
Jacques-Louis David
15 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Une icône de la RévolutionJacques-Louis David
Marat assassiné, 13 juillet 1793, 1793
Huile sur toile; 165 x 128 cm
Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Inv. 3260
Avec Marat assassiné David réalise la fusion idéale de la peinture d’histoire, de la peinture religieuse, du sujet contemporain et du portrait.
Quand, dès le lendemain de la mort de Marat, la Convention nationale lui passe commande du tableau, David est non seulement député de Paris depuis 1792 mais également membre du Comité de sureté générale, où il préside la section des interrogatoires. Porté par les idées nouvelles et animé d’une dynamique de l’action, David sert le projet politique de la Révolution. Membre du Comité d’instruction publique, il organise les grandes fêtes fédératrices de la nation, dessine les costumes des détenteurs de l’autorité publique, crée les symboles d’une nouvelle religion civique.

Son tableau va constituer une puissante image de communication politique, qui, par sa radicalité, s’inscrit définitivement dans la mémoire. Composé singulier de réalisme et d’idéal, la peinture de David est vibrante. L’idéal traduit la vision, l’espoir d’une société nouvelle ; le réalisme la confrontation avec l’Histoire et sa contingence.
David érige Marat en icône de la Révolution. Son cadavre sublimé est inspiré de La Déposition du Christ du Caravage (Pinacothèque des musées du Vatican). Le linceul, le sang versé, évoquent la Passion. Le couteau ensanglanté et le billot renvoient plus largement à l’iconographie du martyre, mais également au dépouillement prôné par Marat : « Rien de superflu ne saurait appartenir légitimement, tandis que d’autres manquent du nécessaire ». Ainsi il ne possède pas de table où rédiger sa correspondance mais une simple caisse de bois grossièrement équarri. La lettre qu’il tient à la main est celle que lui a adressée Charlotte Corday pour être introduite.
Le fond, nu, est traité dans cette manière vibrante, propre à David. La dédicace, accompagnée de la signature, traduit l’amitié qui liait les deux hommes.

Avant Marat assassiné David avait peint Le Peletier sur son lit de mort (détruit), premier martyr de la Révolution, assassiné le 20 janvier 1793 pour avoir voté la mort de Louis XVI. Les deux tableaux furent accrochés de part et d’autre de la tribune de la Convention, rappelant les menaces qui pesaient sur la Révolution et invitant les députés à la vertu républicaine.


Marat assassiné, 13 juillet 1793
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