Jacques-Louis David

15 octobre 2025 – 26 janvier 2026

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  • vue de l'œuvre Un chef charismatique - 1

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Un chef charismatiqueJacques-Louis David
Bonaparte franchissant les Alpes au Grand Saint-Bernard, 1800
Huile sur toile, 260 x 221 cm
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau, M.M.49.7.1

Commandé par le roi d’Espagne, soucieux de conserver de bons rapports diplomatiques avec la France, ce portrait équestre fait entrer le consul Bonaparte dans la légende. Le cheval cabré, le vent qui gonfle le manteau, le doigt levé, les inscriptions rappelant les illustres prédécesseurs (Hannibal et Charlemagne), les nuages qui s’écartent aux rayons du soleil… tout concourt à idéaliser le modèle. Le chef de guerre en gloire se métamorphose en homme providentiel pour la France.

David n’a pas eu la primeur des portraits publics du général Bonaparte. Il a été précédé, entre autres, par son ancien élève Gros, présent en Italie lorsque Bonaparte y remporte sa première campagne en tant que commandant d’armée en novembre 1796. Ce n’est que lors de son retour triomphal à Paris fin 1797, que le jeune et brillant général accorde à David une unique séance de pose, dont le résultat est le fragment inachevé d’un projet de portrait en pied qui ne sera jamais réalisé. Dès cette première rencontre David est fasciné, qui déclare : « Bonaparte est mon héros ».

Avec Bonaparte franchissant les Alpes David fusionne peinture d’histoire, sujet contemporain et portrait. Il fixe l’image de Bonaparte dans l’imaginaire collectif, servant une redoutable stratégie de communication politique. Le tableau traduit ce moment historique où l’aspiration démocratique qui était au cœur de l’action collective du Serment du jeu de paume, s’identifie avec la figure d’un chef charismatique.

David entretiendra des rapports plus ambivalents avec l’Empire, lorsque l’élan de la Révolution se figera dans la constitution d’une nouvelle dynastie. En 1807 il exécute cependant avec Le Sacre de Napoléon sa composition la plus ambitieuse. Nommé premier peintre de l’Empereur et couvert d’honneurs il est, pour la première fois depuis 1784, confronté à la question de la liberté de l’artiste face au pouvoir et à son administration. Il demeurera cependant fidèle à Napoléon, livrant avec Napoléon dans son cabinet de travail l’image la plus moderne de l’Empereur, en homme d’Etat qui donne des institutions à la France.

  • Bonaparte franchissant les Alpes au Grand Saint-Bernard

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