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Salut für Caudwell, 2005

Extrait de Mouvements für Lachenmann. Staging of an evening concert (2005)
Mis en scène et chorégraphie: Xavier Le Roy
Musique: Helmut Lachenmann, Salut für Caudwell pour deux guitares (1977)
Guitares: Gunter Schneider, Barbara Romen, Tom Pauwels, Günther Lebbing
Dramaturgie: Bojana Cvejić, Berno Odo Polzer
Production: Wiener Taschenoper
Coproduction: Tanzquartier Wien, Wien Modern, Hebbel am Ufer Berlin.
Soutenu par: Hauptstadtkulturfonds Berlin

 

Salüt für Caudwell est un extrait de la pièce Mouvements für Lachenmann, conçue par le chorégraphe Xavier Le Roy à l’occasion d’une commande pour une soirée de théâtre musical dans le cadre du festival Wien modern (2005) en l'honneur du 70ème anniversaire d’Helmuth Lachenmann.

Depuis le milieu des années 90, Xavier Le Roy approche la danse à partir d’une interrogation analytique des potentialités du corps. Son solo Self Unfinished (1998) est emblématique d’une démarche qui part du corps du performer, dans ce cas celui du chorégraphe lui-même, pour explorer de la manière la plus ouverte possible les images qu’il est susceptible de produire. Sous la forme de soli, de pièces collectives ou encore de projets pensés spécifiquement pour l’espace d’exposition – comme le projet « Rétrospective » initié en 2012 à la Fondation Antoni Tàpies de Barcelone, présenté depuis dans plusieurs musées -, son travail est placé sous le signe d’une recherche extensive. A la question « qu’est-ce que la chorégraphie ? », l’artiste répond qu’elle consiste en « des actions ou des situations mises en scène artificiellement »[1], ouvrant largement les lieux d’expérimentation et de prolongement de la pensée chorégraphique.

Salut für Caudwell est la première d’une série de chorégraphies construites à partir d’œuvres musicales existantes. Mouvements für Lachenmann (2005), Le Sacre du printemps (2007) et More Mouvements für Lachenmann (2008), ont pour point commun de traiter de la gestuelle musicale comme d’un objet chorégraphique. Ce ne sont pas des danses dont la musique serait l’accompagnement mais des chorégraphies qui entendent au contraire travailler à isoler, à dissocier l’événement sonore. Ici, les gestes des musiciens ne produisent pas la musique, pas plus qu’ils ne la « suivent » selon le mode habituel du mouvement dansé. La musique affleure plutôt à la manière d’un relief, d’un objet plastique dont le mouvement serait le support.

Salut für Caudwell est tout d’abord le titre d’une pièce pour deux guitares acoustiques et voix, composée par Helmuth Lachenmann en 1977. Dédiée au penseur et poète britannique marxiste Christopher Caudwell (1907-1937), mort sur le front de la guerre d’Espagne, elle extrait sa partie vocale du recueil de Caudwell, Illusion and Reality, réquisitoire libertaire contre l’art bourgeois. Helmuth Lachenmann indique que les sons des instruments doivent être « étouffés », tandis que les voix, celles des guitaristes eux-mêmes, doivent adopter « la diction la plus neutre possible, quasiment ‘lu à haute voix’ ». Une échelle à la fois intime et théâtrale se dégage de la pièce dans l’expérience acoustique qu’en fait l’auditeur.

