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Média Dossiers Dialoguer avec le street art

Média-dossier : Dialoguer avec le street art  Quels liens peuvent entretenir une institution muséale conservant des œuvres patrimoniales et une forme d’expression artistique par essence éphémère et alternative ? En ouvrant le dialogue, ce dossier fait d’allers-retours entre la rue et le musée confronte des interrogations partagées sur la création artistique, le statut de l’œuvre d’art, celui de l’artiste, le rôle du spectateur, de la commande et des institutions.

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Art urbain

L’expression désigne un art non-officiel, sans commande, se déployant spontanément dans l’espace public en dehors des galeries et des musées. Il regroupe des pratiques très diverses.

Blaze / Tag

Le blaze est le pseudonyme que se donne le graffeur pour préserver son anonymat et se protéger d’éventuelles poursuites judiciaires. Le tag (étiquette en anglais) est le nom donné à sa signature tracée au marqueur ou à la bombe. D’abord forme élémentaire de graffiti utilisée comme signe de reconnaissance pour signaler le passage de son auteur donc marquer un territoire, le tag peut accompagner une œuvre ou devenir une œuvre en soi sous la forme d’une calligraphie complexe.

Bombage / Collage / Pochoir

Toutes les techniques ont été explorées dans la rue. La commercialisation dans les années soixante de bombes de peinture aérosol à bas coût et d’une grande facilité d’utilisation a contribué à l’explosion de l’art urbain en autorisant un travail rapide et une diversité d’effets : large gamme de couleurs, variations de l’épaisseur du trait selon le calibre de l’embout (Thin cap, Fat cap..). Le bombage s’impose d’abord pour « travailler » le mur. La répression des graffitis, le désir d’expérimenter de nouvelles pratiques favorisent l’apparition d’autres  techniques d’intervention rapide comme le collage de sticker ou d’images imprimées sur papier en rouleau. Alliant simplicité, vitesse d’exécution et faible coût, la technique ancienne du pochoir est réactivée, en particulier en France. La matrice en papier carton ou métal, minutieusement découpée en atelier, est appliquée sur la surface à peindre et réutilisable pour laisser une trace répétée.

Graffiti / Graff / Graffeur

Le terme générique de graffiti est à la fois issu du grec graphein (écrire) et de l’italien sgraffito (dessin) qui renvoie à une technique de gravure, d’incision sur un mur ou une céramique. Il désignait à l’origine ces signes trouvés dans l’architecture romaine antique et qualifie, par extension, aujourd’hui, toute inscription ou marquage non autorisé réalisé dans l’espace public. L’emploi actuel de ce terme est entre autres dû au travail d’enregistrement systématique des graffitis parisiens par le photographe Brassaï  à partir des années trente. Dans son acception contemporaine, le terme de graffiti baptise un mouvement au développement planétaire né à la fin des années soixante aux Etats-Unis. Le graffeur est donc la personne qui trace des graffitis ou des graffs. Ce terme abrégé s’est imposé à l’international pour qualifier toute forme de dessins ou lettrages témoignant d’une recherche graphique ou esthétique.

« in situ »

Locution latine signifiant « sur place » introduite par Daniel Buren dans le champ des arts plastiques. Une œuvre « in situ » naît de l’espace dans lequel elle s’inscrit et ne saurait être envisagée sans considération du contexte pour lequel elle est conçue.

Post –graffiti

Le terme est apparu dans l’intitulé d’une exposition organisée au milieu des années quatre-vingt à la galerie Sidney Janis à New York. Elle réunissait writers («  ceux qui écrivent ») et artistes de la scène underground new-yorkaise. Le mot désigne par extension un travail qui n’est plus réalisé dans la rue mais sur un support commercialisable.

Street art

L’expression serait née au début des années soixante-dix sous la plume d’une journaliste, Carolyn S. Murray, pour désigner cet « art de rue », expression artistique populaire et d’accès gratuit visible à Los Angeles. Le réemploi  du terme par Allan Schwartzman dans son ouvrage  « Street art » au milieu des années quatre-vingt  jalonne son adoption par le monde de l’art. La formule est reprise comme intitulé d’une exposition à la Tate Modern en 2008. La dénomination est cependant ambigüe : Allan Schwartzman l’utilise comme un terme générique caractérisant les œuvres produites et exposées sans autorisation dans l’espace urbain. Beaucoup distinguent aujourd’hui graffiti et street art et assimilent ce dernier à un courant de l’art urbain issu du graffiti et résultant de la diversification au tournant du millénaire des pratiques, des supports et des esthétiques. Quant aux artistes, tout en reconnaissant une culture commune,  ils répugnent pour la plupart à se voir ainsi labellisés et souhaitent avant tout être reconnus en tant qu’artistes.

Théorie de la vitre brisée (Broken window theory)

Cette théorie, datant de 1982, soutient que toute détérioration de l’espace public, comme une seule vitre cassée, amorce un délabrement du cadre de vie et contribue à accroître le sentiment d’insécurité des populations. C’est le début d’un cercle vicieux : le quartier perçu comme délaissé par les autorités attirerait la délinquance. Dans le contexte d’une politique dite de la « tolérance zéro », le graffiti incriminé comme facteur participant à ce processus fait donc l’objet d’une sévère répression. Edward Koch, maire de New York, s’est servi de cette théorie pour lancer les campagnes de nettoyage dans les années 80. Rudolph Giuliani l'a ensuite imposé dans toute une série d'autres domaines.