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Cycle de films Cycle Prison et fiction : entre tragédie et comédie

L’univers carcéral n’a cessé d’intéresser le cinéma de fiction. Il est un espace romanesque fertile avec ses personnages de criminels, de malfaiteurs ou d’insurgés, avec leurs parcours forcément atypiques, à rebours des figures que la société se donne pour modèles.

Les unités de lieu, d’action et de temps qui régissent la vie des détenus et du personnel pénitentiaire font de la prison un lieu propice à la tragédie.
Chez le prisonnier, l’irrépressible désir de liberté que la réclusion nourrit et la volonté de plier la rudesse du réel à sa propre volonté en échafaudant des projets d’évasion donnent aux cinéastes une matière riche pour le développement d’aventures individuelles ou collectives risquées, à suspens.
Par les descriptions objectives de la brutalité de la vie carcérale, des cellules surpeuplées, des suicides, des réalisateurs se sont également servis de la fiction pour dénoncer ces réalités sociales.
Ce programme, qui propose une sélection de quelques uns des films les plus originaux parmi ceux consacrés à la prison et à l’enfermement, ne pouvait écarter les interprétations burlesques de l’évasion des plus grands comiques du cinéma muet. Contrepoints aux destinées tragiques ou héroïques, les tentatives d’évasions sont alors immanquablement des aventures rocambolesques ou incongrues. L’irréalité des situations donne libre cours à des suites de gags où sont caricaturés aussi bien l’appareil judiciaire, les forces de police que la figure du prisonnier.

Jeudi 17 novembre
20h30
L’année du second centenaire [The second Hundred Years]
E.-U., 1927, n.b., muet, 23 min, réal. : Fred L. Guiol
Avec Stan Laurel, Oliver Hardy, Stanley Sandford…
Deux détenus (Laurel & Hardy) s’échappent en creusant un tunnel qui les conduit directement dans le bureau du directeur de la prison. Suite de quiproquos hilarants qui placent le tandem comique face à des situations extravagantes. La liberté semble toujours à portée de main. La malchance les conduit chaque fois en cellule.

Le Trou
Fr., 1960, n.b., 121 min, réal. : Jacques Becker
Avec Michel Constantin, Jean Keraudy, Philippe Leroy, Raymond Meunier…
Adapté du récit de José Giovanni, Le Trou présente la tentative d’évasion de cinq détenus de la prison de la Santé. D’une haute qualité formelle – beauté des cadrages, efficacité du montage, originalité du son – ce film est bâti de telle sorte que nous avons le sentiment de participer réellement à une aventure collective, nous éprouvons l’attente, la crainte, le désir, le suspens qui sont ceux des personnages interprétés par des comédiens non professionnels.
Sorti quelques semaines après la mort prématurée de Jacques Becker, ce film est sans doute son chef-d’œuvre. Une oeuvre qui a été défendue par François Truffaut et la Nouvelle Vague contre les attaques de ceux qui considéraient qu’elle héroïsait les détenus et leur conduite illégale.

Vendredi 18 novembre
20h30
Malec champion de golf [Convict 13]

E.-U., 1920, n.b., muet, 21 min, réal. : Buster Keaton et Edward F. Cline
Avec Buster Keaton, Sybil Seely, Joe Roberts, Edward F. Cline…
Buster joue au golf  lorsqu’il est assommé par un prisonnier en cavale. Celui-ci lui vole ses vêtements. La police arrête Buster et le jette en prison. Il apprend alors qu’il doit être pendu le lendemain. Il réussit à voler des habits d’un garde, passe ses vêtements, mais un autre détenu prend en otage tous les gardes de la prison…

Les Démons de la liberté [Brute Force]
E.-U., 1947, n.b., 98 min, réal. : Jules Dassin
Avec Burt Lancaster, Hume Cronyn, Charles Bickford, Howard Duff…
Dans un pénitencier surpeuplé, le gardien en chef fait régner une telle violence que des détenus décident de se venger et projettent de s’évader coûte que coûte. Burt Lancaster interprète ici son deuxième rôle au cinéma. Il mène une rébellion violente, acharnée qui ne pourra pas éviter le bain de sang.
Un film sombre qui montre la dureté des rapports entre détenus, entre détenus et personnel pénitentiaire, et le désir irrépressible de liberté.

