
Jacques-Louis David
15 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Une imperturbable déterminationJacques-Louis David
Autoportrait, 1794
Huile sur toile, 81 x 64 cm
Paris, musée du Louvre, département des Peintures, INV. 3705
David ne semble guère avoir prisé le genre de l’autoportrait. Ainsi le tableau conservé à la Galleria degli Uffizi de Florence est mentionné dans les listes qu’il établit de ses œuvres, mais tel n’est pas le cas de celui du Louvre, peut-être parce qu’il demeura vraisemblablement inachevé. Un dessin, qui appartint aux frères Goncourt, est également considéré comme un autoportrait et daté, comme celui de Florence dont il se rapproche stylistiquement, des années 1790-1791.

L’histoire du portrait du Louvre est rapportée par l’élève de David, Pierre-Maximilien Delafontaine. Il aurait été réalisé en août 1794, alors que David était incarcéré à l’hôtel des Fermes, rue de Grenelle Saint-Honoré.
Pendant les deux ans de la Terreur (1793-1794) David a occupé plusieurs postes éminents : membre du Comité de l’Instruction publique et du Comité de Sureté générale, président du club des Jacobins. Elu député de Paris en 1792 il prend la présidence de la Convention nationale en janvier 1794. A la chute de Robespierre le 9 thermidor (27 juillet 1794) il échappe de peu à la guillotine.
Delafontaine lui rend visite en prison, lui apportant un miroir grâce auquel il réalise cet autoportrait.
David se présente de face, assis dans un fauteuil et palette à la main, vêtu d’une houppelande (ou robe d’intérieur) et d’une chemise rapidement nouée. Les cheveux non poudrés retombent librement sur le front. L’intensité du regard, la position qui suggère l’action, confèrent au portrait une immédiateté et une remarquable vérité. David saisit l’instant mais rend également perceptible l’agitation intérieure. L’exécution rapide et brillante, le coloris chaud, harmonie d’ocres et de bruns, le travail sur la lumière, composent une image éminemment séduisante et profondément vivante.


Autoportrait 1794
1 sur 2