les proches doivent exprimer leur peine ce jour-là selon une gestuelle conventionnelle. Ces gestes émotionnels agités deviennent bien sages une fois transcrits dans l'art égyptien. Les sarcophages en bois peint de l'époque tardive étaient parfois décorés de ces statues divines, qui pleuraient ainsi le mort, assimilé, comme le roi, à Osiris.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Le visiteur se trouve toujours dans la crypte, où il s'est approché du cercueil d'Imeneminet.

Couvercle du cercueil d'Imeneminet
Couvercle du cercueil d'Imeneminet

© R.M.N./Les frères Chuzeville

07Couvercle du cercueil d'Imeneminet

Les deux principaux temples d'Osiris, dès l'Ancien Empire, sont situés à Busiris dans le Delta et à Abydos en Haute Égypte. À partir du Moyen Empire, Abydos fut le lieu d'un pèlerinage d'ampleur nationale. Selon la légende, le corps d'Osiris avait été démantelé en morceaux par Seth furieux, et le temple d'Abydos conservait la tête du dieu comme une relique. Son reliquaire était placé au sommet d'un poteau lui-même maintenu dans un support décoré de lions assis. On ne voyait pas la relique qui demeurait cachée aux yeux des humains. Le cercueil en " cartonnage ", ou tissus stuqués, est entièrement peint. Sur tout le devant du corps se dresse le célèbre reliquaire d'Abydos, encadré de divinités ailées. À l'intérieur, un autre dessin du reliquaire le fait coïncider exactement avec l'emplacement où était la tête de la momie. Un pilier " djed ", autre emblème du dieu Osiris, décore le fond : il symbolise la colonne vertébrale du dieu. Ce pilier sacré était la relique de la ville de Busiris. Il est symbole de stabilité ; redresser le djed était un rite destiné à redonner vie au dieu. Le pilier est souvent représenté " animé " de bras, des sceptres et de la couronne d'Osiris. La signification de ce décor est limpide : enfermé entre les deux emblèmes, le défunt était confondu avec la personnalité du dieu des Morts, et partageait ainsi son immortalité. Osiris est une promesse de vie après la mort, pour tous ceux qui reçoivent les rites appropriés les transformant à leur tour en Osiris.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
La crypte contient enfin le Pilier sculpté en statue du Grand Prêtre d'Osiris Ounennéfer.

Le grand-prêtre d'Osiris Ounennéfer
Le grand-prêtre d'Osiris Ounennéfer

© R.M.N./B. Hatala

08Le grand-prêtre d'Osiris Ounennéfer

Le sommet de la prêtrise dans le temple d'Osiris à Abydos était évidemment un enjeu de pouvoir considérable. Au Nouvel Empire, il resta pendant plusieurs générations aux mains d'une même famille. Ici, Ounennéfer qui vécut sous Ramsès II. Il serre contre lui le fameux reliquaire dont il a la charge. Ounennéfer portait l'un des noms les plus répandus de son dieu, Osiris Ounennéfer, ce qui signifie " l'Être Parfait " (au sens d'accompli).

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
De l'autre côté du passage, une chapelle en miniature, à trois parois, a été remontée, les faces légèrement ouvertes pour en permettre une bonne vision (vitrine 10). Au milieu, la statue du même Sénousret, qui se trouvait à l'origine à l'intérieur de la chapelle décorée par ces trois stèles.

Chapelle de Sénousret, serviteur du vizir
Chapelle de Sénousret, serviteur du vizir

