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Parcours Chefs-d'œuvre du musée, Parcours accessible

Parcours thématique - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

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Leonardo di ser Piero DA VINCI, dit Léonard de VINCI (Vinci, 1452 - Amboise, 1519)
Leonardo di ser Piero DA VINCI, dit Léonard de VINCI (Vinci, 1452 - Amboise, 1519)

© Musée du Louvre/A. Dequier

00Introduction

Souvent, la première visite au Louvre consiste à découvrir les trois grandes dames du musée : La Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace et La Joconde. Ce premier parcours accessible permet de voir ou de revoir ces chefs-d’œuvre, et d’autres encore, et de s’interroger sur cette notion, si difficile à définir.

Lorsque le musée ouvre ses portes en 1793 à partir des collections des rois de France, le but avoué est d'offrir de grands modèles à l'éducation des artistes à venir, afin que renaisse "le grand style" des temps passés. Si aujourd'hui on croise toujours étudiants et copistes dans les salles, la pratique du musée a bien changé. Ce sont près de dix millions de visiteurs, de tous pays et de toutes cultures, qui se pressent chaque année au Louvre et il y a bien des manières de le visiter. Cependant, il y a un empressement, quasi universel, autour de quelques "chefs-d'œuvre" , semblant toucher l'âme du spectateur, quelle que soit sa nationalité ou sa culture.

Au IVe siècle av. J.-C., le philosophe grec Platon écrivit qu'aucun artiste ne peut atteindre le Beau idéal. De tout temps, les artistes se sont confrontés à cette question de la Beauté suprême, intemporelle, proposant des solutions qui reflétaient leur époque et leur génie particulier, et il semble que certaines de ces réponses trouvent en nous un écho, encore aujourd'hui.
Mais, avec le XIXe siècle, l'œuvre d'art acquiert de nouvelles fonctions et le chef-d'œuvre n'est plus forcément synonyme de Beau, d'abstraction esthétique visant à la délectation. Certaines oeuvres résonnent de cette nouvelle tonalité, annonçant sur bien des points le statut des oeuvres contemporaines dans notre société.
Loin d'être chronologique ce parcours propose des coups de projecteurs sur des œuvres devant lesquelles on s'arrête spontanément.

Ce parcours a été conçu pour permettre aux personnes à mobilité réduite de découvrir les chefs-d'oeuvre du musée à travers un itinéraire adapté. Chaque étape fournit des indications précises pour se rendre à l'étape suivante. Au total, ce parcours nécessite la prise de huit ascenseurs.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Depuis la Pyramide, dirigez-vous vers l'entrée Sully, contournez les escalators et prenez à droite les ascenseurs D ou E vers "mezzanine, accès aux collections". Entrez dans l'aile Sully sur votre droite et dirigez-vous vers le Pavillon de l'Horloge. Au fond à gauche, entrez dans le Louvre médiéval.

Pavillon de l'Horloge, histoire du Louvre : Louvre médiéval
Pavillon de l'Horloge, histoire du Louvre : Louvre médiéval

© 2016 Musée du Louvre / Antoine Mongodin

01 Vestiges des fossés du Louvre de Philippe Auguste et de Charles V

Le Louvre médiéval

Vers 1200, craignant une invasion anglaise venue de Normandie, comme celle des Vikings trois siècles auparavant, le roi de France Philippe Auguste construit une forteresse devant le rempart qui cerne Paris. Ce château fort qui garde l'entrée ouest de la ville ne deviendra résidence plus agréable qu'au XIVe siècle, sous le règne de Charles V, lorsqu'une seconde muraille agrandit Paris et lui retire ainsi toute fonction défensive. Si vous tournez à droite plus loin dans les fossés, vous verrez la façade avec pont-levis, qui correspond à l'entrée est. La pile du pont-levis est conservée et la tour de section quadrangulaire qui la jouxte est une addition de Charles V - la petite ouverture à sa base correspond à la fosse des latrines qui se déversaient dans les douves. François Ier décide de construire dans le style Renaissance. Le donjon est rasé au niveau du sol (les derniers vestiges disparaîtront sous le règne de Louis XIV au XVIIe siècle) et les fossés sont ainsi comblés de terre. Parfaitement conservés sous la cour Carrée, sur une hauteur de sept mètres, ils sont mis au jour lors des fouilles de 1983-1985 et présentés au public depuis l'inauguration de la Pyramide en 1989. Un passage créé récemment - à droite devant l'escalier du sphinx - permet d'accéder au pied du donjon et à une salle aujourd'hui souterraine, la salle Saint-Louis.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Ressortez du Louvre médiéval par où vous êtes entré. Prenez l'ascenseur G sur votre droite pour vous rendre au premier étage. Tournez à droite en sortant de l'ascenseur et traversez le palier pour entrer dans la salle des Bronzes (663-1-Sully). Continuez tout droit. Traversez la salle 662-1-Sully. Dans la salle des Sept-Cheminées (660-1-Sully), tournez à gauche. L'ascenseur C se trouve sur votre droite en sortant de la salle. Prenez l’ascenseur direction Rez-de-chaussée vers les Antiquités grecques. La Vénus de Milo, se trouve immédiatement sur votre gauche dans la salle 345-0-Sully.

