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Œuvre Gourde à l’emblème d’Alphonse II d’Este, duc de Ferrare (1533-1597)

Département des Objets d'art : Renaissance

Gourde de pèlerin à l’emblème d’Alphonse II d’Este, duc de Ferrare

© 2015 Musée du Louvre / Harry Bréjat

Objets d'art
Renaissance

Auteur(s) :
Françoise Barbe

La gourde présente deux passants sur les côtés (qui forment en réalité les cornes des mascarons latéraux) à l’imitation des bouteilles à large panse portées par les pèlerins – une typologie fréquente dans la vaisselle de verre, de céramique et de métal au 16e siècle. Mais cet objet de prestige n’a sans doute jamais servi à cet usage et fait partie d’un service bien connu portant l’emblème Ardet Aeternum, l’un des plus ambitieux réalisés dans l’atelier des Patanazzi à Urbino (Italie) à la fin du 16e siècle, dont une quarantaine de pièces sont actuellement conservées en collections publiques et privées. Aucun document d’archives ne nous renseigne sur son ampleur initiale, mais la grande diversité des formes des pièces conservées – vases petits et grands, gourdes et aiguières, salières, bassins, plats et assiettes de diamètres variés – laisse penser qu’il était fort important. 

Cette gourde à l’emblème d’Alphonse II d’Este (1533-1597) est venue rejoindre en 2015 deux autres pièces de ce célèbre service dans les collections du musée du Louvre : un petit vase et un grand plat trilobé, entrés dans les collections respectivement en 1856 (donation Sauvageot) et 1861 (collection Campana). Sur le col étroit de la gourde se détache, des deux côtés, l’image d’une pierre surmontée de hautes flammes, entourée d’un phylactère portant l’inscription latine Ardet Aeternum (« il/elle brûle éternellement »). Il s’agit de ce que les humanistes appellent une impresa, associant une figure à la signification obscure et une brève devise qui s’illustrent réciproquement. Ici, le minéral brûlant d’un feu inextinguible, déjà décrit dans l’Antiquité par Pline l’Ancien (asbestos, il s’agit de l’amiante), associé à la devise Ardet Aeternum évoque certainement un amour éternel. Après avoir longtemps été considéré comme exécuté à l’occasion du troisième mariage d’Alphonse II d’Este avec Marguerite de Gonzague en 1579, ce service en faïence semble être en réalité plus tardif. En effet, il n’est pas évoqué dans l’inventaire après décès du duc, qui meurt en 1597, et le style de ses ornements témoigne plutôt des réalisations de l’extrême fin du 16e siècle.
Toutes les pièces du service sont ornées de motifs de grotesques se détachant sur un fond blanc. Le terme de « grotesques » évoque un décor fantaisiste combinant des animaux ou des êtres fantastiques mi-humains mi-animaux, des bustes, des têtes ailées, des masques, des dauphins, des putti et des accessoires à l’antique, tels que des cornes d’abondance, des paniers chargés de fruits, des vases, des voiles… Il trouve son origine dans les décors peints de la Maison Dorée construite à Rome pour l’Empereur Néron et dont les immenses salles sont mises au jour par les archéologues de la fin du 15e siècle : elles ont plutôt l’aspect de grottes et les fresques qui ornent leurs voûtes prennent alors le nom de grotesche.
Dès la fin du 15e siècle, les peintres de majolique utilisent les motifs de grotesques, mais ces derniers se détachent alors sur des fonds très colorés. Les grotesques sur fond blanc correspondent, eux, à un genre nouveau qui s’inspire plus spécifiquement des décors peints par Raphaël au Vatican au milieu des années 1510 et qui n’apparaît que bien plus tard sur la faïence, à la fin des années 1560. S’il est impossible de savoir qui fut à l’initiative de leur invention, ils deviennent la clé du succès d’Orazio Fontana et de son collaborateur Antonio Patanazzi à Urbino. À partir des années 1580, et jusque dans les premières décennies du 17e siècle, la famille des Patanazzi – Antonio, Alfonso, Francesco et Vincenzo – domine le marché. Si elle perpétue les décors et les formes hérités des Fontana, son style évolue rapidement avec une exécution plus rapide et une palette plus limitée. La part réservée au décor ornemental augmente progressivement jusqu’à envahir, à la fin du 16e siècle, la quasi-totalité de la surface des pièces, comme c’est le cas pour les pièces du service d’Alphonse II d’Este.
Toute la surface de la gourde, mis à part ses reliefs (les mascarons sur les côtés qui se terminent en larges volutes au centre de la panse), est ainsi ornée de grotesques se répondant symétriquement de part et d’autre d’un axe vertical passant entre les volutes, traversant le médaillon à fond bleu et se terminant, sur le col, par l’emblème Ardet Aeternum. Les seules figures qui apparaissent sur chaque face de la gourde, dans un médaillon sur un fond bleu, sont celle de Cupidon puni, les mains liées par un ruban, autre référence à l’amour.

Cartel

  • Gourde à l’emblème d’Alphonse II d’Este, duc de Ferrare (1533-1597)

    Vers 1585-1600

    Urbino

  • Matériau : faïence

  • 2015

    Atelier des Patanazzi Dimensions : H. totale : 42 cm (bouchon moderne)

    OA 12542

  • Objets d'art

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2019

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