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Œuvre La Diseuse de bonne aventure

Département des Peintures : Peinture française

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La Diseuse de bonne aventure

© 2004 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
Stéphanie Koenig

Attribué autrefois à Bartolomeo Manfredi (1582 - après 1622), alors que certains y voyait la main de Theodore Rombouts (1597 - 1637), ce tableau fut par la suite restitué à Nicolas Régnier par Roberto Longhi en 1935.

La "méthode de Manfredi"

On ignore si Régnier fut l’élève de Bartolomeo Manfredi ; néanmoins l’écrivain et peintre allemand Joachim von Sandrart (1606-1688) n’hésite pas à le rapprocher de la Manfrediana methodus. Qu’est-ce que la « méthode de Manfredi » ? Disciple de Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit le Caravage (1571-1610), Manfredi s’est inspiré du travail de son maître et l’a simplifié. Cette diffusion à travers son propre style pictural et cette simplification, tout en lui restant fidèle, a ainsi rendu accessible le caravagisme aux peintres étrangers : Dirck van Baburen, Gerrit von Honthorst, Nicolas Régnier, Nicolas Tournier et Valentin de Boulogne entre autres. Si Manfredi a codifié le répertoire caravagesque, chacun de ces peintres a participé à l’enrichir sous un mode particulier. Il est certain que Régnier fut l’un des principaux adeptes de la « méthode de Manfredi » et il s’employa à apporter au caravagisme un certain raffinement en parant ses personnages de costumes de théâtre ou d’habits élégants (vêtements multicolores, chapeau à plume de l’homme en arrière-plan) s’attachant au rendu des matières. Ainsi, la robe ample et scintillante de la jeune femme aux boucles d’or, qui offre la paume de sa main à la bohémienne, illumine cette scène. Que ce soit le tapis coloré posé sur la table sur laquelle elle est accoudée, ou la colonne que l’on devine en arrière plan, tous ces éléments participent à cette recherche de somptuosité et de théâtralisation. Il s’agit plus d’une mode artistique que d’une méthode et Régnier a su l’adapter à sa palette avec des tonalités raffinées et précieuses. Par son exécution brillante, il se détourna du clair-obscur fortement contrasté du Caravage et développa un caravagisme doux et sophistiqué dans une manière plus lisse.

Le trompeur trompé

La belle ingénue au teint laiteux, opposée aux peaux mates des bohémiennes, offre sa main afin qu’on lui prédise l’avenir alors qu’une complice de la diseuse de bonne aventure lui subtilise sa bourse. Au dernier plan, l’homme au chapeau à plumes vole quant à lui un coq à la bohémienne. La composition s’organise autour de jeux de mains et de contrastes chromatiques et thématiques, entre la jeune femme incarnant une certaine pureté, opposée à la vielle femme au visage sombre. Cette scène de chiromancie représente le thème moral du dupeur dupé, si souvent peint par les caravagesques, et le regard de l’homme vers le spectateur l’invite à rire de cette scène burlesque qui se joue sous ses yeux.

Les caravagesques français

Le caravagisme est issu d’une diffusion des créations du Caravage par ses disciples italiens, puis par des peintres étrangers travaillant à Rome. Ce langage pictural commun à un certain nombre de peintres du début du XVIIe en France et dans toute l’Europe, révèle une grande sensibilité au naturalisme et à l’utilisation du clair-obscur. Les motifs du caravagisme sont déclinés aussi bien à travers la peinture religieuse que dans les scènes profanes, où les peintres ont souvent recours à un cadrage serré. Avec Valentin en tête, Régnier et Tournier vont exporter les leçons du Caravage en France. Mais c’est aussi dans le sud de la France, en Languedoc, que va émerger un caravagisme provincial, qui connaîtra une plus grande longévité qu’à Paris. Ailleurs, en Lorraine, l’œuvre de Georges de La Tour, qui a peint essentiellement des scènes nocturnes éclairées à la bougie, peut être considérée comme l’une des manifestations les plus singulières de l’influence du clair-obscur caravagesque.

Bibliographie

- Annick Lemoine, Nicolas Régnier (Nicolò Renieri), ca. 1588-1667. Peintre, collectionneur et marchand d’art, Paris, Arthena, 2007, n° 61 pp. 256-257.

- Arnauld Brejon de Lavergnée et Jean-Pierre Cuzin, Valentin et les caravagesques français, cat. exp. Paris, Galerie du Grand Palais, 13 février - 15 avril 1974, Paris, RMN, 1974.

- http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=14280

- http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=1115

Cartel

  • Nicolas RÉGNIER (Maubeuge, vers 1588 - Venise, 1667)

    La Diseuse de bonne aventure

    Vers 1626

  • H. : 1,27 m. ; L. : 1,5 m.

  • Acquis en 1816 , 1816

    INV. 366

  • Peintures

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45 à partir de janvier 2019

Fermetures :
Le 25 décembre 2018
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2019

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