Ce sont ces éléments que Xavier Le Roy prolonge et déploie sur un plateau noir au fond plat, tout aussi neutre, occupé par quatre et non plus deux musiciens. En exposant puis masquant le point d’origine du son – les deux musiciens qui jouent effectivement la pièce d’Helmuth Lachenmann – la  chorégraphie propose une mise en scène des relations entre le visible et l'audible et déconstruit progressivement le rapport mimétique entre note écrite, action et son. Une schizophonie[2] est à l’œuvre, inscrite dans des « corps musiciens » auxquels sont ôtés les instruments. Au sujet de ce dialogue inédit entre musique et mouvement, la dramaturge et musicologue Bojana Cvejić écrit : « Les procédures utilisées par Xavier Le Roy ressemblent à ce que le philosophe français Jacques Rancière appellerait subjectivation. À partir des modes dominants d'articulation et d'identification dans le champ donné par l'expérience musicale il extrait ce qui en reste inidentifiable à savoir : le corps avec tous ses sens. »[3] La dissociation et l’écartèlement perceptifs qui sont à l’œuvre dans Salut für Caudwell de Xavier Le Roy esquissent pour le corps du spectateur-auditeur l’hypothèse d’une conscience étendue, celle que pourrait produire un corps collectif où chaque événement sensoriel relèverait de l’inouï.

 

Biographies
Xavier Le Roy

Après des études de biologie moléculaire à l’Université de Montpellier, Xavier Le Roy travaille comme artiste chorégraphique depuis 1991. Il débute comme interprète avec divers groupes et chorégraphes (Christian Bourigault, le quatuor Albrecht knust, Detektor, Alain Buffard...). De 1996 à 2003, il est artiste en résidence au Podewil - TanzWerkstatt à Berlin. En 2007 et 2008, il est artiste associé au Centre chorégraphique de Montpellier. En 2010, il est artiste en résidence au MIT (MassachusettsInstitute of Technology) dans le cadre du programme Art Culture and Technology (Cambridge, USA). Grace à ces travaux solos tels que Self Unfinished (1998) et Produit de circonstances (1999), il ouvre des nouvelles perspectives dans le champ de l'art chorégraphique. Le Roy développe son travail comme un chercheur en étant très attentif aux relations entre processus et produit, et simultanément à sa position et son (ses) implication(s) dans les processus. Il initie régulièrement des projets explorant les modes de production, de collaboration et les conditions qui permettent de questionner les notions constitutives du travail de groupe : E.X.T.E.N.S.I.O.N.S. (1999-2000), Project (2003) et 6 Months 1 Location (2008). Ses derniers travaux tels que les solos : Le Sacre du Printemps (2007) et Produit d'autres circonstances (2009), ou encore les travaux de groupe tels Low pieces (2010-2011) explorent de façon explicite divers types de relations entre interprètes et spectateurs que l'on retrouve à l'œuvre dans les pièces développées pour des espaces d'exposition comme Production (2010-2011) une pièce pour trois participants développé avec Mårten Spångberg dans le cadre de l'exposition « MOVE: Choreographing you » et l'exposition  « Rétrospective » conçue pour six performers à la Fondation Antoni Tàpies - Barcelone (2012).

Né en 1974, Tom Pauwels remporte en 1995 le Troisième Prix du Concours International de guitare classique à Plovdiv (Bulgarie). Il obtient ensuite une maîtrise en guitare classique avec excellence chez Albert Sunderman au Conservatoire royal de Bruxelles. Dans le cadre du programme Socrate, il se perfectionne un an à la Musikhochschule de Cologne avec Hubert Käppel puis à la Musikhochschule de Munster avec Reinbert Evers. Une thèse sur le répertoire contemporain pour guitare, dirigée par Jan Michiels, lui vaut d’être lauréat de l’Institut d’Orpheus. Depuis 1996, il est un membre régulier de Black Jackets Company, un collectif expérimental  de musique contemporaine composé de quatre compositeurs et de cinq interprètes. Chez Ictus, il assume les fonctions de guitariste et de conseiller artistique et il travaille également avec Champ D'Action ainsi qu’avec le collectif belgo-anglais Plus Minus, l'Ensemble Itinéraire et le trio Elastic 3 avec Eva Reiter et Paolo Pachini. Il joue régulièrement avec des compositeurs comme Helmut Oerhing, Kaija Saariaho, Fausto Romitelli, David Helbich, Helmut Lachenmann, Francesco Filidei, Georges Aperghis… Depuis 2000, il est professeur de guitare au Conservatoire Royal de Gand (Belgique) où enseigne exclusivement la musique contemporaine.

