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Œuvre Philosophe tenant un livre et un rouleau de papier

Département des Peintures : Peinture italienne

Philosophe tenant un livre et un rouleau de papier

© 1995 RMN / Hervé Lewandowski

Peintures
Peinture italienne

Auteur(s) :
Constance Lavagne d'Ortigue

Ce tableau, comme les trois autres Philosophes qui lui sont associés, a été longtemps attribué à Jusepe de Ribera (1591 - 1652) dont il s'inspire effectivement. Aucune identification satisfaisante avec l'un des grands philosophes de l'Antiquité n'a pu être proposée pour ces figures.

Une influence caravagesque

Vu à mi-corps jusqu’aux genoux, de trois-quarts devant une table, un philosophe en tunique rouge tient un rouleau de papier dans la main gauche et un livre dans la main droite. Par son dénuement, ce tableau invite le spectateur à s’interroger sur le caractère secondaire des apparences face à la primauté de l’esprit.
Si ce personnage ressemble à certains modèles de Jusepe Ribera peints à partir des années 1650, Giordano insiste davantage sur l’aspect déguenillé des philosophes qui portent des vêtements rapiécés. Il se plaît à imaginer leurs effigies dans des antres sordides et vêtues de haillons mais ils se distinguent par la puissance de leur esprit, la subtilité de leur raisonnement et la richesse de leur connaissance. Le tableau témoigne de l’influence caravagesque, notamment dans le réalisme allié à de forts contrastes lumineux. On y retrouve le même rouge des chairs, tirant sur le brun chez Giordano, mais avec davantage de mollesse dans le modelé. Comme chez Ribera, le peintre laisse visible les coups de pinceau en insistant sur les effets de matière.
Luca Giordano fut probablement l’élève du peintre espagnol entre 1641 et 1650 et les parentés entre leurs créations à cette époque a entraîné des difficultés d’attribution. Le thème répété d’hommes sages, de mathématiciens ou d’astrologues s’explique par la présence à Naples de nombreux cercles culturels adeptes d’une éthique stoïque qui diffusaient l’enseignement scientifique et rationnel de Galilée, Gassendi et Descartes : ce tableau doit permettre au spectateur de s’interroger sur le caractère secondaire des apparences face à la primauté intellectuelle.

Une carrière brillante

Peintre précoce, Luca Giordano travailla à Naples dans l’atelier de son père Antonio puis dans celui de Ribera. Son aisance et sa rapidité dans l’exercice de la peinture lui valut le surnom de « Luca Fa Presto ». Il se rendit à Rome où il fut profondément marqué par l’art de Pierre de Cortone.
Aimable pasticheur, Giordano exécutait avec la même facilité un tableau dans le style de n’importe quel peintre et grava à l’eau forte quelques estampes qui montrent ses qualités de dessinateur. Lors de ses voyages successifs dans les divers foyers artistiques de l’Italie, il copia les grands maîtres à Rome, Florence, Milan et à Venise, puis retourna à Naples avant de se mettre au service du grand duc Cosme III à Florence en 1667. Passant sous celui du roi d’Espagne Charles II en 1692, il peignit à fresque le plafond de la chapelle et l’escalier de l’Escurial, avant de participer à la décoration du grand salon du Buen Retiro et de la voûte de la chapelle royale à Madrid. A la mort du roi, Giordano accompagna à Naples le nouveau souverain et peignit  la sacristie de la Chartreuse Saint Martin (1704), chef d’œuvre baroque de peinture claire.

Bibliographie

- LOIRE S., Peintures italiennes du XVIIe siècle du musée du Louvre, Florence, Gênes, Lombardie, Naples, Rome et Venise, Paris, 2006, p.179-185.

Cartel

  • Luca GIORDANO (Naples, 1634 - Naples, 1705)

    Philosophe tenant un livre et un rouleau de papier

    Vers 1660

  • H. : 1,28 m. ; L. : 1,03 m.

  • Legs Louis La Caze, 1869 , 1869

    M.I. 897

  • Peintures

    Aile Denon
    1er étage
    Salvator Rosa
    Salle 717

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2019

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