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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>à 18h30Voir les miracles : politiques de la guérison chez...

par Augusto Gentili, Università Ca’Foscari, Venise

De nombreux tableaux vénitiens du second Cinquecento dépeignent des scènes de miracle, avec pour thème central les rapports qu’entretiennent guérison physique et guérison spirituelle, selon des modalités variables.

Les commanditaires de Tintoret exigeaient la représentation de miracles collectifs et spectaculaires, accomplis en présence d’un public souvent nombreux, des œuvres servant une forme de propagande en faveur de l’assistance sociale qu’assuraient les scuole – c’est-à-dire les confréries vénitiennes – et qui était profondément ancrée dans les mentalités. De leur côté, les commanditaires de Véronèse souhaitaient illustrer une conception traditionnelle du miracle de guérison, effet singulier de l’intervention divine, fruit de la grâce mais aussi du mérite personnel et institutionnel du clergé ainsi que de l’engagement matériel et moral de la famille. Dans tous les cas, reste pour les commanditaires – et pour le spectateur d’hier et d’aujourd’hui – la nécessité d’imaginer ou plutôt de voir par et à travers les images, et pour les peintres le devoir d’imaginer ou plutôt de disposer des images pour faire voir.

Augusto Gentili est professeur d’histoire de l’art moderne à l’Università Ca’ Foscari de Venise. Il s’intéresse tout particulièrement aux problèmes de théorie, de méthodologie et d’histoire de l’historiographie artistique et privilégie, pour ses recherches sur la peinture vénitienne du Quattrocento et du Cinquecento, une approche pluridisciplinaire nourrie des méthodes de l’histoire et de l’iconologie contextuelle. Il a publié des ouvrages sur Carpaccio, Lotto, Titien et près de 150 études sur la peinture vénitienne de Bellini à Véronèse. Son dernier livre en date est un recueil d’essais La bilancia dell’arcangelo. Vedere i dettagli nella pittura veneziana del Cinquecento (Rome, Bulzoni, 2009). Il a dirigé trois volumes d’études sur Il ritratto e la memoria (Rome, Bulzoni, 1989-1993) et l’édition italienne de E. Panofsky, Tiziano. Problemi di iconografia (Venise, Marsilio, 1992). Il dirige la revue semestrielle Venezia Cinquecento, qu’il a fondé en 1991, et dont les deux derniers numéros contiennent les actes du colloque Il Grande Vecchio. Tiziano 1540-1576 (Venise, 2008).

Cycle(s) : Peindre à Venise au XVIe siècle

Informations pratiques

Lieu

Auditorium du Louvre

Tarifs

5 euros (plein),
4 euros (réduit),
3 euros (solidarité),
2 euros (jeunes de moins de 26 ans)