Le Code de HammurabiLe Code de Hammurabi

Un monument du droit ancien

Taillée dans un bloc de basalte noir de plus de 2,25 mètres de haut, la stèle dite du « Code d’Hammurabi » est l’un des monuments les plus emblématiques du Proche-Orient antique. Gravé vers 1750 avant Jésus-Christ, le texte ne constitue pas un code au sens moderne : il s’agit plutôt d’un vaste recueil de jurisprudence, rassemblant près de 280 décisions de justice rendues par le roi de Babylone, Hammurabi. Organisé en grands chapitres — famille, propriété, commerce, travail, etc. —, cet ensemble couvre la majorité des secteurs de la société du début du 2ᵉ millénaire et illustre la manière dont les souverains mésopotamiens rendaient la justice.

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Code de Hammurabi, -1792 / -1750 (1ère dynastie de Babylone : Hammurabi), Basalte, Musée du Louvre, Département des Antiquités orientales

Hammurabi, puissant souverain garant de la justice

Au sommet de la stèle, une scène en relief montre Hammurabi debout devant le dieu Soleil Shamash, identifiable aux flammes qui jaillissent de ses épaules et au repose-pied symbolisant les montagnes qu’il franchit chaque matin. Le dieu présente au souverain les insignes du pouvoir, lequel est conditionné au respect et à l’application de la justice, Shamash en étant aussi le patron. 

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Code de Hammurabi, -1792 / -1750 (1ère dynastie de Babylone : Hammurabi), Basalte, Musée du Louvre, Département des Antiquités orientales. Détail

Une découverte majeure à l’orée du 20ème siècle

Découverte en 1902 lors des fouilles françaises de Suse, en Iran, la stèle y avait été emportée plusieurs siècles après sa réalisation, comme butin de guerre par le roi élamite Shutruk-Nahhunte (règne environ de 1185 à 1160 avant Jésus-Christ). Elle est exposée depuis 1904 au Louvre où elle est l’une des pièces majeures du département des Antiquités orientales.

« Œil pour œil, dent pour dent » 

Les 282 chapitres encore conservés suivent tous une même structure, comparable à celles employées dans les traités de divination ou de médecine : la première partie, introduite par « si », décrit une situation envisagée dans ses moindres détails ; la seconde expose la solution ou la peine, parfois précisée par une clause supplémentaire introduite par « en outre ». On appelle cet enchainement des parties une protase-apodose.

Le chapitre 196 énonce « si quelqu'un a crevé un œil à quelqu’un du même statut, on lui crèvera un œil. ». Ce chapitre est mis en lumière dans l’expérience en réalité augmentée. Il illustre une conception de la réparation du tort propre aux sociétés sémitiques du Proche-Orient ancien, à l’origine de ce que l’on appelle la loi du talion (« œil pour œil, dent pour dent »). Loin d’encourager la vengeance, cette règle impose au contraire que la sanction soit strictement proportionnée au dommage subi. Par son ambition et sa portée juridique, le code d’Hammurabi demeure un jalon essentiel de l’histoire du droit et une fenêtre privilégiée sur la société du Proche-Orient antique.