Aphrodite, dite Vénus de Milo
Aphrodite, dite Vénus de Milo

© 2010 Musée du Louvre / Anne Chauvet

02Aphrodite, dite "Vénus de Milo"

Il n'y a rien de plus frustrant que d'étudier l'art grec ! En effet, les originaux sont trop peu nombreux et ne se présentent jamais dans leur état originel. Imagineriez-vous cette statue avec des bras, mais aussi des bijoux et de la couleur ?
La Vénus de Milo, ou l'Aphrodite de Mélos (du nom de l'île où on l'exhuma en 1820), est l'un de ces derniers grands originaux. La nudité de son buste permit de reconnaître Aphrodite, la Vénus des Romains, déesse de l'amour et de la beauté, née de la mer.
Certains détails stylistiques ont permis de la dater aux alentours de 100 av. J.-C. L'élongation de la silhouette et sa position dans la troisième dimension, la nudité, très charnelle, rattachent cette oeuvre à l'époque hellénistique (323-31 av. J.-C.), la dernière grande période de l'histoire grecque.
Cependant, le visage neutre et impassible tranche comme un masque rapporté. Hors du temps et des émotions, il est composé par un jeu de proportions : il mesure trois fois la hauteur du nez qui prolonge le front en ce "profil grec " que, bien sûr, les Grecs n'avaient pas réellement ! C'est la beauté des dieux, celle des Idées de Platon, que l'on cherche à figurer et non pas la réalité du monde. Cette image"qui dit la beauté dans une langue qui est toujours la nôtre" (Alain Pasquier) est une belle réponse à cette quête éternelle de la Beauté, un chef-d'oeuvre intemporel en somme.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Prenez à droite de la Vénus et entrez dans la salle de Caryatides (348-0-Sully), dont vous apercevez les colonnes.

Salle des Caryatides
Salle des Caryatides

© Musée du Louvre / A. Dequier

03Salle des Caryatides

À partir de 1547, le Louvre médiéval disparaît, remplacé peu à peu par un palais moderne. La salle des Caryatides en est le cœur. En juin 1610, une effigie en cire d’Henri IV y fut exposée. Ainsi les Parisiens purent-ils se recueillir devant la « dépouille » du bon roi assassiné par Ravaillac. Le 24 octobre 1658, dans cette même pièce, Molière joua pour la première fois devant Louis XIV. Remarquez les dimensions et le décor du lieu. Pour la salle des fêtes de son palais, Henri II souhaitait un cadre solennel et novateur. Il en confia la réalisation à l’architecte Pierre Lescot et au sculpteur Jean Goujon. Regardez, au-dessus de l’entrée de la salle, la tribune des musiciens : elle est soutenue par quatre figures féminines, les caryatides, ces femmes colonnes à l’antique que l’on trouve utilisées ici pour la première fois en France. À l’origine, un plafond de bois en partie doré apportait couleur et chaleur à l’ensemble. Si de somptueuses fêtes ont eu lieu ici, la salle ne fut pas pour autant un lieu destiné au seul agrément. Dirigez-vous vers la zone séparée du reste de la salle par des colonnes et dominée par une imposante cheminée : c’était le « tribunal » où le roi rendait la justice.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Approchez-vous de l'Hermaphrodite endormi qui se trouve près de la porte par laquelle vous êtes entré.

