L’empereur romain. Un mortel parmi les dieux

Nîmes

Posté le 1 juin 2021

Du 13 mai au 19 septembre 2021, le musée de la romanité de Nîmes, en collaboration avec le musée du Louvre, organise une exposition inédite sur le culte impérial, thème majeur de l’histoire romaine pourtant méconnu du grand public.

De la République à l’Empire : la création du statut d’empereur.

L’exposition se lie étroitement au règne d’Octavien, petit-neveu de Jules César, plus connu sous le nom d’Auguste. Devenu maître de Rome en 31 av. J.-C. à l’issue d’une guerre civile, il impose habilement une nouvelle forme de gouvernement respectueuse en apparence des institutions républicaines : le Principat. Il accapare progressivement la puissance de la plupart des magistratures traditionnelles, concentrant le pouvoir politique entre ses mains et celle de son entourage. Le culte de ses qualités, vertus et actions est progressivement intégré dans la religion publique sans créer de rupture avec le cadre religieux traditionnel. Il ne sera ainsi jamais assimilé à un dieu ni destinataire d’un culte direct de son vivant en Occident. Tout au long de son règne, Auguste s’attache à donner de sa personne, de sa famille, de son projet politique, une image propre à légitimer son pouvoir et son action. L’idéologie du nouveau régime s’exprime à travers différents « médias » : littérature, numismatique, sculpture, arts précieux, mais aussi à travers l’architecture et le portrait de l’empereur partout dans l’espace public. À la mort d’Auguste, le Sénat vote les honores caelestes, « honneurs célestes », ouvrant la voie à la divination de la plupart des empereurs romains après leur mort.

Sur les traces des empereurs à Nîmes

Le patrimoine antique de la Ville de Nîmes compte deux fondations religieuses étroitement liées à la promotion de la dynastie impériale julio-claudienne : la « Maison Carré », temple dédié aux petits-fils et héritiers d’Auguste, Gaius et Lucius Caesar et l’ « Augusteum » du site de la Fontaine dont subsistent le « temple de Diane » et un angle de fronton du propylée qui occupe aujourd’hui une place centrale dans le parcours muséographique du musée de la Romanité. L’exposition souhaite replacer ces monuments dans leur contexte historique en explorant le thème, riche et complexe, de l’expression religieuse du pouvoir politique dans la société romaine. 

illustration
Relief

L’empereur : intermédiaire privilégié entre les hommes et les dieux

Le concept assez réducteur de « culte impérial », récurrent dans les publications spécialisées, recouvre une grande diversité d’hommages autour de la personne de l’empereur, qui incarne l’Etat et garantit sa prospérité. Divinisé après sa mort, l’empereur apparaît comme un intermédiaire privilégié entre les hommes et les dieux. 
Rassemblant des sculptures, monnaies et inscriptions, l’exposition tente de montrer comment l’association, parfois ambigüe, des références divines et de la fonction impériale s’est traduite dans l’iconographie mais aussi dans les programmes architecturaux et décoratifs des lieux dédies à la célébration de l’activité impériale. Elle abordera également les modalités et l’organisation des cultes impériaux en Narbonnaise. Parmi les 149 œuvres exposées, 30 ont été prêtées par le département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du musée du Louvre.  

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Commissaires

Manuella Lambert, conservateur du patrimoine au musée de la Romanité à Nîmes, assistée de Cécile Carrier, chargée d’études.

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