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Madame de Verninac, sous les attributs de Diane chasseresse

© 2011 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

Sculptures
France, XIXe siècle

Auteur(s) :
Montalbetti Valérie

Le lyonnais Chinard, brillant portraitiste de l’époque bonapartiste, ressuscite le buste mythologique dans cette évocation de la sœur aînée du peintre Delacroix. Il met en valeur la beauté sculpturale et le tempérament impétueux du modèle. L’œuvre séduit par la vitalité qui en émane et par la délicatesse du travail du marbre.

Artiste officiel

Le modèle, Henriette Delacroix (1780-1827) était la sœur aînée du peintre. Elle épousa Raymond de Verninac, préfet du Rhône de 1800 à 1802. Celui-ci fut l’instigateur à Lyon d’une société réunissant artistes, littérateurs et savants, l’Athénée, à laquelle prit part Joseph Chinard, artiste officiel de la ville. Le préfet passa sans doute très tôt la commande du buste
de sa femme, car Chinard en présenta le modèle au Salon de 1800 à Paris. Le marbre n’était pas achevé lorsque Verninac quitta Lyon pour devenir ambassadeur en Suisse. Il fut présenté au salon de 1808.

Portrait mythologique

L’œuvre offre la particularité de ressusciter le portrait mythologique, genre un peu passé de mode, et plus fréquent en peinture qu’en sculpture. Elle figurait au Salon en même temps que deux autres portraits de ce type, Fanny Perrin en Flore (Clermont-Ferrand, musée Bargouin) et Mme Ab. en Sapho. Autre singularité, il s’agit d’un buste avec bras, type assez rare dans la sculpture française mais dont la sculpture baroque italienne offre de nombreux exemples. Tout en l’adaptant à un langage néoclassique, Chinard montre une prédilection pour ce type de buste, comme le rappelle une de ses œuvres les plus célèbres, le portrait de Juliette Récamier (Lyon, musée des Beaux-Arts).

Elégance et audace

Dans ce buste majestueux, Chinard met en valeur la beauté sculpturale d’une femme aux formes opulentes, sans toutefois idéaliser le modèle, dont il ne dissimule pas le cou un peu empâté et le nez fort. Le profil décidé et le regard dominateur révèlent une personnalité affirmée. La vitalité de la figure s’exprime dans le mouvement de la tête et dans le geste
de la main droite qui éprouve la pointe de la flèche. Chinard sait merveilleusement rendre la simplicité recherchée des toilettes de la période bonapartiste : élégance du drapé croisé à l’arrière, audace des voiles qui dénudent la poitrine. La position de la tête permet d’admirer la coiffure savante, dont les mèches s’éparpillent dans un négligé très étudié, couronnée du croissant de Diane. Le sculpteur s’illustre par la délicatesse du travail du marbre et le raffinement des détails : rinceaux du baudrier ou glands bordant le tissu. Est-ce l’éminente qualité de ce buste qui amena le peintre David, qui avait représenté le même modèle (musée du Louvre), à refuser que son tableau soit exposé au Salon de 1800 auprès de l’œuvre de Chinard ?

Bibliographie

- ROCHER-JAUNEAU Madeleine, « Un dessin de Chinard ? », in Bulletin des musées et monuments lyonnais, vol. V, 1972-1973, pp.27-31.

- Seven centuries of European Sculpture, catalogue de l’exposition, Galerie Heim, Londres, 1982, n°38.

- GAGORIT Jean-René, « Madame de Verninac en Diane chasseresse préparant ses traits », in Nouvelles acquisitions du département des sculptures (1980-1983), Paris, 1984, pp.70-71.

- Anciens et Nouveaux, choix d’œuvres acquises par l’État ou avec sa participation de 1981 à 1985, catalogue de l’exposition,  Galeries nationales du Grand Palais 1985-86, Paris, 1985, p.181.

- Dominique Vivant Denon, l’œil de Napoléon, catalogue de l’exposition, Louvre, 1999-2000, Paris, 1999, n°427.

Cartel

  • Joseph CHINARD (Lyon, 1756 - Lyon, 1813)

    Madame de Verninac, sous les attributs de Diane chasseresse

    1808Exposé au Salon de 1808

  • Marbre

    H. : 0,85 m. ; L. : 0,56 m. ; Pr. : 0,32 m.

  • Achat 1983 , 1983

    R.F. 3655

  • Sculptures

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Chaudet
    Salle 225

Informations pratiques

Conformément aux directives gouvernementales de lutte contre la propagation du virus Covid-19, le musée du Louvre et le musée national Eugène-Delacroix sont fermés jusqu'au mardi 15 décembre inclus.

Les visiteurs ayant acheté un billet pour cette période seront remboursés automatiquement. Aucune démarche n’est nécessaire.

Le jardin des Tuileries et le jardin du Carrousel sont ouverts.

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