Hermaphrodite endormi
Hermaphrodite endormi

© 2011 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

04Hermaphrodite endormi

Fils d'Hermès et d'Aphrodite, Hermaphrodite repoussa les avances de la nymphe Salmacis, mais celle-ci demanda à Zeus que leurs deux corps ne fassent plus qu'un pour l'éternité, devenant cet être bisexué. Dans un effet de surprise très théâtral, ce corps féminin alangui révèle crûment, au spectateur qui en fait le tour, un sexe sans ambiguïté. La courbe sinueuse du corps gracieux, le traitement des chairs et du visage sont des échos de l'oeuvre du sculpteur classique Praxitèle, mais le jeu des oppositions (recto/verso, féminin/masculin, sommeil/pose contournée) relève du goût des contrastes et du bizarre, bien dans l'esprit hellénistique. Faut-il voir dans cette oeuvre un simple jeu érotique ou bien une interprétation des conceptions philosophiques sur la nature de l'Amour, comme celles évoquées dans le Banquet de Platon ? Les artistes de ce temps s'intéressent en effet à des thèmes originaux allégoriques souvent difficiles à comprendre aujourd'hui. L'Enfant à l'oie, devant lequel vous venez de passer, présente pour la première fois un véritable enfant et non plus un adulte en miniature comme aux temps passés.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Ressortez de la salle et revenez à l'ascenseur C sur votre gauche. Reprenez-le jusqu'au 1er étage. Tournez à gauche dans la salle des Sept-Cheminées (660-1-Sully). Sortez de la salle par la porte opposée, traversez une salle, puis tournez à gauche dans la rotonde pour rejoindre la Galerie d'Apollon. Admirez les trésors de la Galerie. Pour vous rendre à la peinture italienne, rejoignez le fond de la salle : une porte mène au Salon Carré (708-1-Denon). Vous abordez une partie du musée très fréquentée. Traversez le Salon Carré pour rejoindre la Grande Galerie (710-1-Denon). Une fois entré dans la galerie, tournez immédiatement à droite dans la salle 709-1-Denon. Traversez-la et passez la porte vitrée. Positionnez-vous au centre du palier pour admirer la Victoire de Samothrace.

La Victoire de Samothrace
La Victoire de Samothrace

© 2014 Musée du Louvre / Philippe Fuzeau

05Victoire de Samothrace

Original grec sans doute détruit par un tremblement de terre, cette statue fut retrouvée en d'innombrables morceaux en 1863 dans l'île de Samothrace, au nord-est de la mer Égée. L'aile droite est une copie en plâtre de l'aile gauche, seule conservée. Le socle de ciment sous ses pieds est également moderne ; elle devait se poser directement sur le pont du bateau. En haut d'une colline, elle se présentait de manière oblique dans un édicule, ce qui explique pourquoi son côté droit fut moins soigneusement travaillé.
La Victoire, "Niké" en grec, est saisie dans l'instant où elle se pose sur le pont du navire auquel elle apporte la faveur des dieux. Sa main droite, retrouvée en 1950, permet de restituer le geste d'origine : la main levée, elle annonce l'événement.
Dans une mise en scène spectaculaire bien dans le goût de l'époque hellénistique, elle était visible de loin par les navires s'approchant de l'île. Les proportions, le rendu des formes du corps, la manière dont la draperie claquant au vent est traitée et l'ampleur du mouvement très théâtral sont autant de témoignages des recherches réalistes de ce temps.
Des chercheurs ont pensé que ce monument serait un ex-voto offert par des Rhodiens pour remercier les dieux après une victoire navale, vers 190 av. J.-C.
Malraux se félicita des mutilations accidentelles de cette statue, qui en font une icône intemporelle de l'art occidental, "un chef-d'oeuvre du destin".

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Rejoignez la Grande Galerie (710-1-Denon) et continuez sur votre droite. Un peu plus loin sur votre gauche, admirez la La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne de Léonard de Vinci.

Léonard de Vinci, La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne
Léonard de Vinci, La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

06La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne

Léonard de Vinci

La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne de Léonard de Vinci  est, avec la Bataille d’Anghiari, la composition la plus ambitieuse des années de maturité de l’artiste. Elle est le fruit d’une longue méditation qui l’occupa durant les vingt dernières années de son existence, entre 1501 et 1519, et eut une influence considérable dans l’évolution des arts en Italie au début du XVIe siècle. Véritable aboutissement des recherches de Léonard sur la nature et l’art, elle manifeste son aptitude à revisiter un sujet fortement codifié de son temps. Les petits tableaux peints à la même époque manifestent des recherches similaires sur l’expression, le mouvement, le rapport de la peinture à la sculpture, le relief de la figure sur un fond sombre ou sur un paysage,… Bien des interrogations demeurent cependant au sujet de ce célèbre tableau, notamment concernant son commanditaire, sa conception ou encore son histoire ancienne.
Cette œuvre majeure a fait l’objet d’une restauration achevée en 2011. Elle a alors retrouvé une profondeur et un relief presque sculptural, avec une palette intense de bleu lapis-lazuli jouant sur des laques rouges, de gris et de brun vibrants.

