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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>Les « premières voix romaines de Londres ». Les tablettes à...

Par Roger Tomlin, Oxford University

Quand ils pouvaient s’en procurer, les Romains écrivaient sur papyrus bien que ce support fût coûteux puisqu’il fallait l’acheminer d’Égypte. Dans les provinces occidentales notamment, on avait recours à divers substituts comme des tablettes de bois sur lesquelles on écrivait à l’encre à l’aide d’un pinceau, à l’instar de celles qui furent retrouvées en Angleterre dans le fort de Vindolanda, ou de tablettes couvertes de cire incisée à la pointe du stylet, exhumées en Égypte, en Roumanie, à Pompéi et Herculanum, à Windisch en Suisse et un peu partout dans l’Empire. Solides et réutilisables, ces tablettes de cire se prêtaient parfaitement à la correspondance et aux documents officiels, mais elles servaient également de carnets de notes ou de livres de comptes. Le site qui en a fourni récemment le plus grand nombre a été fouillé par les archéologues londoniens sur le chantier du nouveau siège européen du groupe Bloomberg, le géant de la finance et des médias. Ces 400 tablettes étaient conservées dans les profonds dépôts argileux du Walbrook, un affluent de la Tamise dont le cours passe sous la Banque d’Angleterre et le cœur financier de Londres. Il ne s’agit pas d’archives, mais d’un dépotoir abandonné par les premiers habitants de Londinium (future Londres), des négociants romains venus développer leurs affaires. Toutes ces tablettes à écrire ont perdu leur revêtement de cire, mais environ quatre-vingts d’entre elles demeurent lisibles, le stylet utilisé pour graver la cire ayant laissé des traces sur le bois.
L’une de ces tablettes porte la date du 8 janvier 57, soit peu après la fondation de la cité de Londinium à la fin des années 40 de notre ère : un négociant reconnaît devoir une certaine somme pour une marchandise reçue. C’est le plus ancien document financier dont nous disposons pour Londinium. Quelque quatre années plus tard, la ville est détruite lors de la révolte de la reine celte Boadicée, alors que, selon Tacite, la cité fourmille d’hommes d’affaires et de négociants. À peine un ou deux ans plus tard, une tablette datée du 21 octobre 62 établit un contrat de transport pour vingt chargements de denrées en provenance de Verulamium (Hertfordshire), une autre cité détruite par Boadicée, ce qui suggère pour Londinium un redressement rapide. D’autres textes concernent des mesures de restriction sur les transports d’animaux, une pénurie de numéraire pour les paiements en espèces, un prêt commercial mal avisé. L’ensemble constitue un précieux témoignage, d’autant plus vivant qu’il est spontané, sur une communauté de négociants particulièrement réactive. On y trouve même mention d’un officier bien connu des lecteurs de Tacite, l’aristocrate gaulois Julius Classicus, l’un des meneurs, dix ans plus tard, de la grande révolte qui ébranlera l’ordre romain dans les provinces rhénanes.

Roger Tomlin a dispensé des cours d’histoire de l’antiquité classique à l’Université d’Oxford, où il obtint un doctorat pour sa thèse sur l’empereur Valentinien Ier. Il enseigna dans des universités américaines et britanniques avant de retrouver Oxford où il prononçait des conférences sur  l’histoire de l’Antiquité romaine tardive jusqu’à sa retraite en 2010. Il réside toujours à Oxford, avec le titre d’Emeritus Fellow du Wolfson College. Il coordonne la publication du corpus des Roman inscriptions of Britain et assure pour la revue Britannia le compte rendu annuel des nouvelles découvertes dans ce domaine. Parmi les plus remarquables, il faut compter l’exceptionnelle mise au jour de textes cursifs du Ier siècle de notre ère, exhumés sur le site Bloomberg dans la City de Londres, que Roger Tomlin a publiés en 2016 dans Roman London’s first voices : Writing Tablets from the Bloomberg excavations, 2010-14.

Informations pratiques

Lieu :
Auditorium du Louvre sous la pyramide.

Tarif D : 8 euros, 6 euros (réduit) ou 4 euros (solidarité et jeunes)
Gratuit avec la carte "Amis du Louvre Jeune" dans la limite d’un quota de places garanties.
Gratuit pour les étudiants en art, histoire de l’art et architecture
Retrait des billets une heure avant à la banque d’accueil de l’auditorium.

Caisse de l’auditorium
Du lundi au dimanche (sauf le mardi) de 9h à 17h15, et les mercredis et vendredis jusqu’à 19h15.
Fermeture du 29 juin au 30 août inclus.

Par téléphone 01 40 20 55 00
du lundi au vendredi (sauf mardi) de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.

Sur internet
www.fnac.com

Accès
Métro : Palais-Royal / Musée du Louvre.
Entrée par la Pyramide, le passage Richelieu (de 9h à 17h30,jusqu’à 18h les mercredis et vendredis), ou les galeries du Carrousel.
Parc de stationnement du Carrousel ouvert de 7h à 23h.

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