L'accordeur de tremblements de terreDe Stephen et Timothy Quay

22 Octobre 2022

L'accordeur de tremblements de terre

De Stephen et Timothy Quay

FilmsLes Choses

22 Octobre 2022

Film de Stephen et Timothy Quay, G.-B., 2005, 99 min, 35mm
Avec Amira Casar, Gottfried John, Assumpta Serna et Cesar Sarachu.


Cycle de cinéma : « Machins, machines, de Buster Keaton à Tim Burton »
Les Choses. Une histoire de la nature morte depuis la Préhistoire  - En lien avec l'exposition


Emporté par une passion dévorante mais non partagée, le Dr Emmanuel Droz, neurologue méphistophélique et inventeur ayant découvert le secret de la résurrection, veut s’unir à jamais à la femme qu’il aime, la belle cantatrice Malvina van Stille. Afin de réaliser son dessein il la tue, l’enlève, puis la maintient dans un état de mort apparente.

Droz engage l’accordeur de pianos Felisberto pour réviser ses instruments, des automates actionnés par les marées qui gouvernent mystérieusement le rythme de la vie dans sa propriété isolée sur les bords de l’océan, la Villa Azucena. Felisberto découvre peu à peu l’intention du docteur : mettre en scène un ” opéra diabolique ” qui enchaînera la destinée de Malvina. Il se jure secrètement de la sauver, mais se trouve en fait lui-même pris au piège dans l’univers pervers de Droz.

 « Le film orchestre avec bonheur un inventaire alchimique de plans somptueux, crypte aquatique avec tourbillons d'eau en vrille, barque mue par des rames que tiennent des mains sans corps, ruines et grottes crépusculaires dignes de Louis II de Bavière, hommes tenant des torches, hypnotisés, dormant avec un mouchoir dans la bouche.

Et tandis que se débat le chaplinesque chevalier servant au chevet de son rossignol captif, avec la terreur d'être transformé en fourmi du Cameroun, les frères Quay diffusent une sensualité sulfureuse, un vampirisme morbide par lequel Droz associe le larynx et les cordes vocales de sa proie à son sexe, en un délire érotique où il est question de raisin mûrissant, vanilles écrasées, du rêve de "succomber aux pollutions des brumes et des brouillards". Epoustouflant ! » Jean-Luc Douin, Le Monde, 19 septembre 2006