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Parcours Héraclès, Une autre image du héros

Antiquités grecques, étrusques et romaines - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Samedi Dimanche

Groupes Adulte

Héraclès au repos
Héraclès au repos

© Musée du Louvre

00Introduction

Nous connaissons tous Héraclès et ses douze travaux, Hercule et sa peau de lion qui lui couvre la tête et les épaules. À travers ce parcours, nous découvrirons d'autres visages du héros, quelques exploits certes, mais aussi des images plus inattendues qui font partie des collections grecques, étrusques et romaines.

Héraclès : homme, dieu ou héros ? Peu d'entre nous ignorent sa légende : héros grec, grand navigateur et civilisateur. Il se transforme en "héros culturel", porte drapeau de l'hellénisme en terre ";sauvage", en Occident comme en Orient, où sa diffusion suit souvent les traces d'Alexandre le Grand. Il rencontre des "cousins" parmi les dieux phéniciens, iraniens ou parthes, avec lesquels il entre parfois en concurrence ou bien auxquels il s'assimile. Fondateur mythique, ancêtre des découvreurs de sites, il est aussi le violent, le furieux. Héros, fort et viril, des soldats, des jeunes, des enfants de naissance illégitime et des athlètes, il fonde les premiers jeux Olympiques et le grand autel de Zeus à Olympie. C’est encore celui qui endure le travail pénible et l'effort douloureux, qui s'initie aux Mystères, descend aux Enfers, meurt, ressuscite et devient immortel. Nous lui connaissons d'innombrables sanctuaires où il était quasiment toujours honoré comme un dieu, bénéficiant, comme eux, de sacrifices sanglants. À Lindos, et dans d'autres sanctuaires, il apparaît comme un dieu mangeur de bœuf, divin glouton dont la comédie illustre la gourmandise, l'appétit sexuel et la démesure en toutes choses. Ce trait rituel fondamental le différencie certes des autres Olympiens, mais il n’en est pas moins un dieu, et sa gloutonnerie fonde à la fois sa personnalité et son culte. N'est-il pas le seul à courir le risque – mortel ! – de ne pas se contenter des fumets comme les dieux de l'Olympe mais de participer aux banquets des mortels ?


Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Sous la Pyramide, prenez la direction Denon. Après les contrôles, gravissez le petit escalier sur votre gauche pour entrer dans les Antiquités grecques (170--1-Denon). Dirigez-vous vers le fond de la galerie. La première oeuvre se trouve sur le mur à droite de la sortie.

Elément d'architrave sculptée : scène de banquet
Elément d'architrave sculptée : scène de banquet

© Musée du Louvre

01Elément d'architrave sculptée : scène de banquet

Temple d'Athéna à Assos 550 - 525 avant J.-C.

Le temple d'Assos dédié à Athéna est le seul édifice d'ordre dorique conservé en Asie Mineure et présente la particularité d'être décoré, en plus des métopes et triglyphes, d'une frise ionique ornée de sujets tirés de la mythologie.
Après avoir accompli les douze travaux, Héraclès prit part à un concours de tir à l'arc organisé par le roi d'Œchalie, Eurytios. Le prix était la main de sa fille Iolé. Héraclès fut le vainqueur, mais les frères d'Iolé s'opposèrent à cette union et accusèrent Héraclès d'avoir volé du bétail. Le héros furieux quitta le palais et tua le fils du roi Iphitos. À la suite de ce nouveau crime, Héraclès fut vendu en esclavage par Hermès et acheté par la reine Omphale. L'histoire prétend que cette nouvelle démence a été, encore une fois, envoyée par Héra.
Sur cette partie de la frise, composée de quatre fragments, on distingue à gauche, près d'un cratère à colonnettes, un jeune échanson qui sert à l’aide d’une oenochoé le premier des quatre convives. Ils sont allongés sur des lits de banquets, appuyant leurs coudes sur des coussins et tenant un vase à boire dans la main. Le troisième homme tourné vers la gauche offre une couronne à son convive que l'on suppose être Héraclès. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un invité d'honneur, car il s'appuie sur un double coussin et porte la main droite sur la poitrine en signe de reconnaissance. Si, comme il est suggéré, le personnage est Héraclès, il s'agirait alors du banquet offert au héros par le roi d'Œchalie.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Dirigez-vous vers le mur à gauche de la porte.

