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Parcours Chefs-d'oeuvre du Louvre, Aile Denon

Parcours thématique - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

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La Victoire de Samothrace - visite chefs-d’œuvre - 278 * 175 px
La Victoire de Samothrace - visite chefs-d’œuvre - 278 * 175 px

© 2014 Musée du Louvre / Philippe Fuzeau

00Introduction

Ce parcours de visite vous permettra d'admirer quelques oeuvres majeures de la Renaissance italienne : autour de la Joconde, vous découvrirez d'autres chefs-d'oeuvre de Léonard de Vinci, mais aussi des peintures universellement connues de Raphaël, Ghirlandaio et Arcimboldo.
Sans oublier une vue inoubliable sur la célèbre Victoire de Samothrace, vous aborderez également les collections de peinture française du XIXe siècle. L'œuvre d'art acquiert alors de nouvelles fonctions et le chef-d'œuvre n'est plus forcément synonyme de beau,  d'abstraction esthétique visant à la délectation. Certaines oeuvres résonnent de cette nouvelle tonalité, annonçant sur bien des points le statut des oeuvres contemporaines dans notre société.

Ce parcours a été conçu pour permettre aux personnes à mobilité réduite de découvrir les chefs-d'oeuvre du musée à travers un itinéraire adapté. Chaque étape fournit des indications précises pour se rendre à l'étape suivante. Au total, ce parcours nécessite la prise de 4 ascenseurs.

Entrée PMR : Depuis la Pyramide, dirigez-vous vers l'entrée Sully, contournez les escalators et prenez à droite les ascenseurs D ou E vers « mezzanine, accès aux collections ». En sortant des ascenseurs, tournez à gauche pour rejoindre l'aile Denon.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Après les contrôles de l'entrée Denon, empruntez l'un des ascenseurs situés de part et d'autre de l'escalier. Montez au premier étage « Peintures ». En sortant de l'ascenseur, tournez à gauche dans la salle Mollien (700-1-Denon). Le Radeau de la Méduse se trouve sur votre gauche.

Le Radeau de la Méduse
Le Radeau de la Méduse

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

01 Le Radeau de la Méduse

Théodore Géricault

Manifeste du Romantisme, ce tableau causa un énorme scandale au Salon de 1819. Pour la première fois, un artiste représente sans commande un événement de l'histoire contemporaine et met en scène des anonymes, dans le format de la peinture d'histoire.
Précurseur de l'esprit critique qui anime bien souvent l'art aujourd'hui, le sujet constitue une critique acerbe du gouvernement en place : le naufrage, en 1816, de La Méduse résultait de l'incompétence d'un capitaine revenu à son poste par faveur politique. Manquant de canots de sauvetage, cent quarante-neuf personnes se tassèrent sur un radeau qui dériva durant douze jours et seuls quinze survécurent, rescapés des massacres, de la folie et du cannibalisme !

Le radeau, vu d'un angle, paraît très instable et deux diagonales condensent le drame : l'une conduit le regard vers une énorme vague risquant d'engloutir le radeau, l'autre vers la minuscule silhouette de L'Argus, qui leur portera secours. Cette grande oblique évoque la tragédie - le torse d'un homme peut-être dévoré par ses compagnons - et tous les états psychologiques : l'abattement de l'homme désorienté tenant son fils mort, le sursaut de l'agonisant se redressant et l'espoir acharné de ceux faisant signe au sauveteur éventuel. Mais, dans ce moment choisi, nul ne sait de quel côté penchera cette terrible balance. L'humanité est ici le seul héros de cette émouvante histoire et c'est ce qui nous touche encore aujourd'hui.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Continuez à avancer dans la salle. Vous trouverez l'oeuvre suivante un peu plus loin sur votre gauche.

