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Accueil>Visites & Activités>Pistes de visite>L’écriture et les signes chez les Egyptiens de l’Antiquité

Pistes de visite L’écriture et les signes chez les Egyptiens de l’Antiquité

Durée : 1h30 - Niveau : 6ème - Disciplines : Histoire des arts, Histoire, Français, Langues anciennes
Jours de faisabilité : Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi, Dimanche

La princesse Néfertiabet devant son repas
La princesse Néfertiabet devant son repas_vignette

© 2002 Musée du Louvre / Christian Décamps

Objectifs

À travers l’observation attentive de cinq œuvres de l’Égypte ancienne et le signalement de détails sur plusieurs autres, il s’agit d’amener l’élève de 6° à une compréhension du système d’écritures des Egyptiens anciens et de la place des signes, écriture et dessin, dans leur société, appréhendée essentiellement à travers les mythes et le culte funéraire.

Lors de cette visite, les élèves sont amenés à :
- comprendre le système de l’écriture hiéroglyphique, et déchiffrer quelques hiéroglyphes importants : sech (« écriture » et « scribe »), titulature de pharaon...
- lire une image égyptienne ; comprendre sa composition et ses symboles en ayant connaissance des règles de représentation qui la régissent.
- appréhender l’importance des codes historiques de certaines œuvres exposées dont l’aspect fragmentaire peut surprendre.
- découvrir les croyances et rituels funéraires des Égyptiens anciens.

Parti pris

Matériel

- Une feuille de papier, un crayon papier, une pochette rigide.

Fragment d'inscription gravée en hiéroglyphes soignés
Fragment d'inscription gravée en hiéroglyphes soignés_vignette

© 2003 Musée du Louvre / Christian Decamps

1Fragment d'inscription gravée en hiéroglyphes soignés

Sully RDC - salle 335 : Fragment d'inscription gravée en hiéroglyphes soignés, 25e - 26e dynastie, 715 - 525 av. J.-C. Calcaire. l. : 35 cm. ; L. : 28,5 cm. ; Pr. : 4 cm.

On commence la visite dans cette salle, pour présenter l’écriture sous tous ses angles : supports, types de textes, matériel du scribe, types d’écritures, histoire du déchiffrement. Pour cela, suivre les vitrines dans l’ordre où elles sont disposées, ou, en cas d’affluence dans la salle, opérer par thèmes. On observe un fragment de calcaire sur lequel sont gravés en creux des hiéroglyphes (« la dame Tahiouati »), que l’on déchiffre avec les élèves grâce au cartel. C’est l’occasion de décrire le système hiéroglyphique, où un signe équivaut à un son, plusieurs sons, ou n’est pas prononcé mais place le mot écrit dans une catégorie d’objets (déterminatif).

Dans la vitrine des instruments du scribe, on observe les palettes, calames, godets, pastilles de pigments, coupe-papyrus …

On multipliera les parallèles avec le monde de nos élèves : ils n’ont pas de difficulté à voir que l’ostrakon trouve son équivalent dans l’utilisation de feuilles déjà usagées pour du brouillon ; l’encre rouge servait déjà à écrire les titres et l’encre noire à rédiger les paragraphes …

Fragment de stèle : « décret de Canope »
Fragment de stèle : « décret de Canope »_vignette

© 2003 Musée du Louvre / Christian Decamps

2Fragment de stèle : « décret de Canope »

Sully RDC - salle 335 : Fragment de stèle : « décret de Canope », règne de Ptolémée III (246 - 222 av. J.-C.) Diorite. H. : 1,94 m. ; L. : 0,45 m. ; Pr. : 0,30 m.