Elément d'architrave sculptée : combat d'Héraclès et de Triton
Elément d'architrave sculptée : combat d'Héraclès et de Triton

© 2006 Musée du Louvre / Daniel Lebée et Carine Deambrosis

02Elément d'architrave sculptée : combat d'Héraclès et de Triton

Temple d'Athéna à Assos 550 - 525 avant J.-C.

Selon Hésiode qui le mentionne le premier, Triton est un dieu marin, fils de Poséidon et d'Amphitrite, être monstrueux mi-homme mi-poisson à double queue. Sa demeure se trouvait dans le lac Tritonis en Libye. Il assistait son père dans ses combats et, lors du combat des Grecs contre les Géants, il effraya ses adversaires grâce au son inouï de sa conque.
Il apparaît dans l'iconographie pendant la deuxième moitié du VIe siècle av. J.-C., luttant avec Héraclès, bien que cet affrontement ne s'associe à aucune légende connue ou source littéraire. Leurs noms se trouvent réunis sur quatre vases attiques à figures noires. Toutefois, sur nombre de vases, Héraclès combat un autre monstre marin, Nérée, le vieux dieux de la Mer, lui aussi mi-homme mi-poisson. Cette lutte intervient quand Héraclès tente de soutirer le secret du chemin vers le jardin des Hespérides. Il semble que l'iconographie de Nérée se soit progressivement confondue avec l'image de Triton, d'ailleurs tous deux puisent leurs origines dans des modèles venant du Proche-Orient.
Le fragment du Louvre est constitué de deux composantes : à gauche, six Néréides, représentées à petite échelle, reproduisant le même geste. À droite, les deux énormes figures enlacées dans un puissant corps-à-corps. Le carquois sur son dos, débarrassé de sa léonté et de son arc, Héraclès, la jambe gauche fortement pliée, l’autre tendue vers l’arrière, pousse son corps vers l’avant afin d’arrêter le monstre dont le corps semble continuer à onduler et avancer.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Regardez plus bas la vitrine 51.

Arula
Arula

© 1995 Photo RMN / Hervé Lewandowski

03Arula

Troisième quart du VIe siècle. Provenance : Sicile

Vous voyez ici une arula, un de ces petits autels, petits meubles le plus souvent en terre cuite, sur le dessus desquels on disposait des offrandes. Connues en Grèce continentale, c'est en Italie méridionale et en Sicile, où elles devaient jouer un rôle important dans la religion locale et servaient peut-être dans les cultes domestiques et funéraires, qu'on en a recueilli le plus grand nombre.
La scène qui décore la face principale est en relief polychrome. L'artiste a choisi, plutôt que celui de la lutte, le thème de la poursuite de Triton par Héraclès, plus adapté au format, tout en longueur, de la composition. D'ailleurs, par le corps ondulant du monstre, qui dépasse même son cadre, il a renforcé l'impression de la différence de tailles entre le gigantisme de Triton et le corps du héros.
L'artiste a tiré entièrement profit de l'étroit espace disponible entre la corniche et le socle, et la disposition des corps crée l'illusion d'une scène qui se déroule dans l'élément liquide. Triton, tenant une couronne et un poisson, les bras pliés dans un mouvement de nage, se propulse vers la droite. Héraclès, les mains accrochées à la première nageoire et à la chevelure du monstre, flotte dans l'eau, sa dernière brasse à peine achevée, le corps tendu formant une ligne presque horizontale.
La scène est encore plus animée grâce à une vive polychromie, nous constatons par ailleurs que cet épisode connaît peu de variations depuis son apparition dans l'art.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
L'oeuvre suivante n'est pas visible jusqu'en janvier 2019. Pour vous rendre à l'étape 5, sortez de la salle 170--1-Denon et gravissez l'escalier face à vous. Dirigez-vous ensuite sur votre droite. Vous apercevez l'oeuvre suivante dans la cour du Sphinx (salle 419-0-Denon).

