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Parcours La fureur de peindre, Eugène Delacroix

Peintures - Durée : 1h30 - Jours de visite : Mercredi Vendredi Samedi Dimanche

Groupes scolaires Adulte

La Mort de Sardanapale - 275 * 275 px
La Mort de Sardanapale - 275 * 275 px

© Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais / H.Lewandowski

00Introduction

C’est dans une traversée tumultueuse que va vous entraîner Eugène Delacroix : la souffrance, la peur, le désespoir, parfois ponctués d’enthousiasme et d’allégresse seront vos escales. Vous découvrirez comment le peintre joue sur les couleurs, la lumière et le mouvement pour nous émouvoir.

Je n’aime pas la peinture raisonnable », affirme Eugène Delacroix (1798-1863) dans son Journal. C’est dans une traversée tumultueuse que va vous entraîner le peintre : la souffrance, la peur, le désespoir, parfois ponctués d’enthousiasme, d’allégresse ou de tranquillité, seront vos escales. L’artiste a notamment puisé dans la mythologie, la littérature, l’Orient et l’histoire contemporaine pour donner forme à ces sentiments exacerbés. Les oeuvres de grand ou de petit formats sont présentées dans un ordre qui n’est délibérément pas chronologique. Vous y découvrirez surtout comment le peintre joue sur les couleurs, la lumière et le mouvement pour nous émouvoir, voire nous ébranler. Embarquez avec Delacroix et laissez-vous emporter par sa fureur de peindre !

NB : ce parcours ne peut être fait le lundi et le vendredi en nocturne.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Depuis la pyramide, prenez l’escalier mécanique direction Sully. Après le contrôle des billets, dirigez-vous vers le fond et empruntez sur la gauche l'ascenseur G jusqu’au 2e étage. En sortant de l'ascenseur, tournez à gauche et traversez le pavillon de l'Horloge puis passez les portes en verre qui mènent aux Peintures Françaises. Traversez les salles 952 à 946 puis prenez à gauche jusqu'à la salle 942. La première œuvre est un petit format qui se trouve sur le mur à votre droite.

 

 

Hamlet et Horatio au cimetière
Hamlet et Horatio au cimetière

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

01Hamlet et Horatio au cimetière

Dans l’acte V de la pièce de Shakespeare, Hamlet, attendant avec Horatio le convoi funéraire de sa fiancée, médite sur la fragilité de l’existence. Delacroix s’est inspiré de ce texte à plusieurs reprises pour traduire cette angoisse. Vous pouvez le constater sur un autre petit format à gauche. Voyez ce crâne. Le geste ostentatoire du fossoyeur ne crée-t-il pas une sensation de malaise ? Imaginez le trajet des regards et suivez les lignes formées par la colline, le sentier et le doigt pointé du personnage de dos : tout converge vers cette tête déterrée. Appréciez le jeu des couleurs : le ciel bleu, gris et jaune et le sol terreux forment un écrin lugubre ; ils créent une atmosphère pesante en accord avec le tourment des humains. Le noir, couleur du deuil, habille Hamlet. Son visage lisse et la délicatesse de ses doigts mettent en valeur sa jeunesse éphémère.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Dans cette même salle, regardez sur le mur perpendiculaire à gauche.

Noce juive au Maroc
Noce juive au Maroc

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

02Noce juive au Maroc

De son voyage au Maroc, étape essentielle de sa création, Delacroix rapporte de nombreux carnets. Il puise dans ce trésor de croquis, d’aquarelles et de notations pour composer d’importantes toiles moins tourmentées, dont ce mariage. On sait d’ailleurs qu’il a assisté à Tanger à une noce. Observez comment les contrastes d’ombre et de lumière donnent de la profondeur à la scène. Parcourez l’assemblée cosmopolite et notez les différentes postures, les gestes, les regards. Approchez-vous : les petits coups de pinceau restituent la luminosité des couleurs orientales. Mais à quoi peuvent renvoyer le mur blanc et le vide, au centre ? Sans doute à l’absence de la mariée. Relevez les différentes portes, fenêtres, ouvertures qui attisent notre curiosité. Quelque chose d’essentiel se joue à l’intérieur. Dans cette même salle, vous apercevez, sur le mur opposé, à droite, un autoportrait de l’artiste.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Dans cette même salle, revenez sur le mur de droite.

