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Cycle de musique Gluck, l’opéra réformé

Deux week-end et cinq opéras filmés autour de Gluck et l'opéra néoclassique les 15, 16, 22 et 23 janvier 2011

Alceste, Orphée et Eurydice, Iphigénie, plusieurs des chefs d’œuvres de Gluck de ce cycle, proposé en liaison avec l’exposition « L’Antiquité rêvée, innovations et résistances au XVIIIe siècle », paraissent autant d’illustrations musicales du néo-classicisme. Le musicologue américain Charles Rosen (Le Style Classique / Gallimard, 1978) plaçait d’ailleurs l’œuvre de Gluck, aux côtés des peintures de David et des architectures de Ledoux comme la quintessence de cette esthétique qu’il caractérisait comme une « volonté de retour à la simplicité prétendue de la Nature par l’imitation des Anciens ». 
De toutes les innovations de Gluck, la plus évidente fut effectivement une simplification  radicale de l’action, de la forme et de la facture musicale. De cette volonté, son Alceste que nous proposons en conclusion de ce cycle, est le modèle le plus abouti.
Ce mouvement de retour au naturel s’effectua en réaction contre des conventions alors jugées paralysantes qui caractérisaient le discours baroque. La vertu et la chasteté des héros et des héroïnes de ces opéras sont, chez Gluck, illustrées par la simplicité même de la musique qui les meut. Cette simplicité, par effet de contraste, confère en même temps une intense force dramatique aux moments de climax qui parcourent ces grandes partitions.  
Sans doute est-ce ce refus radical des pyrotechnies vocales au profit d’une simplicité frisant parfois l’austérité qui explique le relatif discrédit que connut son œuvre. C’est la raison pour laquelle, contrairement aux opéras de Mozart dont le succès ne connut pas d’éclipse, ceux de Gluck furent redécouverts et en particulier à travers l’intérêt que leur portèrent trois compositeurs majeurs : Berlioz, Wagner et Richard Strauss. 
Directement inspirée de thèmes issus de la culture antique, l’œuvre de Gluck témoigne d’une vision nouvelle de la scène lyrique, la tentative de production d’une forme qui puisse rivaliser avec la tragédie grecque à laquelle ses opéras empruntent largement les thématiques. La simplicité du texte et de l’action, la concentration des moyens musicaux en vue de l’efficacité dramaturgique, le dépouillement qui caractérisent ses chefs-d’œuvre, ouvraient la voie à une esthétique du sublime caractéristique de cette époque de passage entre deux âges de l’opéra.
Au cours de deux week-ends, nous présentons quelques-unes des productions les plus marquantes des grands opéras de Gluck dans des partis pris de mise en scène qui mettent en avant la modernité de son œuvre : celles de Herbert Wernicke pour deux œuvres méconnues du compositeur : Echo et Narcisse et Le Cinese, suivi d’Iphigénie en Tauride de Claus Guth et William Christie. Dans un style plus classique, un inédit produit pour la télévision, Orphée et Eurydice dans sa version révisée par Hector Berlioz pour la grande chanteuse Pauline Viardot et Armide dirigé par Alan Curtis. Alceste, dans la production marquante du Théâtre du Châtelet par J.-E. Gardiner et Robert Wilson, conclut ce cycle consacré au réformateur de l’opera seria.

Cette programmation s’ouvrira par une présentation du musicologue Olivier Rouvière, auteur de l’ouvrage de référence Métastase, Pietro Trapassi, musicien du verbe / Editions Hermann musique, 2008.


Samedi 15 janvier
15h
[Iphigénie en Aulide : PROJECTION ANNULEE]
Nouveau programme :
Echo et Narcisse
Festival de Schwetzingen
L’ensemble Concerto Köln, dir. : René Jacobs
Avec Deborah Massel (Amor), Sophie Boulin (Echo), Christina Högman (Aglaé), Kurt Streit (Narcisse), Peter Galliard (Cynire),  Hanne Krogen (Thanais), Eva Maria Tersson (Sylphyde)
Mise en scène : Herbert Wernicke
Réal. : Klaus Viller, prod. : WDR, RM Associates, 1987, 99 min.

Suivi de
Le Cinesi (Les Chinoises)
Texte tiré du livret écrit par Métastase pour Caldara
Festival de Schwetzingen
L’ensemble Concerto Köln, dir. : René Jacobs
Mise en scène : Herbert Wernicke
Avec Sophie Boulin (Silvene), Christina Högman ( Lisinga), , Kurt Streit (Silango), Eva Maria Tersson (Tangia)
Réal. : Klaus Viller.
Prod. : WDR, RM Associates, 1987, 60 min.

