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Miroir du prince. La commande artistique des hauts dignitaires de la cour de Bourgogne au XVe siècle

Autun & Chalon-sur-Saône

Posté le 21 juin 2021

Du 5 juin au 19 septembre 2021, cette double exposition présentée conjointement au musée Rolin et au musée Vivant Denon retrace la fastueuse épopée du duché de Bourgogne au travers de la commande artistique de hauts fonctionnaires au service de Philippe le Bon et Charles le Téméraire.

L’influence des hauts fonctionnaires sur la vie artistique au XVe siècle

De 1384 à 1477, les ducs de Bourgogne ont réussi une étonnante construction politique associant Bourgogne et Franche-Comté aux territoires des Pays-Bas, une des régions les plus dynamiques d’Europe. En suivant leur exemple, les hauts dignitaires de la cour de Bourgogne - hommes d’Église, nobles et officiers - développent un goût assuré pour l’art et les objets luxueux. Ils commandent alors des œuvres aux grands artistes de l’époque, Jan van Eyck, Rogier van der Weyden, mais aussi aux artistes locaux : Claus de Werve, Jean de la Huerta, Antoine le Moiturier ou encore Pierre Spicre et les Changenet, enrichissant considérablement le patrimoine des cités dans lesquelles ils résident et officient.

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Jan van Eyck, Le Chancelier Rolin en prière devant la Vierge dit La Vierge du chancelier Rolin, Huile sur bois, 66 × 62 cm, vers 1435 , musée du Louvre

Ainsi, c’est Nicolas Rolin, chancelier du duc Philippe le Bon, qui a offert à l’église Notre-Dame du Chatel à Autun la très célèbre « Vierge du Chancelier Rolin » de van Eyck, chef-d’œuvre du Louvre évoqué à Autun par un film de l’Institut royal du Patrimoine artistique de Belgique, qui en dévoile tous les détails.

Au-delà d’une appétence pour les arts, le luxe et une forme de pré-humanisme, châteaux et chapelles, tapisseries et manuscrits, statues et tombeaux devaient manifester leur foi, symboliser leur puissance et établir leur prestige dans leurs cités d’origine, mettant l’art au service d’une noblesse qui s’élevait au-dessus du commun des mortels.

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Priant : un membre de la famille de Plaine (Girart de Plaine ?), Pierre polychromée, musée du Louvre

Une exposition en deux volets à Autun et Chalon-sur-Saône

Au musée Rolin d’Autun, Miroir du prince. "L’age d’or" du mécénat à Autun, apporte un regard renouvelé sur les grandes commandes artistiques des familles Rolin et Clugny. C’est notamment la figure du cardinal Jean Rolin qui est à l’honneur, extraordinaire mécène et sans doute l’un des premiers commanditaires de Jean Hey, qui peignit pour lui une Nativité (musée Rolin d’Autun) exceptionnellement présentée avec ses créations ultérieures pour le duc et la duchesse de Bourbon à Moulins.

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Jean Hey, dit le Maître de Moulin, Anne de France, dame de Beaujeu, duchesse de Bourbon, présentée par saint Jean l’Évangéliste, huile sur bois (chêne), 83 × 63 × 4 cm 4e quart du XVe siècle (1475 - 1500), musée du Louvre

Au musée Vivant Denon de Chalon-sur-Saône, Miroir du prince. La commande artistique de hauts fonctionnaires bourguignons s’articule autour de figures de grands commanditaires, faisant la part belle à Nicolas Rolin, chancelier du duc Philippe le Bon, et à son épouse Guigone de Salins, en mettant l’accent sur une de leurs grandes fondations, l’Hôtel-Dieu de Beaune, mais aussi en évoquant les revenus qu’ils tiraient de l’exploitation du sel à Salins (Jura).

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Atelier de Catharina Hasselet, carton attribué à Gauthier de Campes, Tenture de saint Anatoile de Salins : le miracle de l'eau, 1502 – 1506, tapisserie, musée du Louvre

Les Rendez-vous du Louvre

En 2010, la ville d’Autun a signé une convention avec le musée du Louvre qui avait déjà donné naissance, au musée Rolin, à trois « Rendez-vous du Louvre » visant à promouvoir l’étude scientifique de chefs-d’œuvre des collections autunoises, à leur valorisation et à leur médiation auprès d’un large public : Bologne et le pontifical d’Autun (2012), De Goya à Delacroix, les relations artistiques de la famille Guillemardet (2014) et Ève ou la folle tentation (2017).

Cette quatrième édition prend une ampleur particulière avec l’arrivée du musée Vivant Denon. Les deux établissements bénéficient de prêts exceptionnels issus des départements arts graphiques, des peintures, des sculptures et des objets d’art du Louvre. Des musées français et étrangers ont également été sollicites. Ce sont ainsi des pièces remarquables qui sont présentées dont certaines seront montrées au public pour la première fois. Autant de témoignages du rôle de ces hauts fonctionnaires dans la création et la diffusion de foyers artistiques sur le territoire.

Commissaires

Brigitte Maurice-Chabard, directrice des musées de Chalon-sur-Saône, Sophie Jugie, directrice du département des sculptures du musée du Louvre et Jacques Paviot, professeur d’histoire du Moyen Âge à l’UPEC.


Cette exposition a reçu le label exposition d'intérêt national du ministère de la Culture.


Pour aller plus loin

À voir :

À lire :

  • Catalogue de l’exposition, Miroir du Prince. La commande artistique des hauts fonctionnaires à la cour de Bourgogne (1425-1510), sous la direction de Brigitte Maurice-Chabard, Sophie Jugie et Jacques Paviot, éditions Snoeck, 288p., 233 ill., 35€.
  • Dossier de l’art ,n° 288, Miroir du Prince. La commande artistique des hauts fonctionnaires à la cour de Bourgogne (1425-1510), éditions Faton, 82 p., 9,50€

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