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Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Portrait de Charles d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes (1625-1698)

Œuvre Portrait de Charles d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes (1625-1698)

Département des Sculptures : France, XVIIe et XVIIIe siècles

Portrait de Charles d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes (1625-1698) par Antoine Coysevox (1640-1720)

© Musée du Louvre / Angèle Dequier

Sculptures
France, XVIIe et XVIIIe siècles

Auteur(s) :
Valérie Carpentier Vanhaverbeke

Charles d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes, fut gouverneur de Bretagne durant un quart de siècle, de 1670 à 1695. Son buste en marbre est un très bel exemple des portraits de dignitaires au service du roi Louis XIV qu’a exécuté Antoine Coysevox, l’un des plus grands sculpteurs de ce règne et le meilleur portraitiste de son temps.

« La physionomie d’un bœuf » et « l’esprit le plus délicat »

Le duc de Chaulnes, pair de France et chevalier des Ordres du roi (1661), est successivement lieutenant général des armées du roi, gouverneur d’Amiens, puis capitaine-lieutenant des chevau-légers de la garde, et ambassadeur extraordinaire à Rome à plusieurs reprises. Le duc devient en 1670 gouverneur de Bretagne, où il réprime sévèrement la révolte dite du papier timbré. À partir de 1685 il œuvre activement pour la réalisation de la statue équestre de Louis XIV commandée par les États de Bretagne à Antoine Coysevox, détruite à la Révolution. Il finit sa vie comme gouverneur et commandant en Guyenne. Saint-Simon, dans ses Mémoires, décrit un homme d’une grande finesse sous une apparence ingrate : « C’était, sous la corpulence, la pesanteur, la physionomie d’un bœuf, l’esprit le plus délié, le plus délicat, le plus souple, le plus adroit à prendre et à pousser ses avantages avec tout l’agrément et la finesse possibles, jointe à une grande capacité et à une continuelle expérience de toute sortes d’affaires, et la réputation de la plus exacte probité ».

Un buste de grand dignitaire

L’exécution du portrait du duc de Chaulnes par Antoine Coysevox est documentée par les sources anciennes. Le buste, qui, selon les inventaires après décès, se trouvait très probablement au château de Chaulnes à la mort sans héritier du duc en 1698, s’y trouvait toujours en 1744 à la mort de Louis-Auguste d’Albert d’Ailly (cinquième fils de Charles-Honoré d’Albert de Luynes), qui avait récupéré le duché-pairie de Chaulnes. Il passa au château de Dampierre, à la faveur des liens entre les branches de Chaulnes et de Luynes, et y fut longtemps conservé. Imposant par ses dimensions, et d’une très grande qualité d’exécution, le buste s’inscrit pleinement dans la prestigieuse galerie de portraits exécutés par Coysevox entre 1676 et 1719, comprenant la famille royale (Louis XIV, le Grand Dauphin, le jeune Louis XV…), les grands artistes du règne (Le Brun, Le Nôtre…), et les grands dignitaires (Colbert, Le Tellier…).

Coysevox portraitiste de génie

Dans ce portrait, Coysevox ne masque pas l’embonpoint de son modèle, ni ses défauts physiques. Maniant avec une grande virtuosité le trépan dans les détails de la perruque et du costume, il parvient à animer avec une grande délicatesse les traits épais du duc que l’on connaît par divers portraits gravés. Les bustes officiels exécutés par Coysevox dans le dernier quart du XVIIe siècle se caractérisent par un équilibre subtil entre la majesté de la pose, proche comme ici de la composition des portraits royaux contemporains (portrait de Louis XIV conservé au musée des Beaux-Arts de Dijon, 1686), et une grande sensibilité dans le rendu des physionomies. C’est le cas par exemple dans le buste de Charles Le Brun, son morceau de réception à l’Académie, présenté en 1679 (musée du Louvre), ou encore dans celui du duc de Richelieu, daté de 1700 (musée Condé, Chantilly). Coysevox multiplie ensuite les portraits jusqu’à la fin de sa vie, laissant de nombreux chefs-d’œuvre, comme le buste de Marie Serre, mère du peintre Hyacinthe Rigaud, ou encore son autoportrait, tous deux conservés au musée du Louvre.

Bibliographie

CARPENTIER-VANHAVERBEKE Valérie, « "La physionomie d’un bœuf" et "l’esprit le plus délicat", le duc de Chaulnes par Antoine Coysevox », Grande Galerie, le Journal du Louvre, juin-juillet-août 2017, n° 40, p. 18.
KELLER-DORIAN Georges, Antoine Coysevox (1640-1720), Paris, 1920, t. II, p. 89.
SOUCHAL François, French sculptors of the 17th and 18th centuries, The reign of Louis XIV, London, t. IV, 1993, n° 114, p. 64.

Cartel

  • Antoine Coysevox (1640-1720)

    Portrait de Charles d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes (1625-1698)

  • Marbre

  • Achat, 2017

    Inv. RF 2017.1

  • Sculptures

    Aile Richelieu
    Entresol

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai, 8 mai et 25 décembre

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