Il est important lors de la présentation d’insister sur le fait qu’une langue peut être notée par des systèmes d’écritures différents. On partira du Français : on peut très bien écrire notre langue au moyen d’un alphabet, de dessins (rébus), du code morse … Les Égyptiens anciens, dont la langue n’a cessé d’évoluer sur plusieurs millénaires, ont eu jusqu’à trois systèmes d’écriture contemporains : les hiéroglyphes (pour les monuments essentiellement), le hiératique (pour les documents religieux), le démotique (pour l’administration).
On peut s’arrêter sur la stèle en diorite brisée verticalement et conservée pour moitié posée contre le mur de la salle (le « décret de Canope ») : les élèves découvriront avec étonnement qu’elle est épigraphiée, en se penchant de telle sorte que la lumière du jour devienne rasante et laisse apparaître des hiéroglyphes, du démotique ou du grec ancien. De fait, il s’agit là d’un décret rapporté par les troupes napoléoniennes qui, si elles se sont vu ravir la pierre de Rosette désormais au British Museum (et qui est un décret de la même époque que celui du Louvre, en bien meilleur état de conservation), ont gardé cet exemplaire. On peut dès lors évoquer Champollion et l’histoire du déchiffrement des hiéroglyphes avec les élèves.
A partir de maintenant, la visite va s’attacher à montrer l’importance de l’écriture dans la société égyptienne, en évoquant  la figure du scribe, centrale dans une administration très hiérarchisée et organisée ; le rôle de l’écriture d’un point de vue historique et sacré ; l’importance du nom dans le rite funéraire, et la valeur magique du signe.

Le dieu Amon protège Toutânkhamon
Le dieu Amon protège Toutânkhamon_vignette

© 2003 Musée du Louvre / Christian Decamps

3Le dieu Amon protège Toutânkhamon

Sully 1er étage - salle 640 : Le dieu Amon protège Toutânkhamon, 1336 - 1327 av. J.-C. Diorite. H. : 2,20 m. ; L. : 0,44 m. ; Pr. : 0,78 m.

La différence d’échelle entre les personnages révèle leurs statuts ; la couronne du dieu permet de l’identifier comme Amon, les restes du némès sur les épaules de l’homme comme un pharaon. Les élèves s’interrogent très vite sur la décapitation de la statue (qu’on a aussi privée de ses bras) du personnage situé entre les jambes du dieu : on rappelle la filiation supposée entre Toutankhamon et Akhenaton, qui explique la damnatio memoriae menant à la décapitation de la statue. L’écriture (le texte est situé à l’arrière du dieu, sur le montant de son trône) témoigne de la même volonté de faire oublier le nom du roi : dans le cartouche de son nom, une partie a été rasée, seul le nom du dieu contenu dans le nom du pharaon (Toutankh- Amon : « image vivante d’Amon ») n’est pas endommagée, afin de ne pas susciter la colère de la divinité.

Le scribe accroupi
Le scribe accroupi_vignette

© 2002 Musée du Louvre / Christian Décamps

4Le scribe accroupi

Sully 1er étage - salle 635 : Le scribe accroupi, 4e ou 5e dynastie, 2600 - 2350 avant J.-C. Calcaire peint, yeux incrustés de cristal de roche dans du cuivre. H. : 53,7 cm. ; L. : 44 cm. ; Pr. : 35 cm.

Faire décrire la position de la statue, le geste (et le trou dans la main où l’on plaçait un calame), le physique du personnage (sans perruque ; ventre important malgré la maigreur du thorax) ; interpréter l’embonpoint comme signe de l’importance sociale du scribe. On notera que le sens d’écriture courant allait de droite à gauche.
Aborder les problèmes que posent l’œuvre : le socle calcaire sur lequel devait être posée la statue du scribe portait les inscriptions nécessaires à son identification : nom, fonction, et par là, époque à laquelle il a vécu. Les égyptologues en sont donc réduits à des hypothèses concernant ce personnage.

Le prince Setka, fils du roi Didoufri, représenté dans l'attitude du scribe
Le prince Setka, fils du roi Didoufri, représenté dans l'attitude du scribe_vignette

© 1997 Musée du Louvre / Christian Larrieu

5Le prince Setka, fils du roi Didoufri, représenté dans l'attitude du scribe

Sully 1er étage - salle 635 : Le prince Setka, fils du roi Didoufri, représenté dans l'attitude du scribe, 2565 - 2558 av. J.-C., (4e dynastie) Quartzite. H. : 30 cm. ; L. : 23 cm. (statue

On comparera le Scribe accroupi à la Statue du prince Setka représenté en position de scribe dans la vitrine 4 de la salle suivante qui s’inscrit bien encore dans son socle en calcaire épigraphié. C’est l’occasion d’évoquer le haut rang princier de certains scribes.

La princesse Néfertiabet devant son repas
La princesse Néfertiabet devant son repas_vignette

© 2002 Musée du Louvre / Christian Décamps

6La princesse Néfertiabet devant son repas

Sully 1er étage - salle 635 : La princesse Néfertiabet devant son repas, règne de Khéops (2590 - 2565 av. J.-C.), 4e dynastie. Calcaire peint. H. : 37,7 cm. ; L. : 52,5 cm. : Pr. : 8,3 cm.