Portrait d'un jeune garçon en Hercule
Portrait d'un jeune garçon en Hercule

© 2006 Photo RMN / Hervé Lewandowski

04Portrait d'un jeune garçon en Hercule

Le culte d'Hercule à Rome aurait été institué par le Grec Évandre à Ara Maxima sur le Forum Boarium. Les manifestations publiques de ce culte remonteraient à la fin du IVe siècle av. J.-C. au plus tard, avec la fondation du temple d'Hercule Invictus près du Circus Maximus. Mais l'existence d'une statue étrusque en terre cuite d'Héraclès, datant du VIe siècle, était attestée par Pline. La conquête de la Grèce au IIe siècle coïncide avec un renouveau d'intérêt des Romains pour Héraclès-Hercule, et nous notons une vague de constructions ou de restaurations de temples effectuées afin d'abriter les statues faisant partie du butin de guerre rapporté de Grèce. Héraclès fut alors une source d'inspiration pour les artistes romains, qui reproduisirent, en copiant ou en créant, avec plus ou moins de variantes, des nouveaux types iconographiques sur les gemmes, les monnaies ou la statuaire.
Parmi eux, des statuettes d'enfants avec les attributs d'Héraclès. Ils portent habituellement la léonté qui couvre la tête et les épaules, les pattes avant nouées sur la poitrine, tenant ou, comme ici, s'appuyant sur la massue. Ce jeune garçon adopte également la position dite d'« Hercule au repos », d'après la fameuse statue Hercule Farnèse, dont vous admirerez un peu plus loin une copie sous la forme d'une statuette en bronze.
 

Héraclès (Hercule) et Télèphe
Héraclès (Hercule) et Télèphe

© 1993 Photo RMN / Droits réservés

05Héraclès (Hercule) et Télèphe

Télèphe est le fils d'Héraclès et d'Augé. Dès l'Antiquité, deux séries de traditions relatent les circonstances de sa naissance : les unes remontant à des sources épiques, les autres utilisées par les tragiques. Ce groupe statuaire fait allusion au deuxième courant. Télèphe, séparé de sa mère vendue comme esclave, fut abandonné dans les montagnes et nourri par une biche. Recueilli par un berger, il fut ensuite élevé par le roi Corythos qui l'appela Télèphe, nom dans lequel nous retrouvons le mot grec « élaphos » signifiant « cerf » ou « biche ».
Le groupe d'Héraclès portant son fils mesure 2,43 m. Il s'agit sans doute d'une copie romaine de l'époque antonine, d'une œuvre originale pergaménienne du IVe siècle av. J.-C., analogue à la statue d'Eiréné portant Ploutos de Céphisodote ou à celle d'Hermès portant l'enfant Dionysos de Praxitèle.
Des adaptations romaines des originaux venant de Pergame, près de deux fois plus grandes que nature, ont été conçues pour décorer les colossales réalisations architecturales des bains et palais de Rome.
Héraclès, la léonté couvrant la tête et les épaules, tient la massue de la main droite et de l'autre un petit enfant. Une biche fait partie du groupe, levant la tête vers l'enfant. Sur cette statue et sur les deux autres copies assez proches, à Wilton House et au Metropolitan Museum, nous remarquons le mouvement exagéré de la hanche, qui apparaît encore plus perceptible ici, avec Télèphe contrebalançant la composition. Par ailleurs, on peut rapprocher la tête d'Héraclès d'une peinture de Pompéi sur le même sujet.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Continuez dans la salle 415-0-Denon, puis prenez à gauche et continuez jusqu'à la salle 412-0-Denon. La statuette d'Hercule vous tourne le dos sur votre gauche.

