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Œuvre Polyxène devant le tombeau d'Achille

Département des Peintures : Peinture italienne

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Polyxène devant le tombeau d'Achille

© 2002 RMN / René-Gabriel Ojéda

Peintures
Peinture italienne

Auteur(s) :
Constance Lavagne d'Ortigue

Le sujet est décrit notamment par Ovide (Métamorphoses, XIII, 439-480) : après la chute de Troie, Polyxène, fille de Priam et d'Hécube, fut conduite sur la tombe d'Achille, à qui elle avait été fiancée, par Pyrrhus, le fils de celui-ci, afin d'être sacrifiée sur un bûcher. Ce tableau est le pendant de La Continence de Scipion (INV. 565).

Une scène de théâtre

Un guerrier conduit Polyxène au sacrifice vers le monument qui renferme les cendres d’Achille, son fiancé. A droite, un prêtre agenouillé fait des libations sur un trépied tandis qu’un jeune acolyte porte le couteau sacré sur un plat d‘argent. Dans le fond, d’autres prêtres se préparent ; à gauche, un groupe de soldats monte la garde et une jeune fille effrayée se prosterne sur les genoux de sa mère.
Le tableau du Louvre est une réplique tardive d’un immense tableau de Pittoni initialement prévu pour décorer une salle de bal et conservé au palais Taverna de Rome. Comme dans le Sacrifice de la fille de Jephté conservé au Palais royal de Gênes,  des éléments de mise en scène reviennent notamment l’urne entre les colonnes ou le chien à droite. De même, dans le Massacre des innocents (aujourd’hui à Milan), le même soldat tenant un drapeau. Pittoni a peint ce sujet plusieurs fois au début des années 1730. Il en existe plusieurs versions. Le peintre apparaît plus à son aise dans des compositions réduites et peuplées de petites figures que dans les vastes tableaux. Du point de vue stylistique, l’œuvre se rapproche de la manière opulente et décorative de Giambattista Tiepolo (1696-1770).
Avec de précieux objets et une gamme de tons chatoyants, la technique de montage et la reprise des détails théâtraux assimilent la peinture de Pittoni à un exercice de décoration où le sujet mythologique et sa portée symbolique occupent une place secondaire. Le sujet traité dans ce tableau apparaît souvent dans la peinture vénitienne du XVIIIe siècle car les sacrifices d’Iphigénie, de Polyxène, ou de Melchisédech permettaient de représenter une héroïne demi-nue. Ici, l’émotion liée au sacrifice et à la mort tragique de la princesse troyenne est si absente que la scène fut souvent lue, à tort, comme étant celle où Andromaque se rend avec Enée sur le tombeau d’Hector.

Un peintre rococo

Instruit par son oncle Francesco, Pittoni appartenait à une famille d’artistes qui s’était illustrée au XVIe siècle avec un autre Giambattista, miniaturiste et graveur. Aux côtés de Giambattista Tiepolo et Giambattista Piazzetta (1683-1754), il est considéré comme l’un des plus importants peintres d’histoire du rococo vénitien avec Giovanni Antonio Pellegrini (1675-1741) et Sebastiano Ricci (1659-1734). Son propre style fut très influencé par Antonio Balestra (1666-1740) et Luca Giordano (1634-1705). En 1756, il sera chargé par le gouvernement de la République de choisir les premiers membres de l’Académie de Venise avec Tiepolo et le sculpteur Giovan Maria Morlaiter (1699-1781).
Son travail révèle une connaissance approfondie de l’art de Tiepolo et des schémas rococo français. Son œuvre est divisé entre les sujets religieux et profanes, tirés de l’histoire classique ou de la littérature. Son langage, qui se répandit en Allemagne, en Autriche et jusqu’en Pologne,  résultait d’un mélange particulier de clarté et de légèreté dans la touche ainsi que d’une plasticité formelle unie dans l’utilisation dramatique des couleurs. Dans sa période de maturité, le coloris se fait toujours plus clair, les compositions deviennent plus gracieuses et plus enveloppées. C’est pour l’artiste le moment le plus élégant et le plus rococo.
Dans ses dernières années, Pittoni semble avoir éprouvé la crise académisante que traversait la culture picturale vénitienne depuis le milieu du XVIIIe siècle ; ses œuvres tardives trahissent une relative froideur et une cristallisation des formes.

Cartel

  • Giambattista PITTONI (Venise, 1687 - Venise, 1767)

    Polyxène devant le tombeau d'Achille

    Vers 1733 - 1735

  • H. : 0,56 m. ; L. : 0,96 m.

  • Ancienne collection (présent au Louvre dès 1793)

    INV. 564

  • Peintures

    Aile Denon
    1er étage
    Collection Othon Kaufmann et François Schlageter
    Salle 724

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45 à partir de janvier 2019

Fermetures :
Le 25 décembre 2018
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2019

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