Table-ronde : "Les maquettes d’architecture du musée du Louvre : définition et réflexions autour d’un corpus"

Histoire du LouvreArchitectureTable-ronde

Le 13 août 2026

L'attribution de la bourse Majid Boustany à Léa Tichit, qui consacre ses travaux à la mise en exposition et en musée de l’architecture en France à la période contemporaine, offre l’occasion d’interroger ces objets singuliers au sein du musée : les maquettes. Méconnues, elles sont souvent considérées comme des objets intermédiaires, simultanément objets possibles de collection et archives de l’institution et de son histoire.
 

 

 

Cadre de la recherche

En 1793, à l’ouverture de la Grande Galerie du muséum du Louvre, aucun artefact architectural n’est exposé, alors même que l’architecture, la peinture et la sculpture sont considérées comme des arts majeurs indissociables. Pour autant, cet art du bâti n’est pas tout à fait absent du musée, le palais du Louvre s’apparentant lui-même à une exposition d’architecture grandeur nature. Aussi, progressivement, l’architecture gagne sa place au sein des collections des différents départements sous formes de fragments, de moulages, de maquettes ou encore de dessins. Intitulé « Collectionner et exposer l’architecture au musée du Louvre », le projet postdoctoral engagé en 2025 grâce à la bourse Majid Boustany et mené au sein de la Direction des études muséales et de l’appui à la recherche du Louvre, vise à investiguer ce sujet et interroger l’attention portée à l’architecture comme objet de collection et d’exposition de l’institution, depuis l’ouverture du muséum jusqu’à nos jours.

Une galerie de dessins d'architecture au sein du musée

En 2025, une première année de recherche a permis de mettre au jour la création à la fin du 19e siècle d’une galerie de dessins d’architecture.
En effet, le 1er août 1891, parmi les salles du cabinet des dessins, dans l’aile nord de la cour Carrée, s’ouvre une galerie réunissant une trentaine d’œuvres. L’ensemble présente principalement des architectes français récemment disparus, et inclus à la marge des italiens à la production plus ancienne, tous ayant marqués l’histoire de l’architecture. Figurent notamment Filippo Brunelleschi, Charles de Wailly, Hector Lefuel, Henri Labrouste ou encore Eugène Viollet-le-Duc. Si certains de ces dessins, notamment les plus anciens, se trouvaient déjà dans les réserves, l’ouverture de cette galerie va de pair avec la constitution d’une collection spécifique. La galerie ne connaît qu’une existence fugace ; dès 1903, ses dessins sont remisés. Aujourd’hui, si les éléments dix-neuvièmistes ont rejoint les collections d’Orsay, ce fonds est encore présent au Louvre.

L'Étude des maquettes d'architecture

illustration
Ieoh Ming Pei (architecte), Philippe Le Heuzey (maquettiste), Première maquette du projet du Grand Louvre, 1984,

Depuis 2026, grâce au renouvellement de la bourse Majid Boustany et en étroite collaboration avec le Centre de ressources des études muséales et de l’histoire du Louvre, les recherches se poursuivent à propos des maquettes. 

Ces artéfacts, qui constituent un ensemble méconnu, non défini et relativement hétérogène, sont le plus souvent appréhendés comme des objets intermédiaires : ni œuvres d’art, ni dépourvus d’intérêt patrimonial, simultanément objets possibles de collection et archives relatant l’histoire de l’institution. L’étude porte sur les maquettes de médiation, accompagnant les objets exposés dans les salles ; les maquettes historiques sur le Louvre, illustrant l’évolution du palais et du musée ; les maquettes de concours, d’étude ou de communication d’architectes et les maquettes d’aménagements muséographiques de scénographes, rendant compte de différents projets du musée. Sont écartés les modèles d’œuvres du département des sculptures et les architectures en réduction à vocation première votive et/ou religieuse des départements archéologiques, qui relèvent de catégories distinctes.

Ces recherches explorent ainsi des angles aveugles de l’histoire du Louvre, pour éclairer l’attention donnée au musée à l’architecture, à travers les dessins et les maquettes qui y sont conservés.


Léa Tichit est docteure en histoire de l’art, rattachée au Centre de recherche en histoire de l’art François-Georges Pariset à l’université Bordeaux Montaigne et maître de conférences associée à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux. 

L’article « L’architecture aux salons au tournant du XXe siècle » paru dans Livraisons de l’Histoire de l’Architecture en 2024 et l’ouvrage Répertoire des expositions temporaires d’architecture en France (1914-1977) édité par les Presses Universitaires de Bordeaux sont les premières publications issues de ses travaux sur l’exposition de l’architecture.

Table-ronde le 18 septembre 2026 à 18h 

 Les maquettes d’architecture du musée du Louvre : définition et réflexions autour d’un corpus

Dans le cadre de la recherche postdoctorale intitulée « Collection et exposer l’architecture au musée du Louvre (1792-1989) » menée par Léa Tichit, lauréate de la Bourse Majid Boustany 2025 et 2026, cette table ronde sera l’occasion d’interroger des objets singuliers au sein du musée : les maquettes. Méconnues, elles sont souvent considérées comme des objets intermédiaires simultanément objets possibles de collection et archives de l’institution et de son histoire.

Avec Léa Tichit, docteure, Juan Felipe Alarcon, Victoria Gertenbach, Isabelle Decise et Moïra-Marie Filiol, musée du Louvre. 

En salle des 80 sous la Pyramide du Louvre

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