Hercule
Hercule

© 1999 Photo RMN / René-Gabriel Ojéda

06Hercule

Cette statuette en bronze et argent d'Hercule est très bien conservée. Il est représenté dans la force de son âge, en marche, le pied gauche en arrière et sur la pointe, il tient dans la main gauche la massue et probablement un vase à boire dans la main droite. Cet élément rapporté, peut-être un canthare, a disparu. La peau de lion, la léonté, couvre son épaule. Elle est fondue à part et forme une seule pièce avec le bras gauche, venant s'appuyer sur l'épaule, et cache complètement le point d'attache.
L'image d'Héraclès debout, avançant la main dans laquelle il tient une coupe, geste qui lui a valu l'appellation de « bibax », (« grand buveur »), devient fréquente au IVe siècle. Nu et barbu, sa position dérive des canons établis par le sculpteur Polyclète, un des maîtres du classicisme avec Lysippe.
Le visage représenté ici est marqué, le front bosselé, le nez épais, la bouche entrouverte. Le regard est accentué par l'utilisation d'incrustation d'argent pour les yeux, les prunelles sont indiquées, les pupilles creusées.
Le vase à boire associe Héraclès à Dionysos, à sa participation aux banquets des dieux et par conséquent à son immortalité. D'autre part, dans le cas où le vase tenu serait un skyphos, l'artiste romain aurait pu faire allusion au voyage d'Héraclès vers l'ouest, vers l'Occident, dans la coupe du Soleil.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Continuez tout droit jusqu'à la rotonde où se trouve la boutique (408-0-Sully), puis tournez à droite pour entrer dans les salles d'Antiquités grecques. Poursuivez tout droit dans la galerie jusqu'à la salle 340-0-Sully.

Statuette d’un roi en Héraclès (?)
Statuette d’un roi en Héraclès (?)

© 2006 Photo RMN / Hervé Lewandowski

07Statuette d'un souverain hellénistique en Héraclès ?

Sur cette statuette en marbre nous retrouvons deux éléments caractéristiques essentiels de la sculpture grecque hellénistique : d'une part les influences du sculpteur Lysippe, fort répandues à partir du IIIe siècle av. J.-C., à savoir la musculature forte et nerveuse, la tête petite et tournée vers la droite, le visage imberbe et les yeux enfoncés dans leurs arcades sourcilières. D'autre part, une caractérisation certaine du visage, avec le bandeau qui ceint la chevelure courte et bouclée, et le mouvement volontaire de la tête qui n'est pas sans rappeler certaines statues de princes hellénistiques.
Un troisième point attire notre attention : ce sont les attributs tenus par le jeune homme. Dans la main gauche subsiste encore une partie de la massue, tandis que la léonté, enroulée autour du même bras, couvre en partie, et très judicieusement, le support de la statuette en forme de tronc d'arbre. Nous sommes sans doute devant une représentation d'Héraclès, mais, au-delà de cela, il s'agit peut-être aussi d'une de ces images de princes hellénistiques divinisés et immortalisés sous les traits du héros grec.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
L'oeuvre suivante se trouve dans la même salle derrière vous. Elle n'est pas visible jusqu'à janvier 2019.

Mithridate VI Eupator, roi du Pont (120 - 63 avant J.-C.) en Héraclès
Mithridate VI Eupator, roi du Pont (120 - 63 avant J.-C.) en Héraclès

© 2003 Photo RMN / Hervé Lewandowski

08Mithridate VI Eupator, roi du Pont (120 - 63 avant J.-C.) en Héraclès

Mithridate VI Eupator, dernier souverain du royaume de Pergame, a vécu entre 132 et 63 av. J.-C.
Lors de son avènement, l'idéalisation de l'image royale devient beaucoup plus marquée. Nous distinguons clairement cette intensification ainsi que les composantes héroïques et divines sur les portraits royaux.
Un premier type apparaît sur les monnaies vers 100 av. J.-C. Les traits sont réalistes, le souverain y est âgé de trente ans, les cheveux tombant sur les épaules. Après la guerre contre Rome, en 89-88 av. J.-C., et l'invasion des provinces de l'Asie, un deuxième type monétaire voit le jour et servira d'image officielle jusqu'à sa mort à 69 ans ; il y est plus jeune, plus idéalisé et plus exalté. Ces portraits étaient destinés aux populations grecques de l'Asie Mineure comme l'étaient  les pièces de monnaies à son effigie sous les traits d'Alexandre-Héraclès ou Alexandre-Ammon. Mithridate par ses portraits affirme son statut de chef de l'hellénisme de la Grèce de l'Est, se vantant être le descendant des grands rois Cyrus et Alexandre.
Ce portrait-ci, à peu près de taille humaine, finement travaillé, semble être une version proche du premier type des portraits plus individualisés.
Les portraits de Mithridate ne sont pas des copies d'Alexandre ou de Séleucos de la fin du IVe et début du IIIe siècle av. J.-C., mais une adaptation et une évolution du type séleucide contemporain. La léonté rapproche Mithridate plus d'Alexandre que d'Héraclès. Certes la peau de lion, l'anastolé, et l'expression exaltée sont celles des portraits d'Alexandre ; il a peut-être voulu ressembler à Alexandre, mais en fait c'est son image qui va influencer les représentations d'Alexandre au Ier siècle.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Continuez dans la salle suivante (339-0-Sully) et entrez dans la salle sur votre droite. L'oeuvre suivante se trouve dans l'embrasure de la fenêtre de gauche.

