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Œuvre Couros

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines : Art grec archaïque (du VIIe au VIe siècle av. J.-C.)

Couros

© 1997 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités grecques, étrusques et romaines
Art grec archaïque (du VIIe au VIe siècle av. J.-C.)

Auteur(s) :
Marie-Bénédicte Astier

Le couros de bronze de la collection Gillet illustre un des types statuaires majeurs de l'époque archaïque. La figurine obéit à de strictes conventions, effet du conservatisme religieux. Les progrès réalisés dans l'observation et la maîtrise de l'anatomie s'y dessinent déjà, de même que les indices d'un langage stylistique spécifique. La statuette, qui présente un crâne sphérique, des épaules larges, un bassin étroit et des muscles puissants, s'inscrit dans le corpus des créations argiennes.

Le couros, figure religieuse au schéma conventionnel

Les collections de bronzes du musée du Louvre se sont enrichies en 1973, grâce à la générosité de la famille Gillet, d'une statuette masculine illustrant l'un des types majeurs de la sculpture grecque d'époque archaïque : le couros. La figurine obéit à de strictes conventions qui sont le fruit d'un conservatisme religieux dû à la fonction votive de l'objet : elle montre un jeune homme nu présenté de face, les bras le long du corps, la jambe gauche légèrement avancée.

Une création d'un atelier d'Argos

La statuette est apparentée aux imposants Cléobis et Biton, deux couroï de marbre conservés au musée de Delphes et attribués à un artiste d'Argos (au nord-est du Péloponnèse). Hormis quelques menues différences dans le détail, dues en partie au changement d'échelle et de matériau, la structure du corps est la même avec de larges épaules, un bassin étroit, des genoux fortement soulignés et des muscles puissants. Le dessin du visage, trapézoïdal, et la forme sphérique du crâne sont également semblables. Tous trois manifestent la volonté des sculpteurs de signaler, par un langage stylistique spécifique, leur appartenance à une communauté civique. Plusieurs fragments de statuettes ainsi qu'un riche ensemble de terres cuites découvertes au temple d'Aphrodite, à Argos même, présentent des traits analogues qui semblent assurer l'attribution du petit couros au corpus des œuvres argiennes.

Un prétexte pour l'étude de l'anatomie humaine

Le bronze du Louvre paraît cependant moins strictement géométrique que les grandes statues de Delphes. Le type du couros permet aux sculpteurs de réaliser des études anatomiques du corps masculin et de s'essayer à sa représentation, progressant peu à peu vers une observation plus fidèle et mieux maîtrisée de la musculature et des traits du visage. Les yeux du "couros Gillet" ne sont plus totalement de face et sont incisés, ajoutant à l'expressivité du personnage. Les passages des plans sont plus souples, plus subtils. Le modelé de l'abdomen trahit une approche plus nuancée de l'anatomie par la disparition de l'arc thoracique, le dessin des clavicules et l'adoucissement des pectoraux. La statuette du Louvre est donc de peu postérieure à ses illustres modèles, créés vers 590-580 av. J.-C. : elle semble avoir été réalisée vers 575-570 avant notre ère.

Bibliographie

- ROLLEY C., La sculpture grecque. 1- Des origines au milieu du Ve siècle, Paris, 1994, p. 168-169, fig. 147.

- ROLLEY C., "Une statuette archaïque au Musée du Louvre", in Revue Archéologique, 1975, 1, p. 3-12.

- DUVAL N., "Un petit" kouros "archaïque en bronze", in La Revue du Louvre, 1974, p. 313-318.

Cartel

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