Deux pleurants du tombeau de Jean de Berry | Musée du Louvre | Paris

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Deux pleurants, Jean de Cambrai, 15e siècle, marbre

© 2016 Musée du Louvre / Philippe Fuzeau

Sculptures
France, Moyen Age

Auteur(s) :
Pierre-Yves Le Pogam

Il y a tout juste 600 ans mourait le duc de Berry, Jean de France (1340-1416). Par une belle coïncidence, le musée du Louvre vient d’acquérir deux pleurants provenant de son tombeau et dus au sculpteur Jean de Cambrai, au début du 15e siècle. Ils viennent rejoindre deux autres pleurants déjà conservés dans les collections du musée et qui appartiennent à une seconde campagne de travaux, du milieu du 15e siècle, par Etienne Bobillet et Paul Mosselmann. Ces deux derniers pleurants sont visibles au Pavillon de l’Horloge (2e étage), où ils illustrent un programme de recherche du musée dédié à l’emploi de l’albâtre comme matériau de la sculpture dans l’art français entre le 14e et le 16e siècle. Ils sont en effet en albâtre, contrairement aux pleurants de la première campagne de travaux, réalisés en marbre.

Au cœur de la guerre de Cent Ans, malgré les ravages dus aux conflits armés, aux épidémies ou à la famine, la production artistique a connu des niveaux inégalés en France sous le règne de Charles VI (1380-1422). L’un des mécènes les plus célèbres de cette époque a été l’oncle du roi, Jean de France, duc de Berry (1340-1416). Ayant plutôt échoué dans ses ambitions politiques, il a utilisé son immense fortune pour commander des chefs-d’œuvre à des artistes hors pair, comme les peintres Jean Malouel et ses neveux, les frères de Limbourg (voir au département des Peintures plusieurs tableaux attribués à ces peintres et enlumineurs). Comme il était habituel depuis un siècle environ, le duc s’occupa de sa propre sépulture de son vivant. Après bien des hésitations, il choisit en 1403 de reposer à Bourges, la capitale de son duché, dans une nouvelle institution qu’il avait fondée peu auparavant, une Sainte-Chapelle inspirée par le modèle de celle de Paris. Au 18e siècle, l’édifice a été démoli à cause des rivalités entre le clergé de la Sainte-Chapelle et celui de la cathédrale de Bourges, toute proche, mais il reste plusieurs reproductions antérieures à sa destruction. Le tombeau du duc fut alors transféré dans la cathédrale, non sans dommages, et la situation empira avec la Révolution. Depuis, seul reste à la cathédrale le gisant du duc, tandis que les pleurants (et quelques niches) sont dispersés dans le monde entier, depuis New York jusqu’à Saint-Petersbourg, en passant par le musée de Bourges.

Le duc de Berry doit avoir commandé son tombeau après 1403. Il s’adressa à l’un de ses sculpteurs favoris, Jean de Cambrai. Le tombeau était probablement inachevé à la mort du duc en 1416, puisqu’au milieu du 15e siècle, le roi Charles VII (1422-1461) dut régler aux héritiers de Jean de Cambrai un payement partiel et qu’il demanda à deux sculpteurs, Etienne Bobillet et Paul Mosselmann, la réalisation des pleurants manquants.

Le style de Jean de Cambrai est bien reconnaissable sur les deux pleurants que le Louvre vient d’acquérir et se retrouve sur les autres œuvres dues au sculpteur (notamment les trois autres pleurants du tombeau, conservés à Bourges et Saint-Petersbourg, le relief orné du Sommeil des apôtres, ou encore la Vierge à l’Enfant de Marcoussis). De manière paradoxale, alors que Jean de Cambrai exerce son art au cœur d’une période, le « gothique international », caractérisée par la recherche du mouvement, de la fantaisie, voire de la bizarrerie, son style est marqué par une simplicité des formes qui va presque jusqu’à l’abstraction. Dans les deux pleurants du Louvre, le costume de deuil enveloppe le corps comme le suaire d’un cadavre ou d’un fantôme, mais le mouvement des mains qui remontent anime le bas des drapés et les retrousse en forme de nuage. Le gisant du duc est tout aussi original. Si l’effigie montre les traits bien reconnaissables de Jean de France et présente le défunt dans tout son apparat, le duc tient un phylactère dont le texte évoque le caractère éphémère de la noblesse, des richesses et de la gloire terrestres.

Cartel

  • Jean de Cambrai, 15e siècle, Deux pleurants, marbre

  • Marbre

  • 2016

  • Sculptures

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai, 8 mai et 25 décembre

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