© R.M.N./B. Hatala

09Chapelle de Sénousret, serviteur du vizir

Au Moyen Empire (vers 2033-1710 avant J.-C.), l'espoir de renaître cesse d'être l'apanage royal et gagne les couches moyennes de la société auxquelles les rites de momification et d'enterrement inventés pour Osiris sont accessibles. Abydos devient un grand centre de pèlerinage. Des centaines de chapelles sont construites près du temple. Ce sont des cénotaphes, monuments commémoratifs édifiés par des familles pour assurer leur présence près du grand dieu lors des fêtes. Un très grand nombre de stèles proviennent de cet endroit ; elles étaient insérées dans les parois de ces édicules de briques crues (voir salle 23, galerie d'étude 2). Le décor des stèles de la Chapelle de Sénousret, serviteur du vizir, reproduit, en réduction, celui des mastabas de l'Ancien Empire. À gauche, réunion en l'honneur de Sénousret : distraits par musiciennes et danseuses, les convives boivent et respirent le parfum des fleurs. En haut, Sénousret reçoit des offrandes alimentaires, parmi lesquelles un veau. Au fond, une formule promet à Sénousret les aliments " que donne le ciel, que produit la terre et dont vivent les dieux ". À droite, en haut : un chasseur suivi de deux gazelles porte un petit dans ses bras. Des bouchers découpent un boeuf. Dans les marais, Sénousret pêche au harpon et chasse les oiseaux au bâton de jet. Au milieu : moisson dans les champs. En bas : Sénousret et son épouse devant leur table, à côté d'un brasseur de bière, près de jarres et silos. À droite, le cercueil sur l'eau.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenez dans la salle, du même côté, devant la vitrine 9, intitulée " Hymnes à Osiris ", qui ne contient que deux stèles. L'une d'elles, l'Hymne d'Imenmès, chef des troupeaux d'Amon, est un document de toute première importance.

Hymne d'Imenmès, chef des troupeaux d'Amon
Hymne d'Imenmès, chef des troupeaux d'Amon

© Musée du Louvre/C. Décamps

10Hymne d'Imenmès, chef des troupeaux d'Amon

Il existe des milliers de documents sur Osiris. Chacun donne des indices sur telle facette de sa personnalité et de ses avatars, mais aucun texte ne livre de version complète. En effet ces notions allaient de soi pour les Égyptiens. C'est Plutarque qui a livré la version la plus suivie du mythe. Elle contient les éléments épars présents dès l'Ancien Empire dans les Textes des Pyramides, mais présentés selon l'esprit d'un Grec du Ier siècle après J.-C. Cette stèle porte un des plus longs textes sur Osiris et réunit l'essentiel de sa mythologie dans l'hymne, un style proprement égyptien. En haut, un banquet réunit Imenmès et ses proches. Deux fils lui présentent un repas, une libation et un encensement. En-dessous, un texte à lire de droite à gauche. Les premières lignes déclinent quelques-uns des épithètes et lieux de culte d'Osiris. Puis Osiris est présenté comme héritier de Geb et roi d'Égypte. Après l'assassinat d'Osiris, Isis cherche son cadavre et en conçoit Horus, reconnu comme son héritier. Vient enfin une formule d'offrande pour Imenmès. C'est la prière funéraire fondamentale qui, par la magie du verbe, assure à son récipiendaire la réalité de tous ces bienfaits. Outre la nourriture et les produits pour le corps, le mort souhaite que son oiseau-âme, le ba, puisse sortir le jour de la nécropole pour voleter dans les lieux qu'il aime sur terre. Enfin, la formule doit garantir à son ka les restes des offrandes qui reviennent de l'autel du dieu.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Repassez du côté de la statue-pilier d'Ounnennéfer pour vous placer devant la vitrine 6 intitulée " Funérailles et résurrection d'Osiris ".Au sol sont exposés ces curieux moules pour Osiris germant qui reproduisent la forme du dieu.

Moule pour Osiris germant
Moule pour Osiris germant

© Musée du Louvre/C. Décamps

11Moule pour Osiris germant

Selon le mythe, avant d'être le patron des morts, Osiris était un dieu civilisateur. Ayant reçu de son père Geb la royauté d'Égypte, il enseigna avec l'aide d'Isis l'agriculture aux hommes. Il était donc un dieu de la végétation, avant d'être une promesse de vie nouvelle pour les morts. Vous observerez que sa peau est souvent peinte en vert. Au cours du quatrième mois de l'Inondation (mois de novembre), quand les eaux de la crue se retiraient et que le cycle agricole redémarrait, de grandes fêtes avaient lieu dans le pays. On plantait dans des moules en forme d'Osiris des graines qui germaient, vivantes images de la renaissance conjuguée de la nature et du dieu.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Montez les quelques marches de l'escalier qui mène à la salle 14. Sur le palier intermédiaire, à droite, se trouve la vitrine 11, consacrée aux textes funéraires du Ier millénaire avant J.-C.

