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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>Les mille et une nuits

Rencontre animée par Daniel Loayza, dramaturge, conseiller artistique, Odéon-Théâtre de l’Europe
En regard de la pièce Les mille et une nuits, mise en scène par Guillaume Vincent et jouée au Théâtre de l’Odéon (du 6 novembre au 8 décembre 2019).
Avec Carine Juvin, conservatrice au Département des Arts de l’Islam du musée du Louvre, et Guillaume Vincent, metteur en scène.

Discussion basée sur le commentaire d’œuvres des collections du musée du Louvre, cette rencontre est l’occasion de mettre en regard le point de vue de deux experts, Carine Juvin et Guillaume Vincent, autour des grands axes de réflexions que suscite la pièce.

Les Mille et Une Nuits : “un des plus beaux titres  du monde”, écrit Borges. Guillaume Vincent en résume ainsi le contenu : “un roi est trahi par son épouse, il la décapite ; dorénavant il épousera chaque jour une fille nouvelle qu’il déflorera et exécutera le matin même. Schéhérazade sauve sa tête en commençant une histoire qu’elle interrompt à l’approche du jour. Le roi lui laisse la vie sauve, il veut connaître la suite, ainsi les récits s’enchaînent sans interruption durant mille et une nuits”. Les Mille et Une Nuits sont donc une œuvre sur le fil. Fil d’un récit dont chaque épisode est une perle – et  il y en a plusieurs centaines, allant du merveilleux au scabreux, du franchement glauque au quasi-vaudeville. Fil du rasoir, car le plaisir du conte est ici nécessité vitale : que Schéhérazade cesse de plaire, et sa voix se taira à jamais. Fil d’un labyrinthe, épousant les méandres inextricables du désir et de la mort. Tel que le rêve Guillaume Vincent, qui signe le texte de cette adaptation très personnelle, ce dédale entretissant la cruauté et la sensualité, l’ironie et la naïveté, s’inscrit dans la lignée de son précédent spectacle, Songes et Métamorphoses d’après Shakespeare et Ovide. Il est l’occasion d’un libre voyage scénique entre Orient et Occident, sans autre but que de se perdre entre les “univers réels et  fantasmés”, à la recherche d’un autre monde où la paix serait enfin retrouvée. “Les Mille et Une Nuits”, conclut le metteur en scène, “ou comment le pouvoir de la fiction est capable d’arrêter la barbarie”.

Guillaume Vincent intègre en 2001 l’école du TNS (alors dirigée par Stéphane Braunschweig) dans la section Mise en scène. Avec la dramaturge Marion Stoufflet, il y fonde la Compagnie Midiminuit en 2003, et conclut sa formation au TNS avec La Fausse suivante de Marivaux. Les années suivantes, qui attestent son goût pour l’expérimentation foisonnante et sa culture de cinéphile, sont marquées par des mises en scène de Lagarce, des performances, un travail d’artiste associé (2009-2011) au CDN de Besançon, où il crée L’Éveil du printemps de Wedekind. Il fait également partie du collectif artistique de la Comédie de Reims, où il monte Le Bouc et Preparadise Sorry Now de Fassbinder (2010). Depuis 2012, il écrit aussi ses propres textes : La nuit tombe... (une rêverie hantée, créée pour la 66e édition du Festival d’Avignon), Rendez-vous gare de l’Est (un monologue élaboré à partir d’entretiens avec une jeune femme maniaco-dépressive), Forêt intérieure (la Mousson d’été, 2014)... Guillaume Vincent poursuit par ailleurs une activité de formateur et de pédagogue un peu partout en France. À l’opéra, il a créé deux œuvres contemporaines (The Second Woman et Mimi) au Théâtre des Bouffes du Nord.

