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Parcours Chefs-d'oeuvre du Louvre, Aile Sully

Parcours thématique - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Samedi Dimanche

Le scribe accroupi - 275 px
Le scribe accroupi - 275 px

© 1999 Musée du Louvre / Georges Poncet

00Introduction

Après un aperçu du Louvre médiéval, ce  parcours accessible consacré à l'aile Sully vous permet de voir ou de revoir quelques oeuvres majeures de l'art grec et égyptien antiques.

Au IVe siècle av. J.-C., le philosophe grec Platon écrivit qu'aucun artiste ne peut atteindre le Beau idéal. De tout temps, les artistes se sont confrontés à cette question de la beauté suprême, intemporelle, proposant des solutions qui reflétaient leur époque et leur génie particulier, et il semble que certaines de ces réponses trouvent en nous un écho, encore aujourd'hui. Autour de la Vénus de Milo ou du Scribe accroupi, vous pourrez interroger à votre tour ce que représente pour vous la beauté idéale.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Depuis la Pyramide, dirigez-vous vers l'entrée Sully. Après les contrôles, dirigez-vous vers le Pavillon de l'Horloge. Au fond à gauche, entrez dans le Louvre médiéval.


 

Pavillon de l'Horloge, histoire du Louvre : Louvre médiéval
Pavillon de l'Horloge, histoire du Louvre : Louvre médiéval

© 2016 Musée du Louvre / Antoine Mongodin

01Vestiges des fossés du Louvre de Philippe Auguste et de Charles V

Vers 1200, craignant une invasion anglaise venue de Normandie, comme celle des Vikings trois siècles auparavant, le roi de France Philippe Auguste construit une forteresse devant le rempart qui cerne Paris. Ce château fort qui garde l'entrée ouest de la ville ne deviendra résidence plus agréable qu'au XIVe siècle, sous le règne de Charles V, lorsqu'une seconde muraille agrandit Paris et lui retire ainsi toute fonction défensive. Si vous tournez à droite plus loin dans les fossés, vous verrez la façade avec pont-levis, qui correspond à l'entrée est. La pile du pont-levis est conservée et la tour de section quadrangulaire qui la jouxte est une addition de Charles V - la petite ouverture à sa base correspond à la fosse des latrines qui se déversaient dans les douves. François Ier décide de construire dans le style Renaissance. Le donjon est rasé au niveau du sol (les derniers vestiges disparaîtront sous le règne de Louis XIV au XVIIe siècle) et les fossés sont ainsi comblés de terre. Parfaitement conservés sous la cour Carrée, sur une hauteur de sept mètres, ils sont mis au jour lors des fouilles de 1983-1985 et présentés au public depuis l'inauguration de la Pyramide en 1989. Un passage créé récemment - à droite devant l'escalier du sphinx - permet d'accéder au pied du donjon et à une salle aujourd'hui souterraine, la salle Saint-Louis.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Suivez les fossés du Louvre médiéval jusqu'à l'escalier du Sphinx de Tanis. Gravissez cet escalier et prenez ensuite l'escalier sur votre droite. Arrivé dans le département des Antiquités grecques suivez la signalétique pour rejoindre la Vénus de Milo qui se trouve au fond de la galerie sur votre gauche.

Aphrodite, dite Vénus de Milo
Aphrodite, dite Vénus de Milo

© 2010 Musée du Louvre / Anne Chauvet

02Aphrodite, dite "Vénus de Milo"

La Vénus de Milo, ou l'Aphrodite de Mélos (du nom de l'île où on l'exhuma en 1820), est l'un de ces derniers grands originaux de l'art grec. La nudité de son buste permit de reconnaître Aphrodite, la Vénus des Romains, déesse de l'amour et de la beauté, née de la mer. Certains détails stylistiques ont permis de la dater aux alentours de 100 av. J.-C. L'élongation de la silhouette et sa position dans la troisième dimension, la nudité, très charnelle, rattachent cette oeuvre à l'époque hellénistique (323-31 av. J.-C.), la dernière grande période de l'histoire grecque.
Cependant, le visage neutre et impassible tranche comme un masque rapporté. Hors du temps et des émotions, il est composé par un jeu de proportions : il mesure trois fois la hauteur du nez qui prolonge le front en ce « profil grec » que, bien sûr, les Grecs n'avaient pas réellement ! C'est la beauté des dieux, celle des Idées de Platon, que l'on cherche à figurer et non pas la réalité du monde. Cette image « qui dit la beauté dans une langue qui est toujours la nôtre » (Alain Pasquier) est une belle réponse à cette quête éternelle de la Beauté.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Prenez à droite de la Vénus et entrez à gauche dans la salle de Diane (347-0-Sully). L'oeuvre suivante se trouve à gauche de l'entrée.