 

Rébecca enlevée par le Templier
Rébecca enlevée par le Templier

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

03Rébecca enlevée par le Templier

Le sujet, emprunté à Ivanhoé, roman historique de Walter Scott, met en scène des personnages médiévaux. Delacroix aime raconter des histoires tragiques : meurtres, enlèvements, sacrifices lui permettent de déployer sa touche nerveuse et sa palette colorée. Placez-vous à gauche du tableau de façon à avoir un angle de vue latéral. Dessinez du doigt le trajet de votre oeil : depuis la poutre en bas, la croupe et la crinière du cheval, puis Rébecca jusqu’à la fumée qui s’élève vers le ciel. Cette courbe en «S» structure l’oeuvre : l’enlèvement brutal est pris sur le vif dans une agitation tourbillonnante. Vous apprécierez combien l’héroïne se débat, buste et nuque jetés en arrière. Face à la toile, relevez les couleurs chaudes (rouge, oranger, jaune) et le blanc dispersés dans cette nuit confuse. Ce contraste traduit l’intensité dramatique et la peur de la jeune femme.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Dans cette même salle, sur le mur perpendiculaire à droite.

Eugène Delacroix, Médée Furieuse
Eugène Delacroix, Médée Furieuse

© 2011 RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

04Médée furieuse

Cette œuvre se trouve actuellement à l'exposition du musée Eugène-Delacroix « Dans l'atelier, la création à l'œuvre » jusqu'à la fin de l'année 2019.

Delacroix se réfère à un personnage mythologique de la tragédie antique ; Médée, abandonnée et trahie par Jason, choisit l’infanticide pour se venger.Dessinez la pyramide des corps : les deux enfants et leur mère ne font qu’un. Ce rapprochement évoque la passion maternelle. La lumière entre dans la grotte par la gauche et modèle leurs chairs généreuses avec sensualité. Cette femme acculée fuit-elle pour protéger ses enfants ou pour les tuer ? Relevez les différents éléments qui expriment la sauvagerie dans le décor – la grotte, la terre, les herbes – et chez les personnages – la chevelure de Médée, l’ombre sur son visage, la brutalité de ses gestes, les bras et les yeux des enfants. À cette barbarie s’oppose la richesse des bijoux : notez, entre autres, le diadème de la reine bafouée. Sa détermination se lit sur le profil et le poing serré sur la dague, sa rage dans le rouge et le brun de la robe.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Revenez sur vos pas et traversez les salles 943 à 949. Rendez-vous dans la salle 950.

Jeune orpheline au cimetière
Jeune orpheline au cimetière

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

05Jeune orpheline au cimetière

Ce tableau, qu’Eugène Delacroix a réalisé dans sa jeunesse, a longtemps été considéré comme une étude préparatoire aux Massacres de Scio. Avant même d’en connaître le titre, nous percevons la tristesse qui en émane. Examinez combien les contours sont tracés avec précision. Ils mettent en relief la jeune fille sur le fond plus flou du ciel et du cimetière désolé. Remarquez comment se manifeste subtilement le désespoir : les larmes perlent au bord de l’oeil cerné, la bouche s’entrouvre, le corsage glisse, dénudant l’épaule, la main est abandonnée sur la cuisse. Relevez les ombres : sur la nuque, le cou, celle plus sombre à droite du personnage. Voyez également comment la palette froide du paysage et des vêtements sert le sentiment général. Appréciez de plus près le délicat modelé du visage et du décolleté, la touche légère des étoffes qui exacerbent l’impression de solitude. Mais que regarde l’orpheline au-delà du cadre ?

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Dans cette même salle, regardez le tableau à droite.

