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Œuvre Zeuxis choisissant pour modèles les plus belles filles de Crotone

Département des Peintures : Peinture française

Zeuxis choisissant pour modèles les plus belles filles de Crotone, François-André Vincent

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
Kriser Danièle

Elève de son père, le miniaturiste François-Elie Vincent, puis de Joseph-Marie Vien (1716-1809) à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture, Grand Prix en 1768 avec « Germanicus apaisant la sédition dans son camp », François-André Vincent (1746-1816) séjourne à Rome de 1771 à 1775. Il est agréé à l’Académie royale en 1777, reçu en 1782 et expose régulièrement au Salon.
Artiste salué par la critique, il apprécie particulièrement les sujets empruntés à l’antiquité classique et à l’histoire nationale. Professeur à l’Académie en 1792, la carrière de Vincent marque la transition entre le XVIIIème siècle de Jean-Honoré Fragonard et le XIXème de Jacques-Louis David, son rival.
En juin 1799, il épouse son amie de longue date, Adélaïde Labille-Guiard (1749-1803), peintre et miniaturiste renommée.

Un ambitieux projet

Zeuxis, peintre grec d’Héraclée (vers 470-vers 400 avant Jésus-Christ), élève d’Apollodore et rival de Parrhasios, était connu pour sa recherche de l’illusion et l’éclat de ses couleurs. Sujets nobles, dessin précis et beauté de ses figures, firent de lui un artiste riche et très admiré, surtout pour ses représentations d’Hélène, de Jupiter, de Marsyas et des Centaures. Ses chefs-d’œuvre, admirés à Rome puis à Constantinople, tous perdus – détruits ?- sont abondamment cités par les Anciens.
Cicéron (De Inventione, 2, I, I) et Pline l’Ancien (Hist. Nat., 35-36) racontent l’ambitieux projet du peintre appelé à décorer le temple athénien de Héra Lacinia érigé au Vème siècle av. J.C. à Crotone (Calabre, Italie du sud) : devant peindre une image de la belle Hélène de Troie et ne trouvant pas de modèle dont la beauté traduirait celle de la déesse, Zeuxis reçut l'accord public des Crotoniates pour choisir les cinq plus belles jeunes filles de la ville afin de créer une beauté idéale à partir de leurs beautés particulières.
Le tableau de Vincent montre Zeuxis en train d'examiner les jeunes filles, modèles non professionnels dont le déshabillage un peu forcé heurte la pudeur, et esquissant le dessin de sa composition. Lève-t-il la main, admiratif et surpris par la beauté ou pour préserver la pudeur des jeunes filles ?

Une leçon de rigueur donnée à David

L’œuvre de Vincent illustre la rivalité avec David, dont «Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils » est également présenté au Salon de 1789 : il présente ici une méditation sur la beauté face à la leçon de morale civique de David.
Soucieux de vérité archéologique, il peint des attitudes venues de la sculpture antique et l’on reconnaît l’Arès Ludovisi (Zeuxis), l’Apollon du Belvédère, la Vénus pudique, une tête de philosophe grec et un portrait romain. Tout concourt à cette évocation archéologiquement correcte, les colonnes doriques de l’architecture connue par Zeuxis au Vème siècle, les deux vases grecs à figure rouge, cratère et olpé, placés sur le guéridon, les vêtements, sandales, bijoux, coiffures, cécryphale (filet) retenant un chignon, jusqu’au dessin d’Hélène sur la toile qui semble reprendre un dessin de vase grec. Seuls les meubles à l’antique dénotent plus de fantaisie et le bas-relief du fond, inspiré du Sarcophage des Muses, romain (Louvre, collection Borghese) est anachronique.
Ce tableau constitue ainsi une parfaite illustration du néo-classicisme, du « beau antique », formulé par l'archéologue et historien de l'art allemand Johann Joachim Winckelmann en 1764, dans son « Histoire de l'Art de l'Antiquité ».

Un « atelier du peintre »

Vincent réalise une composition audacieuse, centrée sur une grande surface claire -peinture en devenir- encadrée par le peintre et ses modèles, dessinant les horizontales de l'architecture, les verticales des colonnes et de la statue d'Athéna.
Il utilise une palette de couleurs vives opposant les jaunes, orangés et rouges à des mauves, lilas et bleu gris, sans oublier les blancs qu'il affectionne, tout en multipliant les morceaux de bravoure exaltés par une lumière qui pénètre par la gauche et sculpte les volumes.
Dessinateur, illustrateur et magistral coloriste, Vincent signe ici une œuvre ambitieuse qui flatte le goût de l'antique et que son maître Joseph-Marie Vien admire : « A l’exposition de cet ouvrage, j’ai eu le bonheur d’obtenir quelques succès, mon maître et le public m’ont donné des éloges » (à d’Angiviller, 2 mars 1790).

Bibliographie

- CUZIN Jean-Pierre, assisté par Isabelle Mayer-Michalon, François-André Vincent. 1746-1816. Entre Fragonard et David, Paris, Arthena, 2013

Cartel

  • François-André VINCENT ((Paris, 1746-Paris, 1816))

    Zeuxis choisissant pour modèles les plus belles filles de Crotone

    1789

    Peint pour Louis XVI, commande. Salons de 1789(n° 19) et 1791(n° 334) ; Gobelins en 1794 ; musée du Luxembourg ; musée du Louvre

    France

  • Huile sur toile

    H. : 3,23 m ; L. : 4,15 m

  • Collection de Louis XVI

    INV. 8453

  • Peintures

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45 à partir de janvier 2019

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre 2019

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