 Eugène Delacroix, Le 28 Juillet : La Liberté guidant le peuple, musée du Louvre
 Eugène Delacroix, Le 28 Juillet : La Liberté guidant le peuple, musée du Louvre

© Musée du Louvre / E. Lessing

02Le 28 Juillet : la Liberté guidant le peuple

Eugène Delacroix

Cette œuvre est à part dans la carrière de Delacroix qui privilégia les sujets orientalistes et rares sont ses compositions inspirées d’événements contemporains.
En juillet 1830, trois journées d’émeutes révolutionnaires, « les Trois Glorieuses », chassent Charles X du trône et y installent Louis- Philippe malgré la vaine tentative du peuple parisien de rétablir la République, le 28 juillet, jour ici célébré. Les tours de Notre- Dame de Paris suffisent à situer la scène derrière l’énorme barricade où les cadavres s’amoncellent. Dressée à son sommet, coiffée du bonnet phrygien et fusil à la main, l’allégorie de la République brandit le drapeau tricolore, invitant le peuple à la suivre. Les différentes classes sociales sont figurées par les costumes dont sont vêtus les personnages. Image emblématique du gamin de Paris, un jeune garçon préfigure le Gavroche de Victor Hugo, conscience politique prenant son destin en main malgré son jeune âge.
Ce tableau puissant et novateur fit scandale au Salon de 1831. La touche libre du peintre fait de la République non pas une image symbolique, mais une femme réelle, sale, déshabillée et même poilue ! La nudité n’est acceptable que lisse et allégorique !
Louis-Philippe acquit ce tableau pour commémorer son accession au pouvoir, puis le cacha finalement afin que cette œuvre subversive ne se retourne pas contre lui !

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Retournez-vous. Le tableau intitulé Femmes d'Alger dans leur appartement se trouve sur le mur face à vous.

Eugène Delacroix, Femmes d'Alger dans leur appartement
Eugène Delacroix, Femmes d'Alger dans leur appartement

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Angèle Dequier

03Femmes d'Alger dans leur appartement

Eugène Delacroix

Le 11 janvier 1832, deux ans après la prise d'Alger, Delacroix part pour le Maroc. Il accompagne Charles de Mornay chef de la mission envoyée par Louis-Philippe auprès de Moulay Abderrahmane. Au retour ils font escale à Alger. Delacroix y aurait alors réalisé son désir de pénétrer un harem musulman. Dans ce tableau, il représente ses modèles à distance, regroupées autour du kanoun (petit brasero) et du narguilé (grande pipe à eau d'origine persane). Les quatre femmes sont vêtues, à la mode algéroise, de chemises en étoffe fine, blanche, unie, fleurie ou jouant sur des textures mates et brillantes. Installées sur des tapis de haute laine de facture turque et berbère, elles ont déchaussé leurs babouches  dans une paisible scène d'intimité familiale. La femme debout dans l’angle droit fait volte-face, conférant tout son dynamisme à la composition. La critique a loué ce  tableau pour son sens de la couleur et de la composition jugé proche de Véronèse, ainsi que pour la sûreté de sa touche. En écho à l'artiste qui prédisait en 1832 que l'Orient continuerait d'inspirer plusieurs générations, Cézanne affirmait : "Nous y sommes tous dans ce Delacroix."

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Sortez de la salle par le palier de l'escalier Mollien au fond et tournez à gauche pour rejoindre la Grande Galerie (712-1-Denon). L'oeuvre suivante se trouve immédiatement sur votre gauche.

Giuseppe Arcimboldo, L'automne
Giuseppe Arcimboldo, L'automne

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Franck Raux

04L'Automne

Giuseppe Arcimboldo

Le tableau représente une figure composée de fruits et de légumes, qui se détachent sur un fond sombre. L’ensemble est entouré de fleurs variées, assez sombres elles‐aussi, qui encadrent la composition. L’automne est représenté sous la forme d’un homme mûr, barbu. Son manteau est formé de planches de  tonneaux disjointes, maintenues entre elles par une branche nouée. On peut noter l’importance des formes éclatées dans cette toile : la noix ouverte, la châtaigne éclose, la figue trop mûre et la barrique disjointe, qui illustrent la pleine maturité du personnage. Arcimboldo joue sur les formes et les couleurs pour créer l’illusion du portrait. Il prend soin de représenter chaque élément naturel avec beaucoup de réalisme. C’est uniquement par leur agencement que l’illusion est créée. L'Automne représente un homme d’âge mûr. On peut lire, à travers le vêtement tenu par un lien, une image politique de l’empereur sachant maintenir ensemble son empire, composé de peuples divers. Les deux olives qui émergent de la bordure du bas sont elles aussi des symboles de paix.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
L'oeuvre suivante se trouve à droite au niveau des colonnes de marbre rouge.