Plaque dite des Ergastines : fragment de la frise est du Parthénon
Plaque dite des Ergastines : fragment de la frise est du Parthénon

© 2006 Musée du Louvre / Daniel Lebée et Carine Deambrosis

03Plaque des Ergastines

Sur ce fragment de la frise est du Parthénon, certains détails comme le rendu des muscles et des veines des bras des hommes ou l'effet de tissage du bord du péplos - la robe de laine des jeunes filles défilant - rattachent ces oeuvres à une certaine réalité. Par ailleurs, les couleurs (bleu et or) aujourd'hui disparues modifiaient cette impression actuelle de sobriété. Selon certains historiens, l'art classique, si bien illustré ici, marque une sorte de parfait équilibre entre les deux tendances rivales de l'art, l'abstraction et le réalisme. Ainsi, dans un formidable résumé, Goethe dira que les Grecs ne représentent pas les dieux comme des humains mais qu'ils font des humains à l'image des dieux.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre
Retournez dans la galerie précédente et tournez tout de suite à gauche pour entrer dans la salle des Caryatides (348-0-Sully).

Salle des Caryatides
Salle des Caryatides

© Musée du Louvre / A. Dequier

04Salle des Caryatides

À partir de 1547, le Louvre médiéval disparaît, remplacé peu à peu par un palais moderne. La salle des Caryatides en est le cœur. En juin 1610, une effigie en cire d’Henri IV y fut exposée. Ainsi les Parisiens purent-ils se recueillir devant la « dépouille » du bon roi assassiné par Ravaillac. Le 24 octobre 1658, dans cette même pièce, Molière joua pour la première fois devant Louis XIV. Remarquez les dimensions et le décor du lieu. Pour la salle des fêtes de son palais, Henri II souhaitait un cadre solennel et novateur. Il en confia la réalisation à l’architecte Pierre Lescot et au sculpteur Jean Goujon. Regardez, au-dessus de l’entrée de la salle, la tribune des musiciens : elle est soutenue par quatre figures féminines, les caryatides, ces femmes colonnes à l’antique que l’on trouve utilisées ici pour la première fois en France. À l’origine, un plafond de bois en partie doré apportait couleur et chaleur à l’ensemble. Si de somptueuses fêtes ont eu lieu ici, la salle ne fut pas pour autant un lieu destiné au seul agrément. Dirigez-vous vers la zone séparée du reste de la salle par des colonnes et dominée par une imposante cheminée : c’était le « tribunal » où le roi rendait la justice.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Approchez-vous de l'Hermaphrodite endormi qui se trouve près de la porte par laquelle vous êtes entré.

Hermaphrodite endormi
Hermaphrodite endormi

© 2011 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

05Hermaphrodite endormi

Fils d'Hermès et d'Aphrodite, Hermaphrodite repoussa les avances de la nymphe Salmacis, mais celle-ci demanda à Zeus que leurs deux corps ne fassent plus qu'un pour l'éternité, devenant cet être bisexué. Dans un effet de surprise très théâtral, ce corps féminin alangui révèle crûment, au spectateur qui en fait le tour, un sexe sans ambiguïté. La courbe sinueuse du corps gracieux, le traitement des chairs et du visage sont des échos de l'oeuvre du sculpteur classique Praxitèle, mais le jeu des oppositions (recto/verso, féminin/masculin, sommeil/pose contournée) relève du goût des contrastes et du bizarre, bien dans l'esprit hellénistique. Faut-il voir dans cette oeuvre un simple jeu érotique ou bien une interprétation des conceptions philosophiques sur la nature de l'Amour, comme celles évoquées dans le Banquet de Platon ? Les artistes de ce temps s'intéressent en effet à des thèmes originaux allégoriques souvent difficiles à comprendre aujourd'hui. L'Enfant à l'oie, devant lequel vous venez de passer, présente pour la première fois un véritable enfant et non plus un adulte en miniature comme aux temps passés.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Sortez de la salle par le côté opposé à celui par lequel vous êtes entré pour rejoindre l'escalier. Gravissez-le jusqu'au 1er étage et entrez dans la salle 663-1-Sully. Traversez-la, ainsi que la suivante, puis tournez à gauche. Traversez les salles du musée Charles X (salles 649 à 641) jusqu'à l'escalier. Sur le palier de l'escalier, tournez à gauche, puis traversez les salles d'antiquités égyptiennes jusqu'à la salle de l'époque de Nagada (salle 633-1-Sully). Le couteau de Gebel el-Arak se trouve au centre de la pièce.

