Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Aphrodite dite "Vénus d'Arles"

Œuvre Aphrodite dite "Vénus d'Arles"

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines : Art grec classique (du Ve au IVe siècle av. J.-C.)

Si vous n’arrivez pas à lire les médias, téléchargez Flash Player.

Aphrodite dite Vénus d'Arles

© Musée du Louvre

Antiquités grecques, étrusques et romaines
Art grec classique (du Ve au IVe siècle av. J.-C.)

Auteur(s) :
Charlotte Lepethouka

Cette statue doit son nom à la ville où elle fut découverte en 1651. Conformément au goût du XVIIe siècle, les lacunes de l’œuvre furent complétées par le sculpteur Girardon, qui ajouta les bras tenant la pomme et le miroir, attributs désignant Aphrodite.
La parenté de la statue avec l’Aphrodite de Cnide de Praxitèle dont elle serait le prélude autorisent à voir dans la Vénus d’Arles la copie d’une œuvre de ce sculpteur, peut-être l’Aphrodite de Thespies, créée vers 360 av. J. C.

La « Vénus d'Arles »

La statue représente une figure féminine, debout, souplement hanchée. L’himation drapé à mi-corps dénude un torse assez menu. La main droite, levée, tient une pomme ; dans la main gauche, on devine le manche d’un miroir dans lequel la figure se contemple. La chevelure, séparée par une raie médiane et organisée en ondulations souples, est retenue par un chignon et un double ruban dont les extrémités retombent sur les épaules. Elle encadre un visage ovale aux lèvres et aux paupières charnues.

Restaurée pour Louis XIV

Découverte en 1651 à l’emplacement de l’ancien théâtre antique d’Arles, cette œuvre fut offerte par la ville au roi en 1683. Malgré les efforts déployés, on ne retrouva jamais les bras. Or, cet état lacunaire était inacceptable au XVIIe siècle, et on entreprit de rendre à l’antique mutilée sa splendeur passée. La restauration fut confiée à Girardon, sculpteur de la Cour. L’œuvre, rendue conforme au goût de l’époque, put connaître le privilège d’être placée dans la Galerie des Glaces, où elle resta jusqu’en 1798, date à laquelle elle fut transférée au Louvre.
Il est difficile de mesurer l’étendue de la restauration, qui selon certaines opinions aurait transformé l’œuvre au point de la dénaturer. Il est certain que Girardon a complété les parties manquantes. Si la position du bras gauche semble correcte, d’autres copies de ce type laissent à penser que le bras droit aurait dû être davantage levé. Girardon a également supprimé des étais - l’un sur l’épaule droite qu’il a transformé en ruban, l’autre sur la hanche droite - mais n’a peut-être pas altéré le volume des chairs de façon aussi radicale qu’on l’a prétendu.
D’autre part, en dotant la statue, non sans redondance, d’attributs évoquant Aphrodite, il lui a donné une identité sans doute fondée mais contestée par les Arlésiens, qui préféraient y voir Artémis plutôt que l’opulente déesse de l’Amour.
    

Reflet de l'Aphrodite de Thespies ?

La Vénus d’Arles a été rattachée à l’œuvre de Praxitèle, sculpteur athénien actif au milieu du IVe siècle av. J.-C. Formé à l’époque classique, il n’oublie pas les apports du Ve siècle, présents dans la bouche et les paupières un peu lourdes et dans l’attitude de la statue qui respecte le contrapposto classique. Cependant, la ligne flexueuse qui anime la pondération d’un rythme fluide ainsi que la semi-nudité sont des faits nouveaux qui annoncent les créations ultérieures du maître athénien, et notamment son œuvre la mieux connue, l'Aphrodite de Cnide. D’un type à l’autre, c’est le même visage ovale, la même composition capillaire, la même sinuosité. Mais la Vénus d’Arles n’ose pas encore le dévoilement total de son anatomie.
Parmi toutes les Aphrodites créées par Praxitèle et mentionnées par les textes, il en est une érigée à Thespies aux environs de 360 av. J.-C. La Vénus d’Arles pourrait en être une copie.
    

Bibliographie

- FORMIGE J., « Note sur la Vénus d’Arles », in Comptes-rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. 39, 1911, pp. 658-664.

- HERON De VILLEFOSSE A., « Un Moulage ancien de la Vénus d’Arles », in La Revue de l’Art ancien et moderne, t. 31, janv-juin 1912, pp. 11-96.

- MICHON E.,  « La Vénus d’Arles et sa restauration par Girardon », in Monuments Piot, 21, 1913, pp. 13-45.

- PICARD C., Manuel d’archéologie grecque. La sculpture. Tome 3 : période classique – IVe siècle (1ère partie), Paris, Picard, 1948, pp. 460-477.

- SISMONDO-RIDGWAY B., « The Aphrodite of Arles : a Problem of Chronology », in Studies in Art History, II, Maryland, 1976, pp. 35-42.

- SISMONDO-RIDGWAY B.,  « The Aphrodite of Arles », in American Journal of Archaeology, 80, 1976, pp. 147-154.

- Pasquier A., La Vénus de Milo et les Aphrodites du Louvre, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1985, p. 53.

- BOURGEOIS B., « La Vénus d’Arles ou les métamorphoses d’un marbre antique », in Actes du 4e colloque international de l’ARAAFU, Paris, 1995, pp. 125-137.

Cartel

  • Aphrodite dite "Vénus d'Arles"

    Oeuvre romaine de l'époque de l'empereur Auguste (fin du Ier siècle av. J.-C.)

    Découverte en trois fragments en 1651 dans le théâtre antique d'Arles (France)

  • Marbre du mont Hymette (région d'Athènes, Grèce), ronde-bosse

    H. : 1,94 m.

  • Ancienne collection royale, offerte par la ville d'Arles au roi en 1683 ; exposée au château de Versailles. Saisie révolutionnaire, 1797

    Inventaire MR 365 (no usuel Ma 439)

  • Antiquités grecques, étrusques et romaines

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet

Informations complémentaires

Le bout du nez, le bas du cou, deux morceaux de l'oreille gauche, les extrémités du bandeau, le bras droit, l'avant-bras gauche et des parties de l'himation sont des restaurations.