 

Né en 1964 à Borken (Allemagne) Günther Lebbing étudie la guitare avec Reinbert Evers et Wolfgang Weigel à la Musikhochschule de Munster (Allemagne) puis à Karlsruhe où il obtient son diplôme dans la classe de Harald Lillmeyer. De 1994 à 1995, il continue ses études grâce à une bourse de la fondation Hoing au Canada. Comme soliste et musicien de chambre, il donne des concerts en Europe et aux Etats-Unis. Il participe à des enregistrements dont Deux Guitares à Paris avec Bernd Kortenkamp (chez Musicaphon, 2006).

 

Barbara Romen, Gunter Schneider débutent leur collaboration professionnelle en 1990 et se consacrent dès lors à la musique contemporaine. Outre leur interprétation d’œuvres pour deux guitares (Lachenmann, Kubo, Brouwer et Gnattali), de nombreuses pièces leur ont été écrites par des compositeurs comme Klaus Ager, Gerold Amann, Martin Daske, Fernando Grillo, Radu Malfatti et Burkhard Stangl. Ils développent également leur propre musique pour tympanon (joué sur un tympanon diatonique tyrolien traditionnel) et pour tympanon ténor chromatique et guitares (l’enregistrement Traditional Alpine Music for the 22nd Century paru en 2006), ils travaillent ensemble sur plusieurs projets, notamment pour la danse (avec le chorégraphe et danseur japonais Saburo Teshigawara), pour la radio et différents ensembles d’improvisation (Burkhard Stangl, Christof Kurzman, Sugimoto Taku, Akiyama Tetuzi, Unami Taku), et depuis 2006 régulièrement en trio avec le clarinettiste Kai Fagaschinski (Here comes the sun chez Mikroton en 2012). En 2009 ils fondent le projet quadrat:sch avec le compositeur et cithariste Christof Dienz et sa femme la violoncelliste Alexandra Dienz. Parmi les projets futurs figure une performance avec la danseuse de Butô Sylvie Xing Cheng et le virtuose du sheng Wu Wei.



[1]Xavier Le Roy résume ainsi son approche de la chorégraphie dans plusieurs interviews enregistrées. Cette formulation est fixée en réponse au questionnaire « What is choreography ? » de la revue en ligne Corpus. Internet magazine for dance, choreography, performancehttp://www.corpusweb.net/answers-4349-3.html

[2] Tel que l’a décrit le compositeur Murray Schafer dans son pamphlet de 1969, The New Soundscape, l’état de schizophonie provient de l’expérience généralisée d’un split entre le son perçu et sa source, devenu ordinaire dans les sociétés dotées de technologies de reproduction et d’amplification électroacoustiques

[3] Bojana Cvejić, texte de présentation de Mouvements für Lachenmann, 2005 : http://www.xavierleroy.com/page.php?sp=e347f884fa37480bd0bd5dff79104483a8e284b5&lg=fr

 

Cycle(s) : Ouvertures/ Openings 2013

Informations pratiques

Lieu : Auditorium du Louvre
Accès libre

Réservation recommandée pour les performances qui se tiennent dans l'auditorium (Xavier Le Roy et Alvin Lucier) :
du 6 septembre au 24 octobre inclus, à l'aide du formulaire électronique cliquable ici.

Retrait des billets : Le jour de la performance, de 9h jusqu’à une heure avant le début de la manifestation, à la caisse de l’Auditorium située sous la pyramide. Les places non retirées avant l’heure qui précède le début de la performance seront remises à disposition du public. Un contingent de places libres sera également ouvert le jour même de la manifestation, à la caisse de l’auditorium.

Formulaire électronique de réservation