Faire asseoir les élèves en face de la vitrine 5 et leur demander de décrire la stèle  par étapes : la femme, les objets qui l’entourent, les parties de texte.

L’objet est intéressant à deux égards :
- par la représentation codifiée du corps humain. Voir les deux mains gauches, les deux pieds gauches, l’œil de face sur visage de profil, l’abdomen de profil mais les épaules de face …
- par le texte entourant la défunte et la forme même de la stèle qui fait office de cartouche (rectangulaire).

Son origine princière et son nom écrit au-dessus d’elle (« Fille du roi, Nefertiabet = la belle orientale »), les listes de denrées et objets (fards, lin) utiles à sa vie éternelle. C’est l’occasion de voir le système de numérotation des Egyptiens : tige de lotus pour « mille » (répété, le motif signifie « à l’infini »), spirale pour « cent ».

Rappeler que sans son nom, le défunt ne peut gagner l’Au-delà, puisque pour être convoqué au Tribunal d’Osiris, il faut être appelé ! Si les élèves ne réussissent pas à déchiffrer le texte, on peut leur donner les moyens de participer à sa lecture. Si on leur explique que les hiéroglyphes de lisent dans le sens inverse de la marche des animaux, on peut leur demander d’indiquer le sens de lecture sur cette stèle. Ils remarqueront par eux-mêmes qu’il n’est pas unique, mais que la princesse (qui constitue en soi un hiéroglyphe) et ses titres et nom au-dessus de sa tête se lisent de droite à gauche, tandis que le reste se lit de gauche à droite. Cela ordonne l’image : la femme reçoit les offrandes « écrites » placées en miroir par rapport à elle.
Pourquoi « écrire » les offrandes sur une stèle ? On arrive à la fonction magique du signe, à sa valeur performative. Ecrire (ou lire ici) le signe, c’est créer, produire pour le défunt ce qu’il représente et promettre ainsi, pour l’éternité, nourriture et objets de soin à la princesse.

Momie et parures de cartonnage de Ouahparê
Momie et parures de cartonnage de Ouahparê (détail)

© Musée du Louvre

7Momie et parures de cartonnage de Ouahparê

Sully RDC - salle 322 : Momie et parures de cartonnage de Ouahparê, époque ptolémaïque, 332-30 avant J.-C. Lin, tissus de lins enduits et peints. H. : 105,4 cm.


On peut lire aux élèves le texte d’Hérodote (Enquêtes II, 86-88) sur la momification, seule source connue, datant du Ve siècle. av. J.-C.
En cas d’affluence (souvent !), on peut attendre son tour en observant les instruments du rituel de l’ouverture de la bouche dans la vitrine qui fait face à la momie (doigts, herminette, simulacres de vases), le sarcophage...
On peut « utiliser » la momie comme point d’orgue de fin de parcours : la question de son exposition dans une vitrine suscite en général des réactions. On peut alors évoquer le sort des momies en occident depuis le XVIe siècle. (utilisées pour élaborer des poudres magiques ; achetées pour être exposées dans des cabinets de curiosité…), et insister sur l’importance de les préserver pour les étudier dans le cadre de la recherche scientifique actuelle. Le thème de la « malédiction de la momie » viendra peut-être aux lèvres des élèves : c’est l’occasion de parler de l’expédition d’Howard Carter, découvreur de la tombe de Toutankhâmon, ou encore de cinéma.

Sarcophage du roi Ramsès III
Sarcophage du roi Ramsès III_vignette

© 2005 Musée du Louvre / Christian Décamps

8Sarcophage du roi Ramsès III

Sully RDC - salle 323 : Sarcophage du roi Ramsès III, 1184 - 1153 av. J.-C. (20e dynastie) granite, 18 tonnes. H. : 1,80 m. ; l. : 3,05 m. ; L. : 1,50 m.

Certains objets peuvent illustrer le mythe d’Osiris dont sont friands les 6ème : le pilied djed (colonne vertébrale d’Osiris) comme décor de sarcophage, la cuve de Ramsès III figurant d’un côté Isis, de l’autre Nephtys ; les papyrus en vitrine dans les escaliers menant à la cuve, présentant une scène de dévotion du défunt présenté à Osiris, de la pesée de l’âme au Tribunal d’Osiris (noter Thot à tête d’Ibis comme greffier du jugement, portant une palette de scribe).