Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Expositions & Actualités>Spectacle vivant et littérature>Le Condamné à mort de Jean Genet

En co-production avec le Théâtre de l'Aquarium, avec la complicité du Jeune Théâtre National.

Les 9 et 10 décembre 2005 à 20h30, le 11 décembre à 16h

Travail conçu et mis en scène par Julie Brochen
Avec Jean-Toussaint Bernard, Félicité Chaton, Antoine Hamel, Cécile Péricone, Irina Solano et Vincent Leterme.
Lumières : Dominique Fortin

Plus que tout autre au XXe siècle, Jean Genet incarne la figure d’un poète de « l’envers du monde », d’un monde hors du monde qu’est celui de la prison, des mauvais quartiers, de la marginalité. « Sans doute l’une des fonctions de l’art est-elle de substituer à la foi religieuse l’efficace de la beauté. Au moins cette beauté doit-elle avoir la puissance d’un poème, c’est-à-dire d’un crime »… Si toute l’œuvre de Jean Genet se nourrit de cette aspiration poétique, il ne compose que très peu de poèmes, tous écrits en prison, et qui constituent les premiers pas, encore clandestins, de son parcours littéraire. Dès Le Condamné à mort, le premier d’entre eux à être publié, éclate la vocation poétique originale de Genet, celle de magnifier l’univers de ceux que la société réprouve. Il clame encore en 1949, dans l’Enfant criminel : « Si les méchants, si les cruels, représentent la force contre quoi vous luttez, nous voulons être cette force du mal. Nous serons la matière qui résiste et sans quoi il n’y aurait pas d’artistes ».
Une « force du mal », une « matière qui résiste » à laquelle Julie Brochen propose l’écho de la figure de Baal, héros de la première œuvre dramatique de Bertold Brecht, poète aux appétits infinis, prophète d’une liberté du désir ébranlant brutalement l’équilibre des valeurs morales :

« Par la taverne, l’hôpital, la cathédrale,
Baal impassible trotte et s’en déshabitue.
Si fatigué soit Baal, Baal ne sombre jamais :
Baal emmène son ciel avec lui vers en bas. […]

Si Dieu existe, ou bien s’il n’y a pas de Dieu,
Peut, tant qu’existe Baal, lui être bien égal,
Mais un point sur lequel il ne faut pas blaguer,
C’est s’il y a du vin ou s’il n’y en a pas. » »

Metteur en scène et comédienne, Julie Brochen a fondé sa compagnie Les compagnons de jeu en 1993 après trois années de formation au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris et dirige le Théâtre de l’Aquarium depuis janvier 2002. Elle a notamment travaillé avec Jean-Pierre Vincent, Piotr Fomenko, Stuart Seide, Alexandre Kaliaguine et Anastasia Vertinskaia…
En 2003, elle met en scène pour l’auditorium du Louvre Des passions sur des textes de Cratès, Diogène, Aristote, Ovide, Clément Rosset…, avec Emilie Valantin, Jean Sclavis, Marc Marder et Sabrina Delarue. Elle porte aujourd’hui son regard sur Le condamné à mort de Jean Genet :

« Deux sortes de rêves sont particulièrement significatifs : le rêve du pécheur endurci, le rêve du meurtrier. Au plus profond de son rêve, ce que l’homme rencontre, c’est sa mort. »
L. Binswanger
« Rêvons ensemble, Amour, à quelque dur amant
Grand comme l’Univers mais le corps taché d’ombres.
Il nous bouclera nus dans ces auberges sombres,
Entre ses cuisses d’or, sur son ventre fumant, »
J. Genet .

« Deux sortes de rêves » …Celui que je poursuis sur le « Condamné à Mort » de Jean Genet, et celui de la comédienne Cécile Péricone sur la figure de Baal de Bertold Brecht.
Une suite de fragments de Baal et ce long poème dédié par Genet à la mémoire de Maurice Pilorge « assassin de vingt ans » dont la jeunesse, la violence ou plutôt la brutalité croisent pour moi, à chaque instant, la fulgurance et la beauté de l’écriture de Brecht.
Levé tôt Maurice Pilorge fredonnait et saluait ainsi Genet en souriant « Salut, Jeannot-du matin ».
L’un fredonne l’autre chante…
Baal, tend la main vers sa guitare et casse la lampe avec.
« Maintenant je chante » :
 « Malade de soleil et mangé par la pluie
Du Laurier volé sur sa tête échevelée
Oubliée sa jeunesse mais jamais ses rêves
Longtemps le toit, mais jamais le ciel au dessus
»
Julie Brochen.


Evénement(s) : Le Louvre invite Robert Badinter - Regards sur la prison

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2019

Information in other languages

Entrez au musée en moins de 30 minutes
en achetant votre billet en ligne :

Achetez votre billet