<i>Premier Livre des Respirations</i> d'Ousirour
<i>Premier Livre des Respirations</i> d'Ousirour

© R.M.N./Les frères Chuzeville

12Premier Livre des Respirations d'Ousirur

Dans les derniers siècles avant J.-C., alors que l'Égypte est dirigée par une dynastie d'origine macédonienne après la conquête du pays par Alexandre le Grand, Osiris est plus populaire que jamais : les pratiques funéraires osiriennes sont intensément pratiquées. Elles se concentrent sur l'embaumement, le sarcophage et les textes funéraires. Le " Premier Livre des Respirations " est un livre funéraire tardif qui succéda au très ancien Livre des Morts. Le papyrus d'Ousirour, Osiris juge du mort, se lit de droite à gauche. Il s'ouvre sur une scène classique : Ousirour, bras levés en prière devant le dieu Osiris assis ; entre eux, un haut bouquet d'offrande. Vient ensuite une illustration pleine page où Osiris, accompagné d'Isis, préside la pesée de l'âme du candidat à l'éternité. Le dieu Thot à tête d'ibis contrôle l'opération. Devant la balance, la " dévoreuse " doit engloutir les âmes trop lourdes. Un assistant pose une plume symbole de la Vérité et de la Justice dans un des plateaux ; le coeur d'Ousirour (siège de sa volonté) sur l'autre plateau, ne devra pas être plus lourd ! C'est une illustration célèbre héritée du Livre des Morts (chapitre 125). On peut en voir d'autres dans la salle 17. À gauche, Ousirour a triomphé : c'est ce qu'indique la couronne de justification qu'il porte dans l'illustration suivante tandis qu'il encense la vache de la déesse Hathor trônant sur sa dépouille placée dans le tombeau (chapitre 162 du Livre des Morts).

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
En montant les marches, on débouche au centre d'une impressionnante haie de sarcophages dressés : c'est la salle 14, ou salle des sarcophages.

Le cercueil du Grec d'Egypte Tisicratès
Le cercueil du Grec d'Egypte Tisicratès

© 2009 Musée du Louvre / Georges Poncet

13Le Sarcophage du Grec d'Egypte Dioskoridès (autrefois appelé Tasikratès)

Général sous Ptolémée VI, Dioskoridès, quoiqu'appartenant à l'élite grecque qui dirigeait alors l'Égypte, se fit enterrer selon les anciennes coutumes locales égyptiennes. Son sarcophage en pierre sombre emprunte la forme du corps momifié à la façon d'Osiris. Il est recouvert d'inscriptions religieuses tirées du Livre des Morts, réparties sur les endroits du corps appropriés. La perruque porte le chapitre 162 pour " allumer une flamme sous la tête du défunt ". Sur la poitrine, un oiseau à tête humaine représente le ba de Dioskoridès, son âme qui peut sortir du tombeau. Au registre inférieur se trouvent les " quatre fils d'Horus " gardiens des viscères embaumées conservées dans les vases canopes, autour de l'image d'un scarabée symbole du soleil renaissant. Dessous, une vignette représente Dioskoridès assis en face de divinités funéraires, et debout adorant Osiris et un autre dieu. C'est ici le chapitre 72 pour " sortir le jour et ouvrir la tombe ". À la base du sarcophage, l'image du dieu Anubis sous sa forme de chien, et la représentation de la tombe d'où sort en volant l'oiseau ba du défunt. À l'intérieur, les déesses de l'Occident (la terre du cimetière) et Nout (le Ciel) encadraient la momie. Le défunt se trouvait ainsi dans la même situation que le soleil dans sa course journalière après sa disparition à l'Ouest et son cheminement nocturne dans le ventre de Nout qui le remet au monde à l'Est au matin.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenez au fond de la salle pour passer dans la petite salle 15 " La momie. Embaumement et enterrement ". Dans la vitrine 1 est exposée une des rares momies du Louvre.

