Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Etude d’après un des Caprices de Goya, deux plats de reliures...

Œuvre Etude d’après un des Caprices de Goya, deux plats de reliures médiévales et une veste orientale

Musée national Eugène-Delacroix

Etude d’après un des Caprices de Goya, deux plats de reliures médiévales et une veste orientale, Eugène Delacroix

© 2010 Musée du Louvre / Harry Bréjat

Musée national Eugène-Delacroix

Auteur(s) :
Catherine Adam

Révélatrice des diverses sources d’inspiration de Delacroix dans les années 1820, la toile séduit par la grande générosité de matière, la rapidité de la touche en mouvement et l’énergie de la brosse. Pour donner vie à la matière, le peintre n’a pas hésité à la strier par endroits de la hampe de son pinceau. Tout ceci donne la sensation d’une jubilation picturale.


Un tableau à décrypter. Goya d’abord...
 

Delacroix y a placé, au gré de sa fantaisie plusieurs motifs qui témoignent de ses sources d’inspiration, à la fois riches et diverses. Les deux figures à gauche sont tirées de la planche 27 des Caprices de Goya intitulée Quien mas rendido ? (Qui est plus votre esclave ?). Le jeune peintre a découvert cette suite gravée à l’eau-forte auprès de ses amis d’enfance Louis et Félix Guillemardet dont le père avait été ambassadeur de France en Espagne en 1798 et 1799, précisément au moment de la parution des Caprices. Si l’on en croit son Journal, il possédait très tôt quelques estampes du maître espagnol et quand il décide de se mettre sérieusement à la pratique de la lithographie, il y consigne le 19 mars 1824 : « Projets superbes à ce sujet. Charges dans le genre de Goya ». Enfin, le département des Arts graphiques conserve une quinzaine de feuilles d’études de Delacroix d’après Goya.


L’orient ensuite...
 

À côté du couple se trouve l’esquisse d’une veste orientale qui n’est pas sans rappeler les études de costumes ottomans que Delacroix réalisa entre 1822 et 1825 à partir des vêtements empruntés à son ami Jules-Robert Auguste (1789-1850) qui avait eu l’occasion de voyager jusqu’en Asie Mineure. Ce dernier accueillait bien volontiers chez lui, rue des Martyrs, les jeunes artistes et leur prêtaient des accessoires qu’il avait ramenés de ses périples. Géricault, Delacroix, Bonington, Rivet, Schwiter et Soulier se retrouvaient souvent dans les années 1820 dans cette espèce de petit phalanstère. C’est aussi l’époque où Delacroix réfléchit au sujet des Scènes du massacre de Scio, son second grand tableau qu’il va présenter au Salon de 1824 et pour lequel il avait besoin de se documenter sur les costumes grecs et turcs. Une étude de veste ottomane au crayon conservée dans la collection Karen B. Cohen à New York et portant la mention « velours rouge » est très proche de ce modèle-ci.


Les arts somptuaires du Moyen Age
 

Enfin, dans la partie supérieure on trouve deux plats de reliures carolingiens qui sont conservés à la Bibliothèque nationale. Delacroix allait très souvent rue de Richelieu, dans ce qui s’appelait alors Bibliothèque royale, copier sur le vif miniatures persanes, monnaies antiques ou encore, comme ici les manuscrits médiévaux. Mais cette fois-ci, c’est la richesse du décor des reliures qui a retenu toute son attention. A gauche, on identifie le manuscrit dit des Évangiles de Metz (vers 845-855) et à droite, les Évangiles de Drogon (vers 860-870), reconnaissables grâce à leurs plaques d’ivoire sculpté enchâssés dans des bordures d’orfèvrerie rehaussées d’émaux cloisonnés et de pierres précieuses. C’est là encore une preuve de la grande ouverture d’esprit de Delacroix qui en homme curieux s’intéresse à toutes les formes d’art et s’ouvre aux témoignages du passé national.


Un tableau qui revient dans l’atelier du peintre
 

Selon les dernières volontés de Delacroix, les œuvres de son atelier furent vendues à l’hôtel Drouot la semaine du 22 au 29 février 1864. Ce fut un évènement parisien et les amateurs s’y sont bousculés pour acquérir le moindre témoignage de l’œuvre du grand peintre récemment disparu. Notre tableau provient vraisemblablement du lot 221 qui en regroupait plusieurs et dont l’un des acquéreurs fut le critique d’art Philippe Burty (1830-1890). De sa collection le tableau passa ensuite dans celle de Paul-Arthur Cheramy (1840-c. 1914), avant d’être acquis en 1908 par la célèbre marchande d’art asiatique Florine Langweil (1861-1958) et de rester dans sa descendance jusqu’à son achat par le musée.

Bibliographie

- JOHNSON Lee, The Paintings of Eugène Delacroix. A Critical Catalogue, Oxford, Clarendon Press, 1981, t. I, n°L34.
- JOHNSON Lee, Eugène Delacroix. Further Correspondence. 1817-1863, Oxford, Clarendon Press, 1991, p. 59 et 149.
- HANNOOSH Michèle éd., Eugène Delacroix. Journal, Paris, José Corti, 2009, t. I, p. 796, 1051, t. II, p. 1242, 1375-1376.

Cartel

  • Eugène DELACROIX (Charenton-Saint-Maurice, 1798 - Paris, 1863)

    Etude d’après un des Caprices de Goya, deux plats de reliures médiévales et une veste orientale

  • Huile sur toile

  • Achat

    MD 2011-1

  • Musée national Eugène-Delacroix

Informations pratiques

Adresse :
Musée national Eugène Delacroix
6 rue de Furstenberg
75 006 Paris
Tél. : 00 33 (0)1 44 41 86 50
Fax : 00 33 (0)1 43 54 36 70

Accès :
Métro : Saint-Germain-des-Prés (ligne 4), Mabillon (ligne 10)
Bus : 39, 63, 70, 86, 95, 96
Parcs de stationnement : rue des Saints-Pères (face à la faculté de médecine) carrefour Saint-Germain-des-Prés/ rue de Rennes
Taxis : carrefour Saint-Germain-des-Prés/ rue de Rennes

Horaires :
Le musée est ouvert tous les jours, sauf les mardis, de 9h30 à 17h00 (fermeture des caisses à 16h30).

Jours de fermeture :
Fermé les jours fériers suivants : le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.