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Œuvre Mercure

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines : Art grec classique (du Ve au IVe siècle av. J.-C.)

Mercure

© 1999 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités grecques, étrusques et romaines
Art grec classique (du Ve au IVe siècle av. J.-C.)

Auteur(s) :
Sophie Descamps

Cette statuette, qui appartenait au roi Louis XIV, est l'adaptation d'une oeuvre de Polyclète, sculpteur grec du Ve siècle av. J.-C. Le dieu Mercure tenait le caducée dans la main gauche et la bourse de commerce dans la main droite, attributs qui ont disparu, de même que les ailettes fixées dans la chevelure, parce qu'ils étaient en métal précieux.

Une pièce privilégiée des collections royales

Entrée dans les collections royales avant 1684 comme en témoigne l'inventaire du Garde-Meuble de la Couronne, cette statuette compte aujourd'hui parmi les chefs-d'œuvre du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.
La finesse de son exécution lui a valu d'être exposée au tout début du XVIIIe siècle dans l'appartement de Louis XIV à Versailles, alors même que son état fragmentaire - il manque trois doigts à la main droite - ne répondait pas aux critères esthétiques de l'époque. Mais les incrustations d'argent pour les yeux et de cuivre rouge pour les lèvres ou les pointes des seins, qui illustrent les recherches de polychromie dans le domaine de la statuaire de bronze antique, expliquent que l'œuvre ait été décrite comme particulièrement précieuse.

Mercure

La statuette représente Mercure : le dieu tenait le caducée à gauche et la bourse du commerce à droite, selon un schéma iconographique bien documenté par ailleurs. Ces attributs, ainsi que les ailettes fixées à des encoches dans la chevelure, ont été arrachés dans l'Antiquité, sans doute parce qu'ils étaient en métal précieux.

Un écho des recherches de Polyclète

Cette œuvre est l'adaptation romaine d'un grand bronze disparu réalisé vers 460 av. J.-C. par le sculpteur grec Polyclète, un discophore dont plusieurs répliques en marbre conservent également le souvenir. Dans la création originale, l'athlète tenait le disque contre sa cuisse gauche. Il faut sans doute reconnaître dans le discophore "l'homme nu qui marche sur le talon" mentionné par Pline l'Ancien. Polyclète était alors à l'aube de ses recherches sur la pondération et les proportions du corps humain, avant la rédaction de son traité théorique - le Canon - et l'élaboration du Doryphore. Il n'avait pas encore envisagé de relever le talon du côté de la jambe libre. Il apportait toutefois déjà une solution aux difficultés rencontrées par les sculpteurs qui, depuis près d'un quart de siècle, observaient les effets du déplacement du poids du corps sur une seule jambe, et les réponses des muscles diversement sollicités.
L'équilibre de la pondération polyclétéenne repose sur une approche savamment réfléchie de la figure humaine. La statuette du Louvre tourne la tête du côté de la jambe qui porte le poids du corps. L'épaule est abaissée du même côté, alors que la hanche est relevée, afin d'accentuer encore la tension des muscles de l'abdomen. Du côté de la jambe libre, à gauche, l'épaule est au contraire légèrement relevée, et la hanche abaissée : les muscles étirés participent ainsi à l'impression d'allégement. Il est possible de lire également l'attitude en termes de réponses croisées : la hanche droite et l'épaule gauche sont relevées ; la hanche gauche et l'épaule droite sont abaissées. Cette répartition diagonale, qui suit les branches du chi grec, est appelée chiasme polyclétéen. La figure est construite enfin autour d'un axe vertical qui lui confère une parfaite stabilité.

Bibliographie

- DE RIDDER A., Bronzes antiques du Louvre, Paris, 1913, n 183.

- LANDAIS H., "Some Bronzes from the Girardon Collection", The Connoisseur, CXL-VIII, octobre 1961, p. 141.

- BOUCHER S., "Le bronze 183 du Musée du Louvre, l'Hermès de Polyclète et le Mercure arverne", in Latomus, t. XXX, 1971, pp. 317-327.

- BOUCHER S., "A propos de l'Hermès de Polyclète", Bulletin de Correspondance Hellénique, t. C, 1976, pp. 95-102.

- Polyklet, catalogue d'exposition, Francfort, Liebieghaus, 1990, n 186.

- Les Bronzes de la Couronne, catalogue d'exposition, 12 avril - 12 juillet 1999, Musée du Louvre, Paris n 85, p. 99.

Cartel

  • Mercure

    Première moitié du Ier siècle après J.-C.

  • Bronze incrusté de cuivre et d'argent

    H. : 21 cm.

  • Garde-meuble de la Couronne, avant 1684, N° 85

    Br 183

  • Antiquités grecques, étrusques et romaines

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Salle d'art grec classique et hellénistique
    Salle 344

Informations pratiques

Le musée du Louvre est ouvert tous les jours sauf le mardi. Le port du masque est obligatoire. Retrouvez sur cette page toutes les informations sur les conditions de visite de cet été.

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2020

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