
Jacques-Louis David
15 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Un appel à la réconciliationJacques-Louis David
Les Sabines, 1799
Huile sur toile, 325 x 582 cm
Paris, musée du Louvre, département des Peintures, INV. 3691
David aurait composé une première esquisse des Sabines fin 1794 ou durant l’été 1795. Incarcéré après la chute de Robespierre, il réfléchit au passé récent et à son engagement révolutionnaire. Achevé en 1799 le tableau est présenté au public en 1800 au Louvre, dans une exposition privée payante.

Le sujet est tiré de l’histoire romaine. A la tête des femmes révoltées par la guerre, Hersilie s’interpose entre son père Tatius, roi des Sabins, et son mari Romulus, premier roi légendaire de Rome. Contrairement à Poussin, David ne peint pas l’enlèvement des Sabines par les Romains, mais le moment où Sabins et Romains cessent le combat grâce à l’intervention des femmes. A l’heure des règlements de compte, des fractures politiques et sociales, il en appelle, avec ce tableau, à la réconciliation entre les Français pour achever l’œuvre de la Révolution.

Renouant avec la peinture d’histoire des années 1780, David propose une vision enrichie de son expérience politique et de ses échecs. Après les années de trouble et de violence l’héroïsme ne peut se départir de toute humanité. Tel est le message porté par les Sabines. Les femmes ne sont plus passives comme dans le Serment des Horaces, elles sont au centre de la composition, exprimant la révolte, l’horreur, la supplication et le courage. Agentes de l’histoire, elles arrêtent le cours sanglant des évènements pour assurer à Rome un avenir glorieux.
Le tableau est contemporain de ses plus célèbres portraits de femmes, en particulier celui de Madame Récamier, laissé inachevé, ou celui de Madame de Verninac, la sœur d’Eugène Delacroix. Dans ces portraits, comme dans Les Sabines, David attache une grande importance à la mode à l’antique, dont il avait été l’un des promoteurs au théâtre.

Ce goût pour le théâtre l’incite à produire ce qu’on pourrait qualifier de première « installation immersive » de l’histoire de l’art. Les Sabines sont en effet exposées devant un grand miroir (procédé qui sera ensuite repris pour Le Sacre de Napoléon), afin que les visiteurs soient immergés dans la peinture.
En 1801 Bonaparte franchissant les Alpes est accroché à côté des Sabines. Au temps suspendu des Sabines répond le geste du général Bonaparte, destiné à achever la Révolution et accomplir le destin de la France.

Les Sabines
1 sur 4