Carine Juvin est titulaire d’une thèse de Doctorat en Etudes arabes et civilisation du monde musulman de l’EPHE, sur la calligraphie et l’épigraphie à la fin du sultanat mamlouk, et d’une Licence en langue et civilisation arabes de Paris-Sorbonne. Elle a été Chargée d’expositions et de collections à l’Institut du Monde Arabe (1998-2002), avant de rejoindre le Département des Arts de l’Islam (DAI) au Musée du Louvre à partir de 2005, au sein duquel elle est actuellement en charge des collections du Proche-Orient médiéval. Dans ce cadre, elle a notamment œuvré à la création des nouveaux espaces d’exposition du DAI ouverts en 2012 et à la réorganisation de l’introduction de ces espaces en 2019, participé à diverses expositions et coopérations internationales, et dirigé le programme de documentation des objets inscrits du Département. En 2010, elle a été l’une des commissaires de l’exposition Routes d’Arabie. Archéologie et Histoire du Royaume d’Arabie Saoudite,  puis conseillère scientifique pour la reprise de cette exposition au Louvre Abu Dhabi en 2018. Elle est l’organisatrice en 2017 de deux colloques internationaux : Regards du monde islamique sur son passé : Histoire, archéologie, patrimoine, et Objets inscrits dans le monde islamique : culture, adab, société. Elle a également enseigné les Arts de l’Islam à l’Ecole du Louvre et à l’université Paris-Diderot. Parmi ses publications figurent diverses contributions à des catalogues, notamment  Reflets d’or. D’Orient en Occident, la céramique lustrée, IXe-XVe siècle (2008), Les Arts de l’Islam au Musée du Louvre (2012),  Routes d’Arabie (2010, co-éditrice) ainsi que différents articles spécialisés portant sur l’épigraphie et la culture matérielle du Proche-Orient médiéval. Elle prépare actuellement une exposition Furūsiyya/ L’art de la chevalerie, Orient-Occident XIIe-XVe siècle, avec le musée de Cluny, qui sera présentée au Louvre Abu Dhabi en 2020, et un ouvrage collectif sur Gaston Wiet et les arts de l’Islam, à paraître aux Presses de l’IFAO en 2021.

Daniel Loayza est enseignant, traducteur et dramaturge.
Ancien élève de l’École Normale Supérieure (rue d’Ulm), titulaire d’un DEA de philosophie, Daniel Loayza est professeur agrégé de lettres classiques. Depuis 1996, il est détaché à l’Odéon-Théâtre de l'Europe en qualité de conseiller artistique. Il a travaillé aux côtés de Georges Lavaudant sur plus d’une vingtaine de spectacles, mais aussi avec d'autres metteurs en scène, dont Transquinquennal, Catherine Marnas, Patrick Pineau, Dominique Pitoiset ou Delphine Salkin.
Traducteur, il a travaillé sur des œuvres d’Eschyle, Esope, Ménandre, Platon, Sophocle, Shakespeare, Edward Albee, Arthur Miller, Howard Barker, David Bellos, Richard Dresser, Tracy Letts, Avital Ronell, Rafael Spregelburd ou Mac Wellman, et remporté en 2001 le Molière de la meilleure adaptation théâtrale. Daniel Loayza préside depuis 2014 la Commission nationale d’aide à la création de textes dramatiques.

 

Séances

  Lieu Commentaires Réservation
06/12/2019 - 19h Auditorium du Louvre Durée : 1h

Informations pratiques

Auditorium du Louvre, sous la Pyramide

Tarif D : 8 euros, 6 euros (réduit) ou 4 euros (solidarité et jeunes)

Gratuit
- Adhérents Amis du Louvre Jeune ;
- Etudiants en art, histoire de l’art et architecture ;
- Personnel du ministère de la Culture et de la Communication ;
- Membres du Conseil International des Musées (ICOM)
Entrée libre dans la demi-heure précédant la manifestation, sur présentation d’un justificatif

Caisse de l’auditorium
Du lundi au dimanche (sauf le mardi) de 9h à 17h15, et les mercredis et vendredis jusqu’à 19h15.

Par téléphone 01 40 20 55 00
du lundi au vendredi (sauf mardi) de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.

Sur internet
www.fnac.com

Accès
Métro : Palais-Royal / Musée du Louvre.
Entrée par la Pyramide, le passage Richelieu (de 9h à 17h30,jusqu’à 18h les mercredis et vendredis), ou les galeries du Carrousel.
Parc de stationnement du Carrousel ouvert de 7h à 23h.

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