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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>Le discours que Delacroix ne prononça jamais

Fiction littéraire – création originale
par Adrien Goetz, de l’Académie des beaux-arts

Qu’est-ce que Ingres aurait écrit s’il avait dû rédiger une oraison funèbre d’Eugène Delacroix.

«  Cette année-là, j’avais trente-neuf ans et j’avais peint un portrait de moi portant un gilet vert. Personne parmi mes amis n’avait compris que j’avais envie non d’un gilet mais d’un habit vert et que je ne craignais personne. Le baron Gérard venait de mourir, je l’avais bien connu, il m’avait encouragé, je me mis en tête de rechercher les suffrages de ses confrères de l’Académie. J’aurais volontiers fait son éloge, mais ce n’était même pas nécessaire. Grâce à Dieu, l’Académie des beaux-arts n’a pas cette tradition de l’Académie française qui oblige le nouvel élu à prononcer l’éloge de son prédécesseur. Lamartine en 1829 dut faire l’éloge du comte Daru, l’horrible Ponsard celui de Baour-Lormian qui était encore pire que lui, Victor Hugo s’attaqua avec panache à l’éloge de Népomucène Lemercier…Aujourd’hui, vieil élu, académicien enfin, après huit campagnes qui m’ont laissé tant de blessures, rien ne saurait m’obliger à faire l’éloge de Paul Delaroche, à qui je succède, et que j’ai tant méprisé… »

Quand Delacroix a été élu à l'Académie des beaux-arts en 1857, à sa huitième tentative, la tradition n'était pas encore de faire l'éloge de son prédécesseur. Adrien Goetz a imaginé qu'il avait envie d'écrire ce discours qu'on ne lui demandait pas, inspiré par ce qui se faisait déjà alors à l'Académie française. Cela donne un éloge fictif de Paul Delaroche, que Delacroix n'estimait guère, où il évoque aussi tous ceux auxquels il aurait pu succéder s'il avait été élu plus tôt, ceux qui l'ont soutenu, musiciens, sculpteurs, architectes, ceux qui lui ont fait barrage, les trahisons, les fausses promesses, Ingres bien sûr…Tout le monde artistique de l’époque défile devant ses yeux. En écoutant ce récit, écrit à la première personne, qui est entièrement une fiction mais où tous les faits sont réels, peut-être comprendra-t-on pourquoi Delacroix, qu’on imagine romantique et rebelle, prompt à mépriser ceux qui le dédaignent, a voulu avec autant de constance et pendant tant d'années devenir membre de cette académie…

Adrien Goetz, historien de l’art et romancier, enseigne l’art du 19e siècle à Sorbonne-Universités. Il est le directeur de la rédaction de Grande Galerie, le Journal du Louvre. Il vient d’être élu à l’Académie des beaux-arts et n’a pas encore prononcé son discours de réception. Cet « exercice de style », qui conclut le cycle consacré à Delacroix, lui a été demandé, avec malice, par Sébastien Allard et Côme Fabre.

 

Cycle(s) : Delacroix : récit d'une oeuvre
Evénement(s) : En lien avec l'exposition "Delacroix (1798-1863)"

Séances

  Lieu Commentaires Réservation
31/05/2018 - 18h30 Auditorium du Louvre Durée : 1h30

Informations pratiques

Lieu :
Auditorium du Louvre sous la pyramide.

Tarif D : 8 euros, 6 euros (réduit) ou 4 euros (solidarité et jeunes)

Caisse de l’auditorium
Du lundi au dimanche (sauf le mardi) de 9h à 17h15, et les mercredis et vendredis jusqu’à 19h15.
Fermeture du 29 juin au 30 août inclus.

Par téléphone 01 40 20 55 00
du lundi au vendredi (sauf mardi) de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.

Sur internet
www.fnac.com

Accès
Métro : Palais-Royal / Musée du Louvre.
Entrée par la Pyramide, le passage Richelieu (de 9h à 17h30,jusqu’à 18h les mercredis et vendredis), ou les galeries du Carrousel.
Parc de stationnement du Carrousel ouvert de 7h à 23h.

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