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Le portrait de Lafage dans un cadre soutenu par des tritons

Arts graphiques
XVIIe siècle

Auteur(s) :
Hélène Grollemund

Les autoportraits de La Fage sont nombreux et ont été plusieurs fois gravés. Tous présentent ce même caractère burlesque qui conforte la réputation scandaleuse de cet artiste très doué qui, avant de mourir à vingt-huit ans, ne montra guère de penchant à développer son exceptionnelle virtuosité dont témoignent de très nombreux, sinon innombrables dessins.

Les plaisirs de l'artiste

En pleine maîtrise de son talent et d’un langage allégorique usité généralement pour des thèmes plus élevés, Raymond La Fage a placé son effigie dans un médaillon soutenu par Bacchus, un satyre et un triton ; au-dessus flottent trois enfants (génies ou amours) tenant des feuilles de papier, une planche de cuivre, des pinceaux, des crayons et un stylet ou poinçon. Ces figures ont été ainsi expliqués par Pierre-Jean Mariette : « Il luy fallait des sujets qui demandent du mouvement, du fracas, de la joye ; c’était dans ces sortes de compositions qu’il se surpassait surtout lorsqu’il avait à y exprimer les divers effets du vin et de l’amour » (Abecedario, III, 1854, p. 38).

Autodérision et provocation

La Fage s’est plu à mettre l’accent sur son visage ingrat traité comme une caricature ; l’artiste, d’après un autre de ses contemporains, Bernard Dupuis du Grez, « estait un assez petit homme, camard, noireau, il avait la mine assez basse […] il aurait préféré des sardines à des perdrix » (Traité sur la peinture […], 1699).
Les autoportraits allégoriques insistent sur son appétit charnel, en accord avec sa réputation scandaleuse. Mariette rend compte d’un Portrait de l’auteur au milieu de plusieurs figures allégoriques qui ont trait à son caractère, gravé par Vermeulen ; les portraits conservés au British Museum de Londres, au château de Windsor, au Kunstmuseum de Düsseldorf ou au Nationalmuseum de Stockholm (avec le développement de la composition ici traitée) sont de la même veine.Cependant, Perrin Stein insiste sur le fait que La Fage se représente non pas en train de prendre part aux scènes allégoriques, mais prêt à les représenter, le pinceau à la main.
La Fage a également placé son portrait dans des compositions comportant des allusions précises : une Fête de Priape, des Nymphes et des satyres au bain (Nationalmuseum, Stockholm). Il poussera la dérision de lui-même et de son art en se mettant en scène de façon fort désavantageuse : buvant dans un cabaret, menaçant d’une épée un homme étendu à terre… L’une des planches des Triomphes de Bacchus aux Indes, gravées par Ertinger, apporte une variante : La Fage y est entouré par la Sottise et l’Envie. Nous apporterait-elle un éclairage sur l’ensemble de sa production ?

Diffusion par la gravure

Cet autoportrait a été exécuté probablement en Italie en 1679 ou 1680, comme le suggère le catalogue de la vente de Pierre Crozat, financier, grand amateur d’art, mécène et collectionneur qui aurait, selon Mariette, commencé sa prestigieuse collection en faisant l’acquisition des dessins de La Fage « dès l’année 1683 ». L’artiste grava lui-même son portrait en sens inverse, puis le dessin fut gravé par Jacques Coelemans en 1701 alors qu’il se trouvait dans le cabinet de Jean-Baptiste Boyer d’Aiguilles à Aix-en-Provence. Il est vraisemblable qu’il fut offert par l’artiste lui-même à ce collectionneur qui l’avait hébergé à son retour de Rome en 1680. Une copie à la plume de notre dessin est conservée au Wallraf-Richartz-Museum de Cologne.

Bibliographie

- J.-F. MEJANES, cat. exp. Visages du Grand Siècle : le portrait français sous le règne de Louis XIV, 1660-1715, Nantes, Musée des Beaux-Arts, Toulouse Musée des Augustins, 1997, notice 27.

- J.-F. MEJANES, cat. exp. Dessins français du XVIIIème siècle de Watteau à Lemoyne, Paris, musée du Louvre, 1987, notice 29.

- J. PENENT, cat. exp. Le Portrait toulousain de 1550 à 1800, Toulouse, Musée des Augustins, 1987, notice 55.

- P. STEIN, French Drawings from the British Museum – Clouet to Seurat, cat. exp. New York, the Metropolitan Museum of Art, Londres, British Museum, 2005.

En savoir plus

- C. HATTORI, « A la recherche des dessins de Pierre Crozat », Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art Français, 1997, p. 179-201

Cartel

  • LA FAGE Raymond

    Le portrait de Lafage dans un cadre soutenu par des tritons

  • INV 27349

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2019

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Informations complémentaires

Signé sur le socle : R. Lafage.