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Œuvre Stèle funéraire d'une femme

Département des Antiquités orientales : Arabie

Stèle funéraire d'une femme

© 2010 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Arabie

Auteur(s) :
Isabelle Franceschi

Le musée du Louvre a enrichi ses collections d'art du Hauran, territoire du Sud de la Syrie, d'une stèle funéraire portant un buste de jeune femme avec, en grec, la mention de ses nom et filiation. L'image de la défunte est représentative du style des sculpteurs locaux de cette riche région arabe devenue province romaine, qui a su développer une civilisation indigène originale. L'épitaphe présente sur son côté illustre l'interpénétration des cultures hellénistique et arabe en Syrie intérieure.

Une interpénétration des cultures grecque et sémitique

Haute de 85 centimètres, la stèle porte un buste de jeune femme en haut-relief coupé à la taille et disposé au-dessus d'un talon cubique inscrit. Un texte de cinq lignes en grec révèle en effet son nom et sa filiation et, fait exceptionnel, la date du monument au lieu de l'âge de la défunte : "Obbè, fille de Sachamel, femme de Bassos, le 17 Gorpiaios en 455 [septembre 143 ap. J.-C.]". Tous ces noms propres étant d'origine sémitique, il s'agit bien là d'une famille syrienne. On retrouve deux de ces noms dans la région de Damas sur une stèle funéraire qui pourrait appartenir à la même lignée, selon l'habitude de reprendre les mêmes noms de génération en génération. Cet exemple d'épigraphie funéraire témoigne du brassage des cultures en Syrie du Sud. Les grands notables, citadins ou ruraux, n'hésitaient pas à faire graver sur leurs tombeaux de longues épitaphes en grec, langue des élites cultivées. Par ailleurs nombre d'entre eux, en conservant leur nom indigène et leurs traditions sémitiques, perpétuaient l'originalité de leur civilisation régionale.

Un exemple de sculpture à caractère hauranais

Cette stèle a sans doute été commandée par la famille de la défunte à un sculpteur originaire du Hauran ou formé dans l'un de ses nombreux ateliers. Devenue progressivement très prospère, cette province agricole a développé une civilisation indigène dont la forte originalité se manifeste notamment dans la production d'écoles locales de sculpteurs au style à la fois fruste et puissant. Ce monument commémoratif en est une illustration par son matériau, le basalte, pierre volcanique omniprésente dans la sculpture de la région, et par ses caractères stylistiques : l'aspect massif et stylisé de l'oeuvre et sa frontalité, constante dans ce type de sculpture funéraire.

Un personnage mélancolique

Le personnage, mal dégagé du support, donne l'impression de s'appuyer à un dossier. La face arrière est concave pour permettre au buste, qui devait être vu exclusivement de face, de s'adosser au fût d'une colonne. Peu modelé mais régulier, le visage présente des menton, maxillaires et cou forts. D'autres éléments sont encore plus caractéristiques du style du Hauran : les yeux sont en amande et très ouverts, avec des orbites saillantes sans pupille mais soulignées par un bourrelet qui s'étire vers les tempes ; la coiffure est ronde en couronne, avec deux mèches en virgule plaquées sur les joues. Les plis du costume, rendus par des traits épais qui épousent les formes du corps et soulignent les seins, rappellent le plissé des tuniques des nombreuses statues des Victoires du Hauran. Le manteau qui recouvre la tunique remonte sur le crâne en une sorte de calotte. La main droite ramenée en avant pour maintenir fermés les bords du manteau et l'avant-bras gauche fléchi le long du corps animent la stèle tout en empiétant sur le cadre de l'inscription. Les lignes légèrement tombantes de la bouche et des yeux confèrent enfin au visage une expression mélancolique.

Bibliographie

- ANDRE-SALVINI Béatrice, "Acquisitions. 3 : Stèle-portrait funéraire", in Revue du Louvre, n 5/6, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p. 95.

- Les Antiquités orientales : guide du visiteur, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1997, p. 278.

- Catalogue des acquisitions des trois départements d'antiques du musée du Louvre : 1988-2003, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, à paraître.

- Un Royaume aux confins du désert, Pétra et la Nabatène, catalogue d'exposition, Muséum de Lyon, 18 novembre 1978-28 février 1979, Lyon, Muséum de Lyon, 1978.

- SARTRE A., "Obbè fille de Sachamelos : un buste funéraire syrien", in Syria, n LXVII, Paris, Geuthner, 1990, pp. 675-685.

- SARTRE Maurice, D'Alexandre à Zénobie : histoire du Levant antique, IVe siècle avant J.-C.-IIIe siècle après J.-C., Fayard, Paris, 2001.

Cartel

  • Stèle funéraire d'une femme

    143 après J.-C.

    Hauran (Syrie du Sud)

  • Basalte

    H. : 85 cm.

  • Acquisition 1991 , 1991

    AO 30045

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Arabie : Arabie Heureuse, Arabie Déserte, VIIe siècle avant J.-C. - IIIe siècle après J.-C.
    Salle 314

Informations pratiques

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Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2020

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Informations complémentaires

En grec : "Obbè, fille de Sachamel, femme de Bassos, le 17 Gorpiaios en 455."