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Œuvre Tête de lion rugissant

Département des Arts graphiques : XIXe siècle

Tête de lion rugissant

RMN-Grand Palais - Photo M. Urtado

Arts graphiques
XIXe siècle

Auteur(s) :
Christine Chabod

Cette aquarelle représentant une tête de lion rugissant fut acquise par le musée du Louvre à la vente posthume de l’atelier de Delacroix en 1864. La facture audacieuse de cette composition s’allie à une analyse extrêmement intelligente de l’animal. Elle illustre avec éclat l’un des thèmes favoris d’Eugène Delacroix depuis sa jeunesse, l’étude des fauves et des animaux, qui trouvera son expression la plus achevée dans les nombreuses et grandes peintures de chasses exécutées entre 1848 et 1861.

Félins et chasses : un renouveau

Le thème des grands fauves, isolés ou mis en scène dans des tableaux de chasses, n’est pas en peinture un élément constitutif de la thématique romantique. Au contraire, la sculpture l’a abordé plus régulièrement, surtout grâce à Antoine-Louis Barye, sculpteur animalier, qui remporta un de ses premiers succès au Salon de 1833 avec son Lion au serpent (Musée du Louvre) commandé par Louis-Philippe.
Ces thèmes d’animaux et de chasses ne sont redevenus véritablement sujets de compositions picturales que vers 1840, en partie grâce au travail du peintre Eugène Delacroix qui s’est largement inspiré de l’héritage des maîtres des XVIIe et XVIIIe siècles. Fréquemment illustrés en France par Oudry et Desportes, en Italie par Jan Van der Straeten, en Hollande par Rembrandt ou en Flandre par Rubens, ces thèmes permettaient la création d’un très riche répertoire iconographique dans lequel ont pu puiser certains artistes romantiques, impressionnés par le monde des animaux et ses mystères.

Visites au Jardin zoologique

« Les tigres, les panthères, les jaguars, les lions. D’où vient le mouvement que la vue de tout cela produit chez moi », écrivait Delacroix dans son journal en 1847. Fasciné par les animaux sauvages, il les peindra tout au long de sa carrière. Très jeune déjà, il dessine, sous l’influence de son ami Géricault, de nombreuses études de chevaux. L’attirance pour les grands félins commence avec les escapades en compagnie de son ami Antoine-Louis Barye, à la foire de Saint-Cloud où existe une ménagerie de fauves et à la ménagerie du Museum d’histoire naturelle. Les deux artistes s’y rendent régulièrement et étudient, sur le vif, les animaux. « Le lion est mort. Au galop… » : ainsi Delacroix prévient-il Barye du décès d’un fauve au Jardin des Plantes. Les deux artistes se ruent au Museum afin d’assister à la dissection imminente de l’animal. Ils étudieront la dépouille du lion sous toutes ses coutures, à la recherche de son étrange et exotique beauté.

Une vision saisissante

Delacroix a vraisemblablement réalisée cette aquarelle à partir de l’un de ses dessins (coll. part.) qui présente de fortes similitudes avec deux études de Barye conservées à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Réalisées lors d’une dissection, elles appartiennent à une série annotée « jeune lion d’Alger » et sont datées des années 1833-1835. Les deux artistes auraient donc dessiné côte à côte le même animal. Par dessus un rapide tracé au graphite, Delacroix a promené son pinceau sur la feuille avec une science consommée, tantôt usant de la pointe, tantôt la pliant doucement, afin de moduler par des larges coulures de bruns et d’ocres le pelage et le mufle de l’animal qui surgit d’un fond sombre, d’intensité variable. Se détachant en gros plan de ces ombres mouvantes, la tête du lion, dont la crinière est soulignée par de longues flammes d’ocre vif, s’impose comme une apparition, à la fois menaçante et majestueuse.

Bibliographie

- ALLARD Sébastien, FABRE Côme, Delacroix, cat. exp. Paris, musée du Louvre, 2018, n° 36.

- ROBAUT Alfred, L'Oeuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographies. Paris, 1885.

- SERULLAZ Arlette, L’Aquarelle en France au XIX° siècle, cat. exp. Paris, Musée du Louvre, 1983, n° 45.

- SERULLAZ Arlette, Eugène Delacroix, Paris et Milan, 2004, n° 25.

- SERULLAZ Maurice et al, Inventaire général des dessins, école française. Dessins d’Eugène Delacroix 1798-1863, Paris, 1984, 1, n° 1063.

Cartel

  • DELACROIX Eugène

    Tête de lion rugissant

    Delacroix

  • Restauré en 2004

    H. : 18 cm. ; L. : 19.2 cm.

  • achat , 1864

    MI 893

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

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Le jardin des Tuileries et le jardin du Carrousel sont ouverts.

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