Précédé d’une présentation d’Olivier Rouvière


Dimanche 16 janvier
15h
Iphigénie en Tauride
Opernhaus de Zurich
Chœur, ballet et orchestre La Scintilla, dir. : William Christie
Mise en scène : Claus Guth
Avec Juliette Galstian (Iphigénie), Rodney Gilfry (Oreste), Deon Van der Walt (Pylades), Anton Scharinger (Thoas), Martina Janková (Diane)
Réal. : Thomas Grimm, prod. : Arthaus, 2001, 108 min.

Iphigénie en Tauride est le deuxième chef d’œuvre de Gluck présentée par William Christie à l’Opernhaus de Zurich. Comme à son habitude, la mise en scène de Claus Guth propose une vision très personnelle de la tragédie lyrique inspirée d’Euripide. Le recours à des marionnettes de taille humaine exacerbe les effets de distanciation et offre un relief enchanteur aux moments de dépouillement ménagés ensuite par la scénographie.

Samedi 22 janvier
15h
Orphée et Eurydice
Adaptation de Jacques Bourgeois d’après la révision d’Hector Berlioz
Camerata de Versailles, dir. : Amaury du Clauzel, Ensemble vocal Michel Piquemal
Mise en scène : Gérard Laurent, décors et costumes : Alain Gaucher
Avec Sylvie Sullé (Orphée), Sophie de Ségur (Eurydice), Isabelle Poulenard (L'amour), Christian Lebon (sbire de l’amour), Franck Nadal (sbire de l’amour).
Réal. : Jean-François Claire, prod. : Ina, 1989, 72 min
Gluck est le cas unique d’un compositeur dont les trois chefs d’œuvre n’ont survécu tout au long du 19ème siècle qu’à  travers la révision qu’en ont fait trois compositeurs et qui est devenu la source de leur art respectif : Wagner pour Iphigénie en Aulide, Richard Strauss pour Iphigénie en Tauride et Berlioz pour Orphée et Eurydice, qui en fit une version destinée à la chanteuse Pauline Viardot. Dans cette très belle réalisation en studio mise en valeur ici par la direction d’Amaury du Clauzel, Berlioz signe peut-être son meilleur opéra !

18h
Armide
Tiroler Landestheater
Innsbrucker Festwochen der Alten Musik
Dir. : Alan Curtis
Mise en scène : Shirley Wynne
Avec Jenny Drivala (Armide), Guillemette Laurens (Phénice), Marie Duisit (Sidonie), Michel Verschaeve (Hidraot), Jean-François Gardeil (Aronte), John Elwes (Renaud), Jan Honeyman (Artémidore)
Réalisation : Hugo Käch, prod. : ORF, 1985, 160 min.
En s’attaquant à la tragédie d’Armide, Gluck choisissait de se mesurer avec un opéra majeur du baroque l’Armide de Lully dont il utilisait le même livret de Quinault. Pour composer son opéra, Gluck réutilisa quelques-unes des meilleures pages de ses opéras antérieurs,  notamment italiens.
La production d’Alan Curtis, spécialiste des reconstitutions baroques littérales, rapproche l’œuvre de Gluck de son illustre modèle, impression renforcée par une scénographie d’un grand classicisme.

Dimanche 23 janvier
15h
Alceste
Version de Paris 1776
Théâtre du Châtelet
English Baroque Soloists, Monteverdi Choir, dir. : J.-E. Gardiner
Mise en scène : Robert Wilson, chorégraphe : Giuseppe Frigeni, costumes : Frida Parmeggiani
Avec Anne Sofie Von Otter (Alceste), Paul groves (Admète), Dietrich Henschel (Hercules, le grand prêtre), Yann Beuron (Evandre), Ludovic Tézier (un hérault, Apollon), Hjördis Thébault (coryphée)
Réal. : Brian Large, prod. : RM associates / Théâtre Musical de Paris – Châtelet, 1999, 135 min.

Cette production d’Alceste fut donnée au Chatelet en 1999. Comme à son habitude, la mise en scène de Robert Wilson parvient à donner à la fable d’Alceste sa dimension intemporelle, ce qui va dans le sens des propos de Gluck au moment de la création de l’œuvre, quand il déclarait qu’elle plairait encore deux cent ans parce qu’il n’y avait « pas de temps pour elle ». 
La direction particulièrement inspirée de Gardiner et la distribution vocale dominée par Anne Sofie Von Otter font de cet Alceste un spectacle d’une grande beauté.

Agenda des expositions et évenements
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