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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>Autour des carnets secrets de Turner : art, création et érotisme

Par Alain Jaubert, cinéaste, écrivain et Guillaume Faroult, musée du Louvre
Conférence-discussion à l'occasion de la sortie de l'ouvrage d'Alain Jaubert : J.M.W. Turner : Les Carnets secrets, Cohen&Cohen, 2016.
Séance suivie de la signature du livre.

« Malgré sa gloire immense, plus d’un siècle et demi après sa mort la figure du peintre britannique
J.M.W. Turner demeure encore assez énigmatique. Son œuvre pléthorique l’a consacré comme l’un des plus grands paysagistes de l’histoire. Une œuvre sans cesse à la recherche du sublime et où les êtres humains sont singulièrement peu présents.

Déjà légendaire de son vivant tant par ses humeurs et ses bizarreries que par ses techniques picturales plus ou moins secrètes, Turner a connu après sa mort quelques « aventures » posthumes. Aux anecdotes sur sa vie discrète se sont ajoutées ces découvertes faites par John Ruskin lorsqu’il dut faire l’inventaire de l’incroyable masse d’œuvres que le peintre avait léguée à son pays. Au moment de ce recensement, entre 1855 et 1858, le bruit avait couru que Ruskin, avec l’accord du directeur de la National Gallery, aurait détruit des œuvres du peintre jugées trop obscènes. On ne sait pas si l’histoire est véridique ou s’il s’agit seulement d’une vantardise de Ruskin. L’inventaire complet des carnets de dessins et des feuilles volantes du legs Turner prouve cependant qu’il subsiste 108 dessins à caractère érotique. Sur l’un des carnets épargnés, Ruskin a même écrit au crayon : « Conservé seulement comme preuve de dérèglement mental ».

Cet ouvrage présente ainsi de simples graffitis obscènes, des académies (selon un point de vue inhabituel), des « reportages » sexuels lors de voyages, des scènes nocturnes étranges qui annoncent Degas, les sous-entendus fort troublants de certaines aquarelles de Petworth ou de Venise, enfin les extraordinaires Colour Studies qui font penser à Fragonard mais qui semblent aussi une application insolite des principes d’Alexander Cozens (ces rideaux entrouverts évoquent aussi Les Curieuses de Fragonard). Seront reproduites également des œuvres de Rembrandt, de Boucher, de Courbet ou de Picasso qui rappellent que tous les grands peintres ont été tentés par l’obscène, et par les délices du voyeurisme et de la pornographie. » (Alain Jaubert)

Alain Jaubert est écrivain et cinéaste. Il a été journaliste scientifique et enseignant. Auteur de nombreux films documentaires réalisés pour l’Institut National de l’Audiovisuel, puis pour Océaniques sur FR3, enfin pour Arte ou La Cinq, il est l’auteur de la série Palettes, produite pour Arte et diffusée dans le monde entier depuis 1989 (50 films consacrés aux grands tableaux de l’histoire de la peinture, édités en cassettes et DVD par les éditions Montparnasse). Depuis Val Paradis (Gallimard, 2004) Goncourt du premier roman en 2005, il a publié plusieurs romans et essais aux éditions Gallimard, parmi lesquels : Lumière de l'image (2008) ; Tableaux noirs (2011), Au bord de la mer violette (2013) ; Les moustaches d'Adolf Hitler, recueil d’essais (2016) ; Casanova l'aventure (2015). J.M.W. Turner : les Carnets secrets, publié en 2016, est son premier livre publié avec les éditeurs Cohen&Cohen.

Guillaume Faroult est conservateur en chef au département des Peintures du musée du Louvre, en charge des peintures françaises du XVIIIe siècle et des peintures britanniques et américaines. Spécialiste de l’art français et britannique du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, il a écrit de nombreux ouvrages et articles sur l’art de cette période, en se focalisant notamment sur les questions de réception des œuvres d’art, du collectionnisme, des relations entre peinture et littérature et de l’histoire des institutions artistiques et muséales.
Parmi ses publications récentes, citons : Jacques-Louis David (éditions Jean-Paul Gisserot, 2004) ;  Le Verrou de J. H. Fragonard (Louvre éditions et RMN, 2007) ; Lady Macbeth marchant dans son sommeil de Johann Heinrich Füssli (Louvre éditions et Somogy, 2011) ; La Croix dans la contrée sauvage de Thomas Cole (Louvre éditions et Somogy, 2012). Il a participé à la publication du Catalogue des peintures britanniques, espagnoles, germaniques, scandinaves et diverses du musée du Louvre (2013).
Il a été l’un des commissaires associés de l’exposition « Mélancolie. Génie et Folie en Occident » (Paris, Grand Palais et Berlin en 2006) et commissaire d’un grand nombre d’autres  expositions, dont : « 1869 : Watteau et Chardin entrent au Louvre. La collection La Caze » (Paris, musée du Louvre - Londres, Wallace Collection, 2007 - 2008), « Turner et ses peintres » (Londres, Tate Britain - Paris, Grand Palais - Madrid, Prado, 2009 - 2010), « Fragonard amoureux. Galant et libertin » (Paris, musée du Luxembourg, 2015 - 2016) et « Hubert Robert (1733 - 1808). Un peintre visionnaire » (Paris, musée du Louvre - Washington, National Gallery of Art, 2016).


Evénement(s) : 12h30 au Louvre

Informations pratiques

Lieu :
Auditorium du Louvre sous la pyramide.

Tarif D : 8 euros, 6 euros (réduit) ou 4 euros (solidarité et jeunes)
Gratuit avec la carte "Amis du Louvre Jeune" dans la limite d’un quota de places garanties.
Gratuit pour les étudiants en art, histoire de l’art et architecture
Retrait des billets une heure avant aux caisses de l’auditorium.

Caisse de l’auditorium
Du lundi au dimanche (sauf le mardi) de 9h à 17h15, et les mercredis et vendredis jusqu’à 19h15.
Fermeture du 29 juin au 30 août inclus.

Par téléphone 01 40 20 55 00
du lundi au vendredi (sauf mardi) de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.

Sur internet
www.fnac.com

Accès
Métro : Palais-Royal / Musée du Louvre.
Entrée par la Pyramide, le passage Richelieu (de 9h à 17h30,jusqu’à 18h les mercredis et vendredis), ou les galeries du Carrousel.
Parc de stationnement du Carrousel ouvert de 7h à 23h.

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Conférence d' Alain Jaubert, cinéaste, écrivain et Guillaume Faroult, musée du Louvre