Momie recouverte de ses "cartonnages"
Momie recouverte de ses "cartonnages"

© 1998 Musée du Louvre / Etienne Revault

14Momie d'homme

La momie, corps humain, doit faire l'objet de respect. Celle-ci est très intéressante dans la mesure où elle est encore recouverte de ses bandelettes dont la pose est artistiquement soignée, comme c'est le cas à cette époque. Son enveloppe en " cartonnage ", sorte de papier mâché fait de vieux tissus recyclés dans une colle au plâtre, est finement peinte. Elle constitue un double protecteur du corps, sur la tête, la poitrine, les jambes et les pieds qui sont pris dans une sorte de chancelière. Sur le cartonnage des jambes se trouve la scène où la momie allongée sur un lit est entourée des déesses Isis et Nephthys. De la même façon, la momie est couchée sur un lit funéraire en bois et bronze à pattes et têtes de lion, selon une coutume tardive. Au sol, quatre vases à viscères " canopes ". Les techniques d'embaumement ont beaucoup évolué au cours des trois millénaires de civilisation. L'essentiel était d'empêcher la décomposition du corps en le vidant de ses entrailles, d'où les vases canopes où ils étaient embaumés séparément, en le recouvrant de sel pour le dessécher, puis de redonner artificiellement sa forme vivante au cadavre en l'empaquetant dans des linges. La légende est très claire : ces techniques ont été inventées par Isis et Anubis pour le compte du dieu Osiris, qui fut la première momie et le modèle de toutes. Les opérations d'embaumement étaient accompagnées de prières spéciales. Un très rare exemplaire de rituel est exposé au bout de la vitrine.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenant sur vos pas, traversez la salle des sarcophages (salle 14) et pénétrez dans la salle 16, salle des tombes, en avançant sur votre droite.

Livre des Morts de Khonsoumès
Livre des Morts de Khonsoumès

© Musée du Louvre/C. Décamps

15Livre des Morts de Khonsoumès

Voici un exemplaire du livre le plus classique, le Livre des Morts, que les Égyptiens appelaient Livre " pour sortir le jour ". Ce titre était inscrit à l'extérieur sur le bord du papyrus, de sorte qu'on le voie quand le livre était enroulé sur lui-même. Sur cet exemplaire, il a été découpé et retourné, à l'extrême droite, pour qu'on puisse l'apercevoir. Le papyrus se lit de droite à gauche. Le premier chapitre est un hymne à Osiris Ounennéfer, et son illustration représente l'arrivée du défunt devant le seigneur des morts. Le défunt est habillé comme de son vivant, et lève les bras en révérence devant le dieu, ici accompagné de sa famille : Isis et Nephthys. Devant eux, un dieu à tête de faucon : Rê-Horakhty, le soleil à son zénith. Dans le Livre des Morts, Osiris et les diverses formes du dieu solaire (Atoum, Rê, Horakhty) sont associés pour former le cycle de la renaissance. Sur le reste du papyrus, Khonsoumès offre un encensement à la montagne de l'Occident et travaille la terre dans le royaume des morts. Le reste est exposé au-dessus : à droite, Khonsoumès se présente devant la salle du jugement, où siègent les juges assesseurs d'Osiris. Une image représente la momie de Khonsoumès sur son lit funéraire, avec, sous le lit, les quatre vases " canopes ". Au-dessus, l'âme ailée ba de Khonsoumès. Ce magnifique livre sur papyrus était conservé, soigneusement enroulé, à l'intérieur d'une statue creuse, en forme d'Osiris, déposée dans le tombeau au moment de l'enterrement

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Avancez dans la salle suivante (salle 18) où vous attend un dictionnaire des dieux.

