Le trésor de Notre-Dame de Paris

18 octobre 2023 – 29 janvier 2024

Passée

Passée

  • vue de l'œuvre Souvenir d’une châsse en or et émaux translucides - 1

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Souvenir d’une châsse en or et émaux translucidesAttribué à Nicolas Cochin, graveur (Troyes, 1610 – Paris, 1686) ; Louis Boissevin (1685), imprimeur
Procession des châsses de saint Marcel, de sainte Geneviève et d’autres saintes et saints parisiens le 11 juin 1652
Vers 1652
Paris, INHA, bibliothèque, collection Jacques Doucet, OC 59

Une châsse très précieuse

Cette gravure est l’un des rares témoignages que nous gardions de la châsse de saint Marcel, qui constituait la pièce maîtresse du trésor de Notre-Dame de Paris avant la Révolution. Elle abritait les reliques de saint Marcel, mort d’après les listes épiscopales en 435. On attribuait de nombreux miracles à ce 9e évêque de Paris, d’abord inhumé au niveau du carrefour des Gobelins, puis transféré dans l’île de la Cité, sans doute pendant les invasions normandes. La châsse gothique de saint Marcel fut réalisée grâce à un legs de 1263, complété par plusieurs dons vers 1270. Pesant environ 122 kilos, elle avait la forme d’une église gothique dotée en son centre d’une haute flèche amovible. Les statuettes et les gâbles étaient en or et les vitraux de l’église étaient rendus par des émaux translucides cloisonnés sur or.

Les mésaventures d’une œuvre d’art

Entièrement fondue en octobre 1792 par les autorités révolutionnaires, la précieuse châsse avait subi avant cette date une importante transformation : en 1562, pour subvenir à des dépenses urgentes du clergé, les chanoines confièrent à l’orfèvre Barthélémy Guesdon le remplacement des gâbles et des statuettes en or par leur équivalent en argent doré. Cette pratique n’était cependant pas exceptionnelle, car le trésor était considéré aussi comme une réserve financière de la cathédrale.

« Sainte Geneviève ne sort que si saint Marcel la vient quérir. »

Dicton parisien

Les processions disparues

À la suite d’une guérison collective miraculeuse survenue le 26 novembre 1130 pendant une épidémie provoquée par l’ingestion d’ergot de seigle (le Mal des Ardents), de grandes processions furent organisées avant la Révolution entre Notre-Dame de Paris et l’abbaye Sainte Geneviève (à l’emplacement du lycée Henri IV) selon un rituel précisément réglé. Portée par des membres de la confrérie des orfèvres, la châsse de saint Marcel sortait de la cathédrale en procession jusqu’à l’abbaye sainte Geneviève. Puis la procession repartait : les châsses du saint évêque et de la patronne de Paris étaient portées à Notre-Dame en passant par la rue du Saint-Jacques et le Petit-Pont. Après la célébration dans la cathédrale d’une messe votive à la Vierge, une dernière procession accompagnait le retour de la châsse de sainte Geneviève dans son abbaye.

Autour de la châsse de saint Marcel

  • Attribué à Nicolas Cochin, graveur (Troyes, 1610 – Paris, 1686) ; Louis Boissevin (1685), imprimeur, Procession des châsses de saint Marcel, de sainte Geneviève et d’autres saintes et saints parisiens le 11 juin 1652

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