Raffaello Santi, dit Raphaël, Portrait de Baldassare Castiglione, écrivain et diplomate (1478 - 1529)
Raffaello Santi, dit Raphaël, Portrait de Baldassare Castiglione, écrivain et diplomate (1478 - 1529)

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Angèle Dequier

05Portrait de Baldassare Castiglione, écrivain et diplomate (1478-1529)

Raffaello Santi, dit Raphaël

Balthazar Castiglione était diplomate, auteur du « Livre de Courtisan » qui connut un succès retentissant, et il était ami de Raphaël. Cette relation d'amitié qui unit le peintre à son modèle s'exprime d'abord par l'intensité du regard qui illumine le visage présenté de face, alors que le buste est de trois quarts ; les deux mains croisées au premier plan ne sont pas sans rappeler celles de la Joconde, de même que la présentation générale de la figure. Comme dans une conversation familière, le peintre et son modèle sont réunis. La gamme de couleurs dans un camaïeu de gris choisie pour le pourpoint de velours noir réchauffé par les manches de fourrure de petit gris, la coiffe composée d'une résille et d'un béret qui entoure le visage, la tache blanche de la chemise, le fond sur lequel se détache la figure magnifient la carnation et mettent en valeur les yeux bleus de Balthazar. Le support de toile très fine participe à la beauté du modèle, puisqu'il permet à la matière picturale d'accrocher la lumière. Raphaël semble avoir utilisé cette texture nouvelle comme une modulation. À la fin du Quattrocento, le bois commence à être supplanté par la toile qui prendra de plus en plus la première place. Balthazar Castiglione est l'un des hommes les plus représentatifs des humanistes de la Renaissance et Raphaël s'accorde parfaitement avec l'esprit de l'ouvrage rédigé par son ami, dans une recherche d'élégance, de générosité et de sobriété.

Itinéraire jusqu'a la prochaine œuvre :
Continuez dans la Grande Galerie et entrez sur votre gauche dans la salle de la Joconde (711-1-Denon). La Joconde se trouve face à vous.

Léonard de Vinci, La Joconde, portrait de Monna Lisa
Léonard de Vinci, La Joconde, portrait de Monna Lisa

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Michel Urtado

06Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo

Acquise par François Ier en 1518 et célébrée par les artistes de son temps, ce n'est qu'au XXe siècle que La Joconde acquiert sa notoriété, plus par ses "aventures" , notamment son vol en 1911, que par ses qualités pourtant remarquables.
La technique picturale éblouissante, presque magique, de Léonard modèle les formes par des glacis (couches de couleur très diluées, presque transparentes), jouant avec l'ombre et la lumière en estompant les contours (le sfumato). La perspective aérienne, passant du brun au bleu, compose, par la densité de l'air, un paysage abstrait de terre et d'eau.
Il s'agit probablement du portrait, commencé à Florence entre 1503 et 1507, de Monna ("Madame") Lisa Gherardini del Giocondo. Le sourire serait ainsi l'emblème de son nom - gioconda signifiant aussi "heureuse".
Si une seule planche de peuplier très mince (12 mm) fait d'elle l'un des plus grands portraits du temps, ce n'est pourtant pas l'image ostentatoire d'une riche bourgeoise, bien que sa pose, sa toilette ou l'absence de cils et de sourcils conviennent à l'élégance de son rang. C'est surtout un portrait idéal, reflet des recherches platoniciennes du temps qui voient dans la beauté du corps celle de l'âme.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Retournez-vous et admirez Les Noces de Cana du peintre Véronèse.