SETH et sa compagne NephthysStatuette
SETH et sa compagne NephthysStatuette

© 2006 Musée du Louvre / Christian Décamps

16Statuette de Seth et sa compagne Nephthys

Il n'existe pas de texte ancien organisé qui recense tous les dieux égyptiens et décrive leurs relations. Ce n'est pas un monde constitué par une pensée unique comme un tout, mais au contraire un univers foisonnant, résultant de l'accumulation des traditions locales et nationales, où les mythologies se superposent sans aucun problème. Un lexique qui permet de chercher les dieux par leur nom est donc une méthode pratique et neutre pour aborder cet univers à l'organisation complexe. À la lettre S, vous trouverez Statuette de Seth et sa compagne Nephthys. Alors qu'il existe des milliers d'effigies du dieu Osiris, bien rares sont celles de Seth, son rival, le dieu belliqueux et perturbateur pourtant nécessaire au mythe et au triomphe d'Osiris et d'Horus. Celle qui est présentée ici est de qualité moyenne : c'est une statuette usée où il se trouve à côté de Nephthys, son épouse, qui, dans la légende, lui fait défection pour aider Isis. Ici, il est affublé d'un corps d'homme, mais il est souvent entièrement figuré comme un animal fantastique, sorte de chien à la queue fourchue. Son long museau tombant est érodé ; on reconnaît ses deux hautes oreilles. Son culte était important dans le Delta au Nouvel Empire. Cette statuette est inscrite au dos au nom de Ramsès Il, dont le père est Séthi Ier (ce nom signifie : " celui de Seth "), la famille était originaire de cette région.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Avancez sur votre droite, et pénétrez tout au fond de la salle 19 " Les animaux et les dieux ". La vitrine 11 située sur votre droite contient d'énormes vases canopes.

Les vases à viscères ("canopes") du taureau Apis mort sous Aménophis III
Les vases à viscères ("canopes") du taureau Apis mort sous Aménophis III

© Musée du Louvre/C. Décamps

17Les vases à viscères du taureau Apis mort sous Toutânkhamon

Dialogue entre un père et son fils dans la salle 19 : " - Tiens ! On momifiait donc les taureaux comme les humains ! - Tu sais bien que les Égyptiens momifiaient leurs animaux favoris. Il y en a une vitrine entière ici ! " (Il fait référence à la vitrine 8.) Ils se trompent tous les deux. Les seuls taureaux qui recevaient l'honneur de la momification, traitement, rappelons-le, destiné à faire partager le sort d'Osiris, sont les taureaux sacrés, incarnation terrestre du dieu Apis qui incarnait le dieu Ptah à Memphis. Un seul taureau à la fois avait cet honneur, et devenait à sa mort un " Osiris Apis ". Il avait de ce fait droit aux rites effectués sur les rois et certains humains. Ces vases canopes du taureau Apis mort sous Toutânkhamon sont beaucoup plus grands que ceux des humains. Les sarcophages, conservés dans des souterrains spéciaux à Saqqara, sont réellement énormes. On peut visiter cette spectaculaire nécropole au Sérapéum de Saqqara. Quant aux momies que l'on voit dans la vitrine 8, ce n'étaient pas les animaux favoris des particuliers, mais des bêtes élevées à cette intention, pour être tuées et momifiées. Elles étaient offertes aux dieux comme on offrait aussi des statuettes en bronze, par les pèlerins qui les achetaient et les faisaient déposer dans des catacombes spéciales. Sans doute pensait-on consacrer de la sorte une image qui plaisait au dieu. Malgré leur apparence de cadavres enveloppés du linceul et de bandelettes, ces animaux ne sont pas des " Osiris ".

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Vous regagnerez la sortie en utilisant les ascenseurs situés à proximité de la salle 16.

 

Auteur(s) : 
Geneviève Pierrat-Bonnefois, département des Antiquités égyptiennes