Couteau de Gebel el-Araq
Couteau de Gebel el-Araq

© 2001 Musée du Louvre / Georges Poncet

06Couteau du Gebel el-Araq (site près d’Abydos)

Ce couteau est un des chefs-d’œuvre de la période Nagada II (-3500-3200) qui précède l’époque historique de l’Égypte. Le silex blond de la lame a été finement poli sur les deux faces. L’une est restée lisse, tandis que l’autre présente un décor très graphique de vagues ondulantes, parallèles et très régulières. Le travail d’enlèvements par pression de longs éclats transversaux nécessitait une très grande maîtrise. Le manche en ivoire, sculpté dans une défense d’éléphant, illustre un combat terrestre et maritime entre deux ethnies, distinctes par leur coiffure et la forme de leurs bateaux. Les corps des vaincus flottent entre les bateaux. Le revers du manche est dominé par un personnage central habillé, portant barbe et bonnet et tenant deux lions en respect. Des chiens, bouquetin, capriné, gazelle, lionne et bovinés animent cette face. Une bossette centrale permettait peut-être de maintenir cette arme d’apparat dans un fourreau aujourd’hui disparu. Cette figure héroïque rappelle « le maître des animaux » de la mythologie mésopotamienne. Cet objet est une arme d’apparat n’ayant jamais servi et dont le décor illustre le thème général de la maîtrise du chaos par une entité hors norme : un héros, thème largement utilisé dans l’antiquité proche-orientale, un roi ou un dieu, thème récurrent en Égypte.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Traversez la salle 634 et entrez dans la salle 635. L'oeuvre suivante se trouve dans la vitrine 5 au centre sur votre droite.

La princesse Néfertiabet devant son repas
La princesse Néfertiabet devant son repas

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Christian Décamps

07Stèle de Néfertiabet

Cette stèle décorée de la scène traditionnelle du repas funéraire, a conservé ses couleurs depuis plus de 4500 ans. Les hiéroglyphes inscrits au-dessus de la tête de la jeune femme vêtue d’une robe dont les motifs évoquent ceux d’une peau de félin, nous indiquent qu’il s’agit de la « fille du roi » Néfertiabet. Assise sur un tabouret aux pieds sculptés en forme de pattes de taureau, elle tend la main droite, paume face au spectateur, vers une table d’offrandes chargée de tranches de pain surmontées de pièces de viande. Dans l’espace restant se développe le catalogue de tous les produits offerts à chaque défunt afin qu’il ne manque de rien dans l’Au-Delà. On reconnait sous la table un vase de bière, un pain, des têtes de bœuf, gazelle, canard, les signes de l’albâtre évoquant les vases contenant les onguents et des étoffes. Au-dessus et sur deux lignes sont énumérés d’autres aliments à la suite de l’encens, des onguents, des fards vert et noir. La partie droite de la stèle est consacrée à un tableau listant trois tissus en lin de qualités différentes avec leurs dimensions et leur quantité. La stèle a été retrouvée au tout début du 20ème siècle à Gizeh, dans la tombe de Néfertiabet, princesse de la famille du roi Chéops, propriétaire de la plus grande des trois pyramides élevées sur ce site.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Avancez dans la salle. Le scribe accroupi se trouve dans une vitrine centrale.