Paolo Caliari, dit Véronèse, Les Noces de Cana
Paolo Caliari, dit Véronèse, Les Noces de Cana

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Angèle Dequier

07Les Noces de Cana

Cette immense toile ornait le réfectoire du monastère de San Giorgio Maggiore à Venise. Véronèse, admirable coloriste et célèbre pour son talent à brosser d'immenses scènes aux multiples personnages, choisit ici le premier miracle du Christ, lors des noces de Cana. Travaillant la perspective de manière à impliquer le spectateur dans la scène, il transpose l'épisode biblique dans la riche Venise de son époque, le XVIe siècle. Notez la splendeur des tissus, la richesse des bijoux, des plats d'argent et de vermeil et l'architecture élégante inspirée de Palladio qui offre une scène majestueuse à cet épisode sensé se passer chez de pauvres gens qui viennent à manquer de vin lors d'un banquet de noces. À la droite du Christ trônant au centre, Marie constate ce manque en tenant un verre invisible dans sa main. À droite au premier plan, un personnage en jaune verse une jarre d'eau changée en vin, miracle constaté par les deux personnages derrière lui. Un homme vêtu de vert se précipite vers les mariés, à gauche devant les colonnes, en demandant pourquoi le meilleur vin a été réservé pour la fin du banquet.
Une autre lecture de l'oeuvre se fait verticalement par l'image symbolique des bouchers découpant la viande, du sablier sur la table des musiciens et du chien rongeant un os : l'annonce du "sacrifice de l'agneau ", la mort du Christ qui révéla par ce miracle sa vraie nature. Mais ces chiens sont aussi allégorie de fidélité, celle des chrétiens dont la foi balayera les nuages.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Ressortez dans la Grande Galerie et tournez sur votre gauche. L'oeuvre suivante se trouve un peu plus loin sur votre droite.

Léonard de Vinci, La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne
Léonard de Vinci, La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

08La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne

Léonard de Vinci

La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne de Léonard de Vinci  est, avec la Bataille d’Anghiari, la composition la plus ambitieuse des années de maturité de l’artiste. Elle est le fruit d’une longue méditation qui l’occupa durant les vingt dernières années de son existence, entre 1501 et 1519, et eut une influence considérable dans l’évolution des arts en Italie au début du XVIe siècle. Véritable aboutissement des recherches de Léonard sur la nature et l’art, elle manifeste son aptitude à revisiter un sujet fortement codifié de son temps. Les petits tableaux peints à la même époque manifestent des recherches similaires sur l’expression, le mouvement, le rapport de la peinture à la sculpture, le relief de la figure sur un fond sombre ou sur un paysage,… Bien des interrogations demeurent cependant au sujet de ce célèbre tableau, notamment concernant son commanditaire, sa conception ou encore son histoire ancienne.
Cette œuvre majeure a fait l’objet d’une restauration achevée en 2011. Elle a alors retrouvé une profondeur et un relief presque sculptural, avec une palette intense de bleu lapis-lazuli jouant sur des laques rouges, aux contrepoints de gris et de brun vibrants.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Avancez un peu jusqu'à l'oeuvre suivante.

Léonard de Vinci, Saint Jean-Baptiste
Léonard de Vinci, Saint Jean-Baptiste

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Tony Querrec

09Saint Jean-Baptiste

Léonard de Vinci

Saint Jean-Baptiste, l'Annonciateur, le Précurseur est aussi « Celui qui vient à la Lumière ». Chez Léonard de Vinci, la trouvaille du geste, l'index pointé vers le ciel, le corps en spirale et l'émergence dans la lumière traduisent parfaitement le thème. C'est la « juste répartition des lumières » qui permet de donner à la figure son volume sculptural et qui exprime les passages insensibles entre le fond et la forme. Le sfumato « qui noie les contours dans une vapeur légère » est ici illustré magistralement. Le corps « tourne » grâce à l'utilisation de la lumière, et le peintre rentre ainsi en rivalité avec le sculpteur. Point d'utilisation de la couleur ; au contraire, l'oeuvre est d'autant plus parfaite, qu'elle en écarte l'artifice de la couleur. Le visage de saint Jean-Baptiste, au doux sourire, oscille entre féminin et masculin, conformément à l'identification du Précurseur et du Nouvel Adam qui, au jour de la Création, portait en lui la double nature. La quête de beauté idéale de Léonard passe également par l'utilisation de la lumière. Depuis Platon, et reprise dans les écrits de Saint Augustin, la lumière est au service du Beau et du Bien. Marsile Ficin reprend à la fois les idées de Platon et de Saint Augustin, et Léonard de Vinci s'attachera à les traduire dans ses oeuvres.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Continuez dans la Grande Galerie. L'oeuvre suivante se trouve un peu plus loin sur votre gauche.