Le prisonnier de Chillon
Le prisonnier de Chillon

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

06Le prisonnier de Chillon

Ce tableau reprend un poème de Byron, auteur anglais du XIXe siècle, qui célèbre un politicien genevois du XVIe siècle, François Bonivard. Opposé au pouvoir, il fut emprisonné au château de Chillon, sur le bord du lac Léman, et assista à la mort de son frère. C’est la violence infligée au prisonnier et son impuissance qui intéressent le peintre. Vous pénétrez dans un cachot. Votre oeil s’habitue progressivement à la pénombre puis discerne la tension du corps du détenu. Suivez de plus près la diagonale éclairée formée par le pied qui s’appuie sur la colonne, le corps, le bras et le regard désespérément tendus. Repérez la chaîne scellée qui le retient. À ce mouvement s’oppose, dans l’obscurité, l’enroulement du corps du frère qui se meurt, si proche et pourtant inaccessible. Notez enfin la gamme sombre et réduite de bruns et d’ocres. Elle concourt à l’expressivité animale liée à la captivité.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre

Reprenez l’ascenseur G jusqu’au premier étage. Tournez à droite, passez devant l'escalier Henri II et traversez les salles 663 et 662. Dans la salle des Sept Cheminées (660-1-Sully) tournez à gauche pour entrer dans l'aile Denon. Traversez la rontonde d'Apollon (704-1-Denon) jusqu’à la Victoire de Samothrace. Descendez les deux volées d’escalier pour remonter à droite vers les salles rouges consacrée aux grands formats de la collection des Peintures françaises. Traversez les salles 702 et 700. Le prochain tableau se trouve au milieu du mur à votre gauche lorsque vous rentrez dans la salle 700.

Dante et Virgile aux enfers, dit aussi La Barque de Dante
Dante et Virgile aux enfers, dit aussi La Barque de Dante

© RMN (Musée du Louvre) / Droits réservés

07Dante et Virgile aux enfers

La première oeuvre officielle de Delacroix s’inspire de La Divine Comédie de Dante, écrivain italien du XIIIe-XIVe siècle. Virgile, le poète latin, y entraîne l’auteur dans un voyage initiatique. Le peintre utilise cet épisode pour mettre en scène son sentiment d’une humanité en perte de repères. Voici les enfers. Remarquez au fond la lumière rouge du feu infernal et au premier plan, la clarté blafarde des corps. Elles traduisent l’épouvante de ce lieu empli d’obscurité. Approchez-vous et observez les contorsions et les expressions des personnages nus, alignés, yeux écarquillés de peur et visages déformés par la douleur. Elles nous font partager l’horreur de ces suppliciés qui tentent vainement de s’agripper à l’embarcation. Dans cette tempête, distinguez les deux poètes. Un bonnet rouge encadre le visage de Dante ; un tissu blanc souligne celui de Virgile : debout sur la barque du passeur, ils contemplent ce chaos. Notez, au centre du tableau, leurs mains presque unies.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Dans cette même salle, regardez à droite.

 

Le 28 juillet 1830 : la Liberté guidant le peuple
Le 28 juillet 1830 : la Liberté guidant le peuple

© Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais

08Le 28 Juillet : la Liberté guidant le peuple

Cette œuvre est à part dans la carrière de Delacroix, qui privilégiait les sujets orientalistes. Cette fois, il choisit de s’inspirer d'un événement de son temps : « les Trois Glorieuses », ces trois journées révolutionnaires de juillet 1830 pendant lesquelles le peuple parisien s’est soulevé contre le régime autoritaire de Charles X. Dressée au sommet d’une barricade, l’allégorie de la Liberté avance sein nu et brandit le drapeau tricolore. Remarquez la construction pyramidale, renforcée par le mouvement de l’homme blessé sur la gauche, qui se redresse vers la figure centrale du tableau et conduit le regard du spectateur jusqu’à elle. Notez que le drapeau sort du cadre, accentuant le mouvement des personnages qui marchent en direction du spectateur. Retrouvez partout dans le tableau les couleurs du drapeau tricolore : sur le personnage implorant, dont la tunique bleue, la chemise blanche et la ceinture rouge reprennent ces trois couleurs. Ou encore sur le cadavre de gauche dont vous apercevez la chaussette bleue, la chemise blanche et le sang rouge qui coule de sa tête. Cette omniprésence des couleurs est d’autant plus symbolique que le drapeau tricolore avait été interdit sous la Restauration, entre 1815 et 1830.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Dans cette même salle, sur le mur derrière vous.