Samedi 19 novembre
17h30
Prisonnier [Detained]
E.-U., 1924, n.b., muet, 14 min, réal. : Percy Pembroke et Joe Rock
Avec Stan Laurel, Julie Leonard et Agnes Avers
Film tragi-comique. Stan Laurel est incarcéré par erreur. Il tente de s’évader, mais se retrouve dans le quartier des condamnés à mort. La malchance prend alors un tour terrifiant : il s’assied par accident sur une chaise électrique, puis, la corde au coup, est hissé au bout d’une potence.

La Maison morte [Mertvyi Dom]
URSS, 1932, n.b., 88 min., réal. : Vassili Fedorov
Avec Nikolai Hmelev, Nikolai Podgorni…
En 1850, à vingt-huit ans, Fedor Dostoievski est arrêté pour participation un groupe révolutionnaire de Petrachevski. Condamné à mort, il subira (avec d'autres camarades) un simulacre d'exécution. Il croit vivre sa dernière minute lorsqu'on lui apprend qu'il est gracié. Sa peine est commuée en quatre ans de travaux forcés en Sibérie. Cette expérience conduira Dostoievski à écrire en 1859 ses Souvenirs de la maison des morts.
Le cinéaste Vassili Fedorov réalise ce film en pleine purge stalinienne avec la double volonté à la fois de montrer la dureté des bagnes de l’époque tsariste et l’évolution d’un écrivain qui serait passé au cours de sa vie d’une attitude de farouche opposant au pouvoir à celle d’auteur acceptant les honneurs des classes supérieures. Au-delà de sa tentative d’instrumentalisation propagandiste, La Maison morte est d’une grande beauté formelle et ses représentations des prisons tsaristes sont saisissantes.  

20h30
Mémoires de prison [Memórias do Cárcere]
Br., 1984, coul., 185 min, réal. : Nelson Pereira dos Santos
Avec Carlos Vereza, Glória Pires, Nildo Parente, José Dumont, Wilson Grey…
Au Brésil, le soulèvement des militaires de l’Alliance nationale de libération déclenche, en 1936, à la veille de ce qui sera la dictature de l'Estado Novo (1937-1945) de Gétulio Vargas, une vague de répression contre les intellectuels progressistes. Elle atteint Graciliano Ramos, directeur d’école dans une localité du Nordeste et écrivain. Adapté des Mémoires de prison que Ramos rédigea avant de mourir en 1953, le film de Nelson Pereira dos Santos présente l’évolution intellectuelle d’un artiste face à la longue incarcération à laquelle le pouvoir le condamne.

Dimanche 20 novembre
17h30
Charlot s’évade [The Adventurer]
E.-U., 1917, n.b., muet, 31 min, réal. : Charles Chaplin
Avec Charles Chaplin, Edna Purviance, Eric Campbell, Henry Bergman
Hilarante histoire d’évasion où Charlot après avoir creusé un tunnel débouche sur une plage de sable. Une suite de situations improbables au cours de laquelle Charlot se retrouve immanquablement, à sa grande stupeur, en présence de représentants de la loi (policiers, juges…).

Un Condamné à mort s’est échappé ou Le Vent souffle où il veut
Fr., 1956, n.b., 99 min, réal. : Robert Bresson
Avec François LeTerrier, Charles LeClainche, Maurice Beerblock, Roland Monod, Jacques Ertaud, Jean-Paul Delhumeau…
Arrêté et interrogé par la police allemande pour actes de résistance, le lieutenant Fontaine est incarcéré au Fort de Montluc dans la région lyonnaise. La Gestapo le condamne à mort. Avec le soutien moral des autres détenus, il met précisément au point son évasion. Peu avant celle-ci, un adolescent est placé dans sa cellule. C’est avec lui qu’il entreprend alors de s’échapper.
A la fois quête métaphysique, itinéraire d'une solitude forcée, ce film de Robert Bresson est mondialement cité comme l’un des films les plus exigeants et réussis sur l’univers carcéral.

Lundi 21 novembre
20h30
Femmes en cage [Caged]
E.-U, 1950, n.b., 96 min, réal. : John Cromwell
Avec Eleanor Parker, Agnes Moorhead, Ellen Corby, Hope Emerson...
Une jeune femme de dix-neuf ans est incarcérée dans un pénitencier de l’Illinois pour avoir aidé son mari dans une petite affaire de vol. Au contact du monde de la prison, du sadisme de la gardienne en chef, désillusionnée, la violence lui semble être le seul moyen de survivre et devient une véritable criminelle.
Œuvre sombre, sans compromis, ce film consacré à la vie quotidienne dans une prison de femmes montre de quelle façon la prison peut définitivement détruire les individus que la société a décidé de rejeter.

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Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2019

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