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Entrez sur votre droite dans la salle 711-1-Denon : la Joconde se présente face à vous.

<i>Portrait de Lisa Gherardini</i>, épouse de Francesco del Giocondo, dite <i>Monna Lisa</i>, la <i>Gioconda</i> ou la <i>Joconde</i>
<i>Portrait de Lisa Gherardini</i>, épouse de Francesco del Giocondo, dite <i>Monna Lisa</i>, la <i>Gioconda</i> ou la <i>Joconde</i>

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado

07Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo

Léonard de Vinci

Acquise par François Ier en 1518 et célébrée par les artistes de son temps, ce n'est qu'au XXe siècle que La Joconde acquiert sa notoriété, plus par ses "aventures" , notamment son vol en 1911, que par ses qualités pourtant remarquables.
La technique picturale éblouissante, presque magique, de Léonard modèle les formes par des glacis (couches de couleur très diluées, presque transparentes), jouant avec l'ombre et la lumière en estompant les contours (le sfumato). La perspective aérienne, passant du brun au bleu, compose, par la densité de l'air, un paysage abstrait de terre et d'eau. Il est dommage que le vieillissement du vernis obscurcisse les coloris : les manches étaient jaune safran !
L'identité du modèle fait l'objet d'hypothèses parfois farfelues, jusqu'à en faire un homme ! Il s'agit probablement du portrait, commencé à Florence entre 1503 et 1507, de Monna ("Madame") Lisa Gherardini del Giocondo. Le sourire serait ainsi l'emblème de son nom - gioconda signifiant aussi "heureuse".
Si une seule planche de peuplier très mince (12 mm) fait d'elle l'un des plus grands portraits du temps, ce n'est pourtant pas l'image ostentatoire d'une riche bourgeoise, bien que sa pose, sa toilette ou l'absence de cils et de sourcils conviennent à l'élégance de son rang. C'est surtout un portrait idéal, reflet des recherches platoniciennes du temps qui voient dans la beauté du corps celle de l'âme.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Sortez de la salle derrière la Joconde et tournez immédiatement à gauche pour entrer dans la salle Mollien (700-1-Denon). Le Radeau de la Méduse se trouve sur votre gauche.

Le Radeau de la Méduse
Le Radeau de la Méduse

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

08Le Radeau de la Méduse

Théodore Géricault

Manifeste du Romantisme, ce tableau causa un énorme scandale au Salon de 1819. Pour la première fois, un artiste représente sans commande un événement de l'histoire contemporaine et met en scène des anonymes, dans le format de la peinture d'histoire.
Précurseur de l'esprit critique qui anime bien souvent l'art aujourd'hui, le sujet constitue une critique acerbe du gouvernement en place : le naufrage, en 1816, de La Méduse résultait de l'incompétence d'un capitaine revenu à son poste par faveur politique. Manquant de canots de sauvetage, cent quarante-neuf personnes se tassèrent sur un radeau qui dériva durant douze jours et seuls quinze survécurent, rescapés des massacres, de la folie et du cannibalisme !
Le radeau, vu d'un angle, paraît très instable et deux diagonales condensent le drame : l'une conduit le regard vers une énorme vague risquant d'engloutir le radeau, l'autre vers la minuscule silhouette de L'Argus, qui leur portera secours. Cette grande oblique évoque la tragédie - le torse d'un homme peut-être dévoré par ses compagnons - et tous les états psychologiques : l'abattement de l'homme désorienté tenant son fils mort, le sursaut de l'agonisant se redressant et l'espoir acharné de ceux faisant signe au sauveteur éventuel. Mais, dans ce moment choisi, nul ne sait de quel côté penchera cette terrible balance.
L'humanité est ici le seul héros de cette émouvante histoire et c'est ce qui nous touche encore aujourd'hui.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Continuez à avancer dans la salle. Vous trouverez l'oeuvre suivante un peu plus loin sur votre gauche.

Le 28 juillet 1830 : la Liberté guidant le peuple
Le 28 juillet 1830 : la Liberté guidant le peuple

© Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais

09Le 28 Juillet : la Liberté guidant le peuple

Eugène Delacroix

Cette œuvre est à part dans la carrière de Delacroix qui privilégia les sujets orientalistes et rares sont ses compositions inspirées d’événements contemporains.
En juillet 1830, trois journées d’émeutes révolutionnaires, « les Trois Glorieuses », chassent Charles X du trône et y installent Louis-Philippe malgré la vaine tentative du peuple parisien de rétablir la République, le 28 juillet, jour ici célébré. Les tours de Notre-Dame de Paris suffisent à situer la scène derrière l’énorme barricade où les cadavres s’amoncellent. Dressée à son sommet, coiffée du bonnet phrygien et fusil à la main, l’allégorie de la République brandit le drapeau tricolore, invitant le peuple à la suivre. Les différentes classes sociales sont figurées par les costumes dont sont vêtus les personnages. Image emblématique du gamin de Paris, un jeune garçon préfigure le Gavroche de Victor Hugo, conscience politique prenant son destin en main malgré son jeune âge.
Ce tableau puissant et novateur fit scandale au Salon de 1831. La touche libre du peintre fait de la République non pas une image symbolique, mais une femme réelle, sale, déshabillée et même poilue ! La nudité n’est acceptable que lisse et allégorique !
Louis-Philippe acquit ce tableau pour commémorer son accession au pouvoir, puis le cacha finalement afin que cette œuvre subversive ne se retourne pas contre lui !

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenez dans la salle 701-1-Denon, prenez les ascenseurs K ou L, direction Rez-de-chaussée, pour vous rendre à la dernière étape du parcours. En sortant des ascenseurs, dirigez-vous en face (à partir de l'ascenseur K) ou à gauche (à partir de l'ascenseur L) pour emprunter l'ascenseur M direction Rez-de-chaussée sculpture italienne. Admirez la Psyché ranimé par le baiser de l'Amour de Canova sur votre gauche en sortant de l'ascenseur.

Psyché ranimée par le baiser de l'Amour
Psyché ranimée par le baiser de l'Amour

© 2010 Musée du Louvre / Raphaël Chipault

10Psyché ranimée par le baiser de l'Amour

Antonio Canova

Psyché est devenue l'épouse d'Amour, mais elle ne connaît ni son visage ni son identité. Elle le surprend dans son sommeil pour savoir qui il est. "L'amour ne peut vivre sans confiance", lui dit alors son époux en s'enfuyant. Délaissée, condamnée à une série d'épreuves par Vénus, Psyché plonge dans un sommeil mortel dont seul le baiser d'Amour pourra la sortir. Voici la fin de l'histoire d'Amour et Psyché. Amour vient d'atterrir. Ses ailes encore levées forment un X avec le corps de Psyché. Tournez autour de la sculpture et regardez les points de rencontre entre les deux corps. Approchez-vous et appréciez les différents aspects du marbre évoquant les matières : douceur des cheveux, transparence des ailes, plénitude du corps, rugosité du rocher, poli du vase, velouté des draperies...

Itinéraire jusqu'à la prochaine oeuvre :
Au fond de la salle, vous découvrez les Captifs de Michel-Ange.

Captif ("l'Esclave rebelle")
Captif ("l'Esclave rebelle")

© 2010 Musée du Louvre / Raphaël Chipault

11Captif

Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange

Les oeuvres de Michel-Ange conservées en dehors de l'Italie sont rarissimes mais le Louvre possède ces deux statues magistrales offertes au roi de France par le florentin Roberto Strozzi qui les reçut de l'artiste en personne. Elles appartiennent à un ensemble - d'autres statues sont conservées au musée de l'Académie à Florence - destiné à orner le tombeau du pape Jules II, un projet gigantesque à l'origine mais plusieurs fois modifié puis finalement très réduit. Symboles des passions vaincues, de l'âme enchaînée au corps ou des nations soumises à l'autorité du Pape, les lectures possibles sont multiples. Il pourrait également s'agir des arts prisonniers après la mort d'un grand mécène (Jules II avait financé la décoration de la chapelle Sixtine) car, aux pieds de l'esclave mourant, ou plutôt endormi, se trouve un singe, allégorie de la peinture copiant la réalité à la manière d'un singe imitant l'homme.
Ces oeuvres sont inachevées comme le prouvent les très nombreuses traces d'outils. Contrairement aux autres sculpteurs, Michel-Ange progressait généralement dans le bloc sans modèle, de la face vers le dos. Notez la main de l'esclave rebelle encore prisonnière du marbre. Seul un formidable artiste travaillant directement la roche peut se permettre une telle audace. Fier de son travail et le montrant, c'est un artiste de la Renaissance, qui revendique ici la liberté du créateur choisissant jusqu'au moment où arrêter son ciseau.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Ainsi se termine ce premier parcours accessible. Pour rejoindre la sortie, reprenez l’ascenseur M direction Entresol bas et sortez de l’aile Denon sur votre gauche. Suivez ensuite la mezzanine sur votre droite pour emprunter les ascenseurs D ou E qui vous mèneront à la Pyramide. Prenez l'ascenseur tubulaire pour rejoindre la sortie.