Domenico Ghirlandaio, Portrait d'un vieillard et d'un jeune garcon
Domenico Ghirlandaio, Portrait d'un vieillard et d'un jeune garcon

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Angèle Dequier

10Portrait d’un vieillard et d’un jeune garçon

Domenico Ghirlandaio

Ce double portrait, peint sur un panneau de bois, présente un vieillard tenant dans ses bras un jeune enfant. On ne sait rien de l’identité des modèles, ni des circonstances dans lesquelles ce tableau a été peint.  Le cadrage serré de la scène et l'intensité touchante des regards, créent une atmosphère d'intimité. C’est peut-être le portrait d’un grand-père et de son petit-fils, ou d’un oncle et d’un neveu, pris sur le vif dans un moment de complicité.  Un détail choque : la déformation du nez du vieil homme, sûrement due à une maladie nommée rhynophyma. À cette image de la vieillesse, de la laideur et de la maladie, s’opposent le délicat visage et la pureté du profil de l'enfant au nez fin et à la bouche délicate. L’œuvre est peut-être la représentation allégorique de la fuite du temps : le passage de la beauté de la jeunesse à la déchéance physique de la vieillesse. Le paysage avec ses deux monts, l’un verdoyant et l’autre aride, peut symboliser la rencontre entre les deux générations.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Au fond de la galerie, tournez à gauche dans la salle des Sept-Mètres (709-1-Denon). Traversez-la pour rejoindre la palier à partir duquel vous pourrez admirer la Victoire de Samothrace.

 

 La Victoire de Samothrace
 La Victoire de Samothrace

© 2014 Musée du Louvre / Philippe Fuzeau

11Victoire de Samothrace

Original grec sans doute détruit par un tremblement de terre, cette statue fut retrouvée en d'innombrables morceaux en 1863 dans l'île de Samothrace, au nord-est de la mer Égée. L'aile droite est une copie en plâtre de l'aile gauche, seule conservée. En haut d'une colline, elle se présentait de manière oblique dans un édicule, ce qui explique pourquoi son côté droit fut moins soigneusement travaillé.
La Victoire,  « Niké » en grec, est saisie dans l'instant où elle se pose sur le pont du navire auquel elle apporte la faveur des dieux. Sa main droite, retrouvée en 1950, permet de restituer le geste d'origine : la main levée, elle annonce l'événement.
Dans une mise en scène spectaculaire bien dans le goût de l'époque hellénistique, elle était visible de loin par les navires s'approchant de l'île. Les proportions, le rendu des formes du corps, la manière dont la draperie claquant au vent est traitée et l'ampleur du mouvement très théâtral sont autant de témoignages des recherches réalistes de ce temps.
Des chercheurs ont pensé que ce monument serait un ex-voto offert par des Rhodiens pour remercier les dieux après une victoire navale, vers 190 av. J.-C.
Malraux se félicita des mutilations accidentelles de cette statue, qui en font une icône intemporelle de l'art occidental, « un chef-d'oeuvre du destin ».

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Retournez-vous et entrez dans la salle Daru (702-1-Denon). Le Sacre de Napoléon se trouve sur votre droite.

