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Figure de fantaisie. Portrait présumé de la comtesse de Graves (1730-1807), dit autrefois Portrait de la Guimard

© 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
Sylvie Dubois

Le portrait de cette toute jeune femme, probablement la danseuse Marie -Madeleine Guimard (1743-1816), se rattache à la série des Figures de fantaisie créée par Jean-Honoré Fragonard autour de 1769. Elle donne l’impression de virevolter tout en prenant appui sur un entablement.

Iconographie

Après avoir débuté dans le corps de ballet de la Comédie Française, Marie-Madeleine Guimard  est engagée comme danseuse en 1761 à l’Opéra de Paris, où elle  s’illustra dans une cinquantaine de rôles. Les témoignages de ses contemporains ne manquent pas  sur son caractère piquant et enjoué et surtout son extrême sveltesse,- que certaines mauvaises langues inspirées par  ses rivales n’hésitent pas à surnommer le « squelette des Grâces ». C’est le rapprochement avec un buste en marbre de la danseuse, œuvre du sculpteur Gaetano Merchi  daté de 1779 (Bibliothèque de l’Opéra) -dont une version en terre cuite est conservée au musée des Arts décoratifs - qui a permis à la fin du XIX e siècle d’identifier le modèle de la peinture de Fragonard avec certitude : on retrouve le  port de tête élégant, le regard charmeur et malicieux ainsi que les traits aigus.

Les Figures de fantaisie

Ce portrait s’inscrit dans la série dite "Figures de fantaisie", au nombre de quatorze connues à ce jour, dont on ignore le ou les commanditaires. Sept autres tableaux de cet ensemble sont conservés au Louvre ; il s’agit de l’Inspiration, de l’Etude, du Portrait d’un jeune artiste, des portraits de Diderot, d’Anne-François d’Harcourt, de Saint-Non et de La Bretèche, ce dernier seul daté 1769. Il s’agit de portraits en général à mi-corps -, derrière un entablement de pierre, souvent en costume dit à l’espagnole, évoquant le monde du théâtre, avec, parfois, posés devant eux des objets symboliques pas toujours faciles à interpréter. Ces peintures brossées d’une touche très rapide (l’étiquette de l’un d’eux indique qu’il aurait été fait « en une heure de temps »),  associant des coloris chers aux peintres du Nord comme le vert, le brun, l’ocre et le rouge rehaussé de blanc crème se situent dans la  lignée  de Rembrandt et de Frans Hals. Ils évoquent plus des caractères que des portraits bien qu’ils aient eu pour modèles des familiers du peintre.

La Guimard protectrice des arts

Ses talents de première danseuse ne furent pas seuls à contribuer à sa célébrité, mais aussi  les  soupers et les soirées théâtrales qu’elle organisait dans sa maison de campagne de Pantin et dans son hôtel particulier de la rue de la Chaussée d’Antin à Paris  fréquentées par de hauts personnages de la Cour. Les largesses de ses amants au nombre desquels figuraient Jean-Benjamin de La Borde (1734-1794), premier valet de chambre du Roi, puis fermier général, le maréchal de Soubise, Mgr de Jarente, évêque d’Orléans lui permirent de mener un train de vie fastueux. Parallèlement à  cette vie mondaine, elle joua un rôle de  mécène  très actif ; elle confia la construction de son hôtel parisien, détruit depuis, à Claude-Nicolas Ledoux (17361806), Jean-Honoré Fragonard fut chargé de la décoration du Grand Salon, mais, à la suite d’une brouille avec la Guimard en 1773, il renonça à ce  chantier, le jeune Jacques-Louis David prit le relais et acheva le plafond.

Bibliographie

- CUZIN Jean-Pierre, Jean-Honoré Fragonard : vie et œuvre, Fribourg : Office du Livre, 1987.

- ROSENBERG Pierre, Fragonard, catalogue d'exposition, Galeries nationales du Grand Palais 1987 - 1988, Editions de la Réunions des musées nationaux, Paris, 1987.

- LAROUSSE Pierre, "Despréaux (Marie-Madeleine, dame)", in Grand Larousse universe du XIX e siècle, Librairie Larousse et Boyer, Paris, 1870, p. 584 .

- ROSENBERG Pierre, COMPIN Isabelle, « Quatre nouveaux Fragonard au Louvre. I* ».in Revue du Louvre et des musées de France, 1974, n°3, p. 183 – 192.

- ROSENBERG Pierre, Tout l’œuvre peint de Fragonard., Flammarion, Paris, 1989.

Cartel

  • Jean-Honoré FRAGONARD (Grasse, 1732 - Paris, 1806)

    Figure de fantaisie. Portrait présumé de la comtesse de Graves (1730-1807), dit autrefois Portrait de la Guimard

    Vers 1769

  • H. : 0,82 m. ; L. : 0,65 m.

  • Acquis par dation en 1974 , 1974

    R.F. 1974-1

  • Peintures

    Aile Sully
    2e étage
    Fragonard
    Salle 929

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai, 8 mai et 25 décembre

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