Scène des massacres de Scio ; familles grecques attendantla mort ou l'esclavage
Scène des massacres de Scio ; familles grecques attendantla mort ou l'esclavage

© R.M.N./H. Lewandowski

09Scène des massacres de Scio

Il s’agit là d’un sujet d’actualité: la guerre d’indépendance qui opposa, au début du XIXe siècle, les Grecs aux Turcs. Sur l’île de Scio, des milliers de Grecs furent massacrés. Delacroix trouve là matière à une oeuvre de grand format. Déplacez-vous de gauche à droite en fixant les visages et les corps éclairés. Le dénuement, l’effroi ou la lassitude ne se lisent-ils pas dans les expressions ? L’horreur de la guerre est suggérée par la nudité et l’affaissement physique des vaincus. Voyez tout près les lames des poignards. Larmes et sang coulent sur le corps d’un couple qui se meurt. Les vainqueurs armés et vêtus de leur uniforme sont rejetés dans l’ombre et augurent du destin funeste de leurs victimes. Éloignez-vous et levez les yeux vers le lointain. L’alternance de taches sombres et lumineuses dessine un paysage apocalyptique après une violente bataille. L’imprécision de la touche sert cette impression de désolation.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Dans cette même salle, regardez à gauche.

Femmes d'Alger dans leur appartement
Femmes d'Alger dans leur appartement

© 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier

10Femmes d'Alger dans leur appartement

Petit poème d’intérieur, plein de repos et de silence », écrit Baudelaire, poète contemporain, à propos de cette première grande toile de Delacroix inspirée par son voyage en Orient. À Alger, l’artiste visite secrètement un harem. D’emblée, appréciez la sérénité qui émane de ce tableau. Goûtez comment la lumière baigne la scène. Pourtant couleurs et formes, ainsi métamorphosées, occupent tout l’espace et ne cessent de solliciter l’oeil. Observez la variété des motifs. Les teintes s’enchevêtrent pour s’animer en une palette raffinée. Observez la nonchalance de la servante et les postures alanguies des belles Orientales. Leurs mains, leurs jambes et les regards perdus participent de la torpeur statique. Approchez-vous et examinez les effets de matières : matité des tapis, coussins, carrelage, chatoiement des miroirs, bijoux, soieries, verres… Les empâtements et les petits coups de pinceau apparents restituent l’atmosphère étouffante et close.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Dans cette même salle, regardez à gauche.

 

 

Mort de Sardanapale
Mort de Sardanapale

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

11La Mort de Sardanapale

Dans l’Antiquité, Sardanapale, un roi oriental légendaire, ordonne que l’on dresse un bûcher sacrificiel pour éviter la honte d’une défaite. Femmes, esclaves, chevaux sont massacrés. Il s’immole ensuite. Delacroix, peintre des extrêmes, choisit ce thème pour représenter un spectacle d’horreur. Quel chaos ! Où sommes-nous ? Regroupez les personnages par couple. Le roi et sa maîtresse évanouie sur le lit, l’esclave noir tirant son cheval blanc à gauche, la femme nue de dos qu’un homme poignarde à droite… tous se trouvent éparpillés sur la toile de façon à faire perdre leurs repères aux spectateurs. Prenez du recul et plissez les yeux pour voir comment le blanc, le jaune et le rouge sont répartis, telle une cascade chaude et lumineuse de gauche à droite et de haut en bas. L’excès de luxe et de plaisir s’exprime à travers les couleurs des objets, des tissus, des bijoux, et les corps renversés. L’attitude impassible du souverain choque d’autant plus dans cette violente débauche.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :

Vous avez terminé votre parcours, repartez à droite et traversez la salle 700. Prenez l’ascenseur K dans la salle 701 jusqu’à l’entresol pour rejoindre la pyramide.

 

Auteur(s):
Martine Duverger et Christine Thibert
Parcours réadapté à la nouvelle muséographie