Héraclès au repos
Héraclès au repos

© Musée du Louvre

09Héraclès au repos

Le type statuaire présentant Héraclès âgé, fatigué, s'appuyant lourdement sur la massue recouverte de la léonté, semble trouver ses origines dans une création du sculpteur Lysippe. Il emprunte à ce sculpteur la posture : Héraclès s'appuyant sur la massue placée sous l'aisselle, sa main gauche pendant mollement. La musculature et la pondération restent néanmoins des traits polyclétéens. D'autre part, Polyclète est considéré comme étant le premier à avoir représenté Héraclès avec la main derrière la hanche.
Ce type d'Héraclès au repos, lourd et las, a été très largement diffusé, des monnaies aux figurines, des statues en marbre aux gemmes. Il est aussi appelé, d'après la statue colossale, 3,17 m de haut, conservée à Naples, « Hercule Farnèse ». Elle est basée sur le prototype en bronze de la fin du IVe siècle et caractérisée par sa taille monumentale, sa musculature lourde et exagérée de façon dramatique, et surtout par la lassitude et la mélancolie qui émanent tant de la position que du visage d'un héros traditionnellement représenté robuste et viril.
De taille humaine ou miniatures, différentes versions existent : aux traits torturés caractéristiques du baroque hellénistique, ou plus fines et aux émotions contenues à la manière du style propre à la fin du IVe siècle. On peut même dire qu'il s'agit de la statue la plus copiée et imitée de toute l'œuvre de Lysippe.
Une autre version du même type, en marbre celle-là et d'une hauteur totale de 1,80 m, orne la grande galerie des Peintures.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenez sur vos pas, reprenez l'enfilade des salles de la galerie que vous avez traversée, continuez jusqu'à l'escalier Daru et gravissez-le jusqu'à la Victoire de Samothrace. Entrez dans les salles à gauche de la Victoire et continuez tout droit jusqu'à la salle 647-1-Sully. L'oeuvre se trouve dans la vitrine 9 à gauche de la fenêtre (n° 5).

Héraclès assis
Héraclès assis

© Musée du Louvre

10Héraclès assis

Héraclès est représenté ici assis sur un rocher couvert de la léonté, tenant une coupe dans la main droite et s'appuyant sur la massue de la main gauche, levant la tête vers le ciel. L'original est une commande d'Alexandre, signé par Lysippe ou d'après une copie de Lysippe, fabriqué vers 332 av. J.-C. lors de la campagne d'Alexandre le Grand en Phénicie. Il se trouve ensuite à Rome du temps de l'empereur Domitien, célébré par deux poètes romains Martial et Statius. Il s'agissait d'une statuette en bronze destinée à être placée sur la table d'Alexandre. De là provient l'épithète « épitrapézios » signifiant «sur la table» de cet objet déjà connu des Phéniciens.
Dans l'Héraclès Épitrapézios, la vigueur du corps exprime l'idée de la force, mais ici la position évoque un certain relâchement. Le visage est marqué par la douceur et même la lassitude. L'attitude de repos indiquerait l'idée qu'après avoir accompli les travaux, il demande aux dieux sa récompense, à savoir recevoir dans la coupe le nectar de l'immortalité.
Nous avons ici un des nombreux exemples de ce nouveau style plus proche de la nature humaine, s'éloignant de l'idéal classique, faisant disparaître les dernières traces de dureté, et rendant avec une vérité nouvelle ce qui est le plus vivant dans le corps humain : la chair.
Les formes du corps n'ont rien d'héroïque, et la position se rapproche même un peu de celle de certaines représentations des silènes. Mais n'est-ce pas justement le rôle que cette statuette « sur la table » toujours en petite échelle devait jouer, c’est-à-dire un ornement de festin, un peu bacchique ?