Jacques Louis David, Sacre de l'empereur Napoléon Ier et couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804
Jacques Louis David, Sacre de l'empereur Napoléon Ier et couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Angèle Dequier

12 Sacre de l'empereur Napoléon Ier et couronnement del'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris,le 2 décembre 1804

Trois ans furent nécessaires à David pour venir à bout de cette oeuvre colossale commandée par Napoléon Ier pour immortaliser son couronnement le 2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris. Redécoré pour l'occasion dans le style néoclassique par une architecture de bois peint en trompe-l'oeil, le choeur de la cathédrale représente le plateau d'un théâtre où chaque acteur prend place dans une mise en scène grandiose.
Comme toute oeuvre de propagande politique, certains arrangements avec la vérité y sont notables : la présence de la mère de l'empereur, au centre sur un trône, pourtant absente ce jour-là car fâchée avec son fils ; ou la beauté idéale d'un Napoléon grandi et aminci et d'une Joséphine rajeunie par le pinceau d'un artiste diplomate dont l'empereur fit son Premier Peintre. On préféra aussi au moment où l'empereur se couronna seul, le geste moins provocant du couronnement de Joséphine que le pape Pie VII, assis derrière Napoléon, bénit sans grande conviction.
Un éclairage savant met en relief ces figures parmi les cent cinquante portraits des figurants et s'attarde sur le brillant d'un bijou, l'onctuosité d'un tissu ou la douceur du velours d'un coussin. David se fait le précurseur de ces photographes actuels qui immortalisent les fastes des grands, dans ces journaux où le luxe se doit de faire rêver le public. Cependant, le plus vivant de ces personnages est sans doute Talleyrand, vêtu de rouge, à droite, qui semble poser un regard ironique sur cet étalage ostentatoire.

Itinéraire jusqu'à l'oeuvre suivante :
Continuez jusqu'au fond de la salle. La Grande Odalisque se trouve entre les deux portes.

Une odalisque, dite La Grande Odalisque, Jean Auguste Dominique Ingres
Une odalisque, dite La Grande Odalisque, Jean Auguste Dominique Ingres

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Angèle Dequier

13Une Odalisque, dite la Grande Odalisque

Jean Auguste Dominique Ingres

Ingres transpose ici le thème antique du nu féminin dans un Orient vers lequel il n'a voyagé qu'en rêve et qui est prétexte à l'image sensuelle d'une femme de harem - titre de l'oeuvre - nue et offerte dans un décor exotique. Jusqu'à la fin de sa vie, Ingres reprendra des thèmes orientalistes et le nu féminin, l'un de ses sujets favoris - comme dans Le Bain turc -, en mêlant à sa peinture des influences diverses qui vont de Raphaël et des artistes maniéristes aux miniatures persanes.
Si, comme son maître David, Ingres est un artiste classique, par sa technique ou son intérêt pour l'Antique qu'il montre dans d'autres oeuvres, il se détache de ce courant en privilégiant la ligne du dessin, des courbes sensuelles, déformant au besoin la réalité anatomique des corps. Cette odalisque possède trois vertèbres de trop ! De même, le sein droit et la jambe gauche se rattachent étrangement au reste du corps. Contrastant avec cette déformation physique, la lourde draperie bleue, le turban ou le narguilé sont traités d'une manière illusionniste. Les critiques de l'époque, totalement désarçonnés par cette fusion chimérique, mépriseront son style si singulier. En revanche, Ingres aura une formidable influence sur les artistes modernes, dont Picasso, qui reprendra avec bonheur son inventivité et sa manière de recomposer les corps à sa façon.

Itinéraire jusqu'à la sortie :
Votre parcours est terminé. Retraversez la salle Daru et sortez pour rejoindre l'escalier Daru où se trouve la Victoire de Samothrace. Descendez l'escalier jusqu'au niveau inférieur à celui de la Victoire. Entrez dans la Galerie Daru (406-0-Denon) et traversez-la. Tournez à gauche dans la salle suivante pour rejoindre les escaliers qui descendent vers la sortie.

Itinéraire PMR jusqu'à la sortie :
Sortez de la salle à gauche de la Grande Odalisque et prenez l'un des ascenseurs sur votre gauche jusqu'au niveau Entresol. Sortez de l'aile Denon. Suivez ensuite la mezzanine sur votre droite pour emprunter les ascenseurs D ou E qui vous mèneront à la Pyramide. Prenez l'ascenseur tubulaire pour rejoindre la sortie.