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Œuvre Mosaïque funéraire de Nardus, Turassus et Restitutus

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines : Art chrétien et byzantin

Mosaïque funéraire

© Musée du Louvre

Antiquités grecques, étrusques et romaines
Art chrétien et byzantin

Auteur(s) :
Charlotte Lepetoukha

Ce panneau correspond à un type de couvercle de tombe fréquemment inséré dans le sol des églises d'Afrique du Nord à l'époque paléochrétienne. Le décor, très caractéristique, multiplie les références à la symbolique chrétienne et témoigne de l’espérance du fidèle à trouver le salut.
Les dimensions de l’œuvre ainsi que les particularités de l’inscription laissent supposer que le panneau a été remanié lorsque la tombe, à l’origine individuelle, est devenue collective.

Mosaïque funéraire

L’élément principal de cette mosaïque est l’inscription centrale qui court sur cinq lignes : « Nardus aîné, Turassus cadet, Restitutus cadet est parti (sic) la veille des ides de mai. Fidèles en paix ». Autour de cette épitaphe se développe un décor composé à gauche de deux oiseaux affrontés de part et d’autre d’une tige de rosier, et d’une couronne entourant un chrisme flanqué des lettres grecques alpha et oméga. A droite s’épanouit une vigne. L’ensemble est encadré par une épaisse bordure composée d’une tresse et de denticules.

Symbolique chrétienne

L’inscription signale clairement la fonction funéraire du panneau, qui marquait une tombe collective, tandis le répertoire iconographique puise largement dans la symbolique chrétienne et la promesse d’un salut après la mort.
On retrouve ainsi des éléments récurrents de l’art funéraire chrétien, tels les oiseaux, la vigne, symbole de l’arbre de vie, et le chrisme entouré de l’alpha et de l’oméga. Le chrisme, qui associe les lettres grecques chi et rho (soit les deux premières lettres du mot « christ » en grec), est un symbole du christianisme depuis Constantin qui en fit son emblème lors de la bataille de Pont Milvius en 312. L’alpha et l’oméga, première et dernière lettres de l’alphabet grec, sont une allusion à un passage de l’Apocalypse (I, 4-8) où Dieu se définit lui-même comme l’alpha et l’oméga, le principe et la fin de toute chose.

Un panneau remanié

Cette œuvre est tout à fait représentative des monuments funéraires érigés en Afrique du Nord à l’époque paléochrétienne. Elle est notamment très semblable à certains panneaux datés des IVe et Ve siècles mis au jour dans d’anciennes églises tunisiennes. Il n’était pas rare en effet que les sépultures soient creusées à l’intérieur même de l’édifice, leur couvercle en mosaïque venant décorer le pavement de l’église.
Ainsi, le type d’épitaphe et le décor organisé de façon tripartite, où le chrisme marque la tête de la sépulture, sont typiques de ces panneaux funéraires tunisiens. Nous sommes donc en présence d’une tradition artisanale homogène, disposant d’un répertoire commun, et dont le caractère générique explique la rudesse de l’exécution.
Fruit d’une production en série, cette mosaïque se distingue cependant par les particularités de son inscription. Ainsi, Nardus et Turassus sont des noms qui ne se retrouvent que rarement dans les documents de l’époque. Autre originalité, la présence d’une expression accordée au singulier (« est parti la veille des ides ») dans une épitaphe concernant trois défunts. Il semble qu’à l’origine, la mosaïque marquait la tombe d’un seul personnage, ce qui pourrait être confirmé par les dimensions du panneau, qui conviennent à une tombe individuelle. L’inscription aurait été remaniée lors de la dernière inhumation, ce qui expliquerait l’emplacement inhabituel de la mention « fidèles en paix », placée à la fin de l’épitaphe et non, comme c’est l’usage, immédiatement après le nom du défunt.

Bibliographie

- DUVAL N., Karthago, IX, Paris, 1958, p. 241.

- BARATTE F., Catalogue des mosaïques romaines et paléochrétiennes du Musée du Louvre, Paris, 1978, n°40, pp. 80-82.

Cartel

  • Mosaïque funéraire

    Fin IVe - début Ve siècle après J.-C.

    Ancienne Pupput près d'Hammamet, Tunisie

  • Marbre, calcaire

    l. : 2 m. ; L. : 0,83 m.

  • Don de la direction des Antiquités de Tunisie, 1901 , 1901

    N° d'entrée MND 512 (n° usuel Ma 3334)

  • Antiquités grecques, étrusques et romaines

    Aile Denon
    Rez-de-chaussée
    Galerie des mosaïques
    Salle 418

Informations pratiques

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Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2020

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Informations complémentaires

Une inscription : « Nardu aîné, Turassus cadet, Restitutus cadet est parti (sic) la veille des ides de mai. Fidèles en paix »