Le scribe accroupi
Le scribe accroupi

© 1999 Musée du Louvre / Georges Poncet

08Le scribe accroupi

Le scribe accroupi est l’une des sculptures égyptiennes les plus célèbres de la collection du musée du Louvre. Il a été réalisé dans un bloc de calcaire fin puis peint comme la majorité des sculptures égyptiennes. Ses couleurs vives se sont particulièrement bien conservées, notamment sa carnation ocre rouge qui, dans l’art égyptien, est réservée aux personnages masculins. Assis en tailleur, il est vêtu d’un pagne court blanc, son torse est nu et ses cheveux sont ras. Il tient de sa main gauche son rouleau de papyrus en partie déroulé sur ses genoux et dans sa main droite se trouvait à l’origine l’instrument en roseau  avec lequel il écrivait. Son visage levé semble fixer avec beaucoup d’attention le personnage sous la dictée duquel il écrivait. Le visage très osseux, les joues creusées et la bouche très fine lui donnent un réalisme exceptionnel. Celui-ci est renforcé par l’incrustation des yeux qui lui confère une présence extraordinaire. Cerclés de cuivre, ils sont constitués d’un bloc de pierre blanche creusé pour recevoir un disque en cristal de roche peint sur sa face arrière.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Continuez jusqu'à la salle 638. L'oeuvre suivante se trouve sur votre gauche.

Statue pilier : Amenophis IV Akhenaton
Statue pilier : Amenophis IV Akhenaton

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Christian Décamps

09Statue-pilier d’Amenhotep IV / Akhénaton

Ce buste du pharaon Amenhotep IV / Akhénaton faisait partie d’une statue colossale qui devait mesurer plus de 6 m de haut. Elle s’adossait originellement à l’un des piliers de la grande cour à ciel ouvert d’un monument qui se trouvait à l’est du temple du dieu Amon à Karnak. Le roi était coiffé d’une couronne au bas de laquelle se dressait un cobra dont il ne subsiste que la queue. Le souverain est doté d’une longue barbe et croise les bras sur la poitrine : la main droite tient un fouet et la gauche un sceptre. De chaque côté de la barbe et sur le poignet droit, se trouvent trois plaques inscrites de cartouches contenant le nom du dieu Aton (le cartouche est un symbole égyptien de forme ovale fermé par un nœud qui sert habituellement à écrire des noms royaux). Représenté sous la forme du soleil et de ses rayons bienfaisants sur les autres monuments du roi, Aton devient le dieu principal sous le règne d’Akhénaton. Le visage du roi, très allongé, avec ces yeux en amande et sa bouche très charnue, est typique du style de l’époque amarnienne (du nom d’Amarna, la nouvelle capitale fondée par le roi), également caractérisé par un ventre proéminent, des hanches excessivement larges et des membres frêles.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Poursuivez jusqu'au palier et tournez à droite dans la salle 641. L'oeuvre suivante se trouve dans la vitrine centrale sur votre gauche.

La déesse Hathor accueille Séthi Ier
La déesse Hathor accueille Séthi Ier

© 2017 Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais/Christian Décamps

10Relief de Séthi Ier et Hathor

Au Nouvel Empire, les tombes royales aménagées dans la Vallée des Rois sont exhaustivement décorées. Les thèmes principaux sont l’accueil du roi par les divinités de l’au-delà et son périple nocturne jusqu’à sa renaissance. Ici, Hathor, déesse protectrice des défunts, l’accueille en lui présentant un collier ménat, objet rituel lié au symbolisme de la renaissance. Elle est représentée sous l’aspect d’une femme portant sur sa tête un disque solaire enserré entre des cornes de vache, son animal sacré. Elle est vêtue d’une longue robe recouverte d’une résille de perles dans laquelle s’insèrent des  hiéroglyphes mentionnant les noms du roi. Celui-ci est coiffé d’une perruque mi-longue élégamment dégradée et ornée de l’uraeus sur le front. Il porte un long vêtement de lin fin plissé. Un collier large, des bracelets et un devanteau de pagne ouvragé complètent sa parure.
Bien caractéristique du tout début de l’époque ramesside par la grâce, l’équilibre et l’harmonie des proportions, ce relief rompt définitivement avec les principes artistiques mis en œuvre pendant l’époque amarnienne.

Itinérairejusqu'à la sortie :
Votre parcours est terminé. Pour regagner la sortie, revenez sur vos pas dans les salles du musée Charles X et poursuivez jusqu'à la salle des Sept-Cheminées (660-1-Sully). Tournez à droite et traversez les salles 662 et 663, puis le palier de l'escalier Henri II. Descendez les escaliers qui vous permettront de rejoindre la Pyramide.