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Quand l’image de l’architecture du futur puise dans les fondations de notre passé
Soirée conçue et animée par Ali Rebeihi, journaliste et producteur à France Inter.

En lien avec "Petite Galerie : L'Archéologie en bulles"

Avec Patrick Gaumer, écrivain et journaliste spécialiste de la bande dessinée, Philippe Druillet, dessinateur et scénariste de bande dessinée et Fabrice Douar, Musée du Louvre.

L’archéologie est affaire de fouilles. Des fondations qu’il révèle, l’archéologue interprète et dessine les édifices d’autrefois. Cette part d’interprétation parle autant de ce que nous pouvons deviner avec assurance que de notre imagination – celle d’individus modernes – et de notre capacité à nous projeter dans notre passé. Mais peut-on se projeter en arrière ? Les auteurs de livres, et de bande-dessinée plus encore, nous permettent d’échapper à cet oxymore. Toute œuvre de fiction est aussi une œuvre d’invention, d’un avenir possible, probable.

Il y a 30 ans, Philippe Druillet a adapté l’œuvre de Gustave Flaubert, Salammbô, excavant et réinventant la Carthage d’une œuvre déjà vieille de plus d’un siècle. La Carthage de Flaubert était-elle plus proche de celle que les Romains avaient consciencieusement rasée et rendue stérile par le sel ? Rien n’est moins sûr. Et Druillet, qui pressentait qu’on lui reprocherait de dénaturer un monument de la littérature française autant que les ruines d’une cité disparue, fit appel à Flaubert pour se défendre.

« Citons Flaubert lui-même, écrit-il dans sa préface à l’édition de 2010 : ‘L’étude de l’habit nous fait oublier l’âme. Quant à l’archéologie, elle sera probable. Voilà tout. Pourvu que l’on ne puisse pas me prouver que j’ai dit des absurdités c’est tout ce que je demande.’ Et Druillet de reprendre : Probable, vous avez bien dit probable, et bien moi, moi je dis S.F. (Sciences-fiction) ; mon probable à moi, mec de 1980, dessinateur de Science-fiction, mon langage contemporain et aussi celui du futur, alors je ne crois pas que Flaubert se sente trahi si j’éclaire un peu le visage de Salammbô avec un rayon laser, car j’aime passionnément ce livre sublime. »

Il créa, à partir de ce « rayon laser » une nouvelle Carthage évoluant dans une Méditerranée de l’espace. La masse meurtrière de Moloch-Baal qu’il reproduit est celle, tout-à-la fois du dieu païen historique, de la créature horrible que dépeint Flaubert et l’horizon des villes monstrueuses du monde moderne et futuriste de la S.-F. L’univers de la bande-dessiné a été façonné par les possibilités infinies de rencontre des époques. Ses cités et leurs sociétés se nourrissent des normes et des incongruités du présents, des réalisations et des projets manqués d’autrefois autant qu’il participe à la construction d’un imaginaire du futur.

Les villes sont l’accumulation de strates de civilisations. Elles se succèdent, s’additionnent, s’effacent. La ville moderne du XXe siècle, fruit de constructions ex-nihilo, était sans passé. Certains dessinateurs lui créèrent un avenir aux dimensions monstrueuses et inhumaines exprimant une détresse eschatologique. Aujourd’hui, d’autres tels Schuiten et Peeters recréent les villes de demain, après l’apocalypse, au moyen des imaginaires d’antan et des idées du présent. L’architecture de nos villes que dessine la bande-dessinée est une érection de nos inspirations présentes, de nos lectures du passé et de nos ambitions futures.
Ces architectures, peut-être plus qu’aucune autre, sont faites pour durer parce qu’elles marquent notre imaginaire et la représentation du monde de demain. C’est à travers tout cela que nous vous proposons de déambuler lors de notre prochaine rencontre au Louvre, mercredi 3 avril prochain.

« J’ai achevé ce monument plus durable que l’airain, plus élevé que les pyramides des rois ; que rien ne saurait détruire : ni la pluie qui ronge, ni l’Aquilon furieux, ni la série des années sans nombre, ni la fuite du temps. »
Horace, Ode III, 30.

 

Informations pratiques

Lieu
Auditorium du Louvre, sous la pyramide

Tarif D 
8 €, plein
6 €, réduit
4 €, jeune (- de 26 ans) ; solidarité ; scolaire

Gratuit
- Adhérents Amis du Louvre Jeune ;
- Etudiants en art, histoire de l’art et architecture ;
- Personnel du ministère de la Culture et de la Communication ;
- Membres du Conseil International des Musées (ICOM)
- Adhérents Carte Louvre Professionnels.
Entrée libre dans la demi-heure précédant la manifestation, sur présentation d’un justificatif

Caisse de l’auditorium
Du lundi au dimanche (sauf le mardi) de 9h à 17h15, et les mercredis et vendredis jusqu’à 19h15.
Par téléphone 01 40 20 55 00
du lundi au vendredi (sauf mardi) de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.

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