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Dans la salle 646-1-Sully, vous trouverez l'oeuvre suivante dans la vitrine 10  (n° 11 à gauche).

Acteur tragique
Acteur tragique

© 1991 Photo RMN / Droits réservés

11Acteur tragique

Cette figurine en terre cuite représente un acteur tragique dans le rôle d'Héraclès. Il est vêtu d'un chiton long à manches plissées recouvert d'une robe sans manches à ceinture haute et chaussé de cothurnes, les chaussures des acteurs à hautes semelles. La main droite est appuyée sur la massue, la gauche tient un masque tragique barbu avec un haut « onkos » (« masse de cheveux ») sous la tête du lion.
L'« onkos » sur les masques n'apparaît pas avant 320 av. J.-C., tandis que les cothurnes sont introduits au IIe siècle.
Le haut «onkos» était réservé aux rôles principaux, et le plus modeste aux rôles secondaires. En conséquence, ici l'acteur tient un rôle central. Nous connaissons deux tragédies où Héraclès est le protagoniste : «les Trachiniennes» de Sophocle et «Héraclès furieux» d'Euripide, œuvre très appréciée à l'époque hellénistique et adaptée par Sénèque à l'époque romaine. La tragédie d'Euripide se présente sous la forme d'un triptyque. Elle comprend un tableau central «Héraclès furieux» qui est le plus important, encadré de deux autres tableaux qui s'opposent, «Héraclès sauveur» et «Héraclès triomphant». Certains masques d'Héraclès ont le nez étroit, pincé, et les sourcils tombants. Nous pouvons supposer que l'acteur changeait de masque lors de la pièce et d'un personnage arrogant et sûr de lui au début devenait un personnage affligé à la fin.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Continuez dans la salle des Colonnes (645-1-Sully) et entrez à droite dans la galerie Campana. Tournez à gauche et rejoignez la salle 652-1-Sully. L'oeuvre suivante se trouve dans la vitrine 20. Notez que jusqu'au 18 février 2019, l'oeuvre sera présentée dans l'exposition "Un rêve d'Italie. La collection du marquis Campana".

Cratère en calice attique à figures rouges
Cratère en calice attique à figures rouges

© Musée du Louvre, dist. RMN / Philippe Fuzeau

12Cratère en calice attique à figures rouges

Fils de Poséidon, dieu des Mers, et de Gaïa, la Terre, le géant Antée habitait la Libye où il contraignait les voyageurs à lutter contre lui. De leurs dépouilles il décorait le temple de son père. Tant qu'il touchait le sol, il était invincible. Héraclès, lors de sa quête des pommes d'or dans le jardin des Hespérides, parvient à l'étouffer en le soulevant sur ses épaules. Sur ce cratère, les deux figures, monumentales par rapport aux trois femmes qui s’enfuient, sont présentées nues, enlacées comme des lutteurs de pancrace ; position que l'on retrouve sur les scènes de la lutte contre le lion.
Le peintre a joué sur les contrastes pour animer la scène et la rendre plus intense et ainsi différencier le héros civilisé du géant primitif. Par le traitement de leurs chevelures et de leurs barbes : contours définis par des lignes en relief, dessinés en vernis noir, et rehaussés à l'aide de grènetis pour Héraclès, incisés, leur masse étant rendue par des traits de peinture diluée pour Antée. Par leur expression le visage hagard, haletant d’Antée, la bouche entrouverte dans un rictus découvrant les dents, s'oppose à celui placide d'Héraclès. Par leur position Héraclès situé à gauche est déjà désigné comme le vainqueur de ce combat. Sur la gauche, la léonté, symbole avec la massue du héros, est représentée avec soin: la tête de face, les yeux clos soulignés par des cils, les quatre pattes.
Les noms des deux protagonistes sont gravés près d'eux, ainsi que la signature du peintre (« Euphronios a peint »).

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Pour sortir, revenez sur vos pas. Retraversez les salles du musée Charles X consacrées aux terres cuites, puis en salle des Sept-Cheminées (660-1-Sully), tournez à droite. Traversez les salles 662 et 663 pour atteindre l'escalier Henri II qui vous permettra de rejoindre la Pyramide.

 

Auteur(s) :
Alexandra Kardianou
Parcours réadapté aux changements muséographiques