Soleil et ors Galerie d'Apollon

Galerie d’apparat conçue comme une œuvre en soi, la galerie d’Apollon déploie un décor associant pour la première fois le pouvoir royal de Louis XIV à la divinité du soleil.
Un projet politique
En 1594 Henri IV établit sa résidence principale au Louvre. D’importants travaux de construction et d’embellissement sont entrepris. Une première galerie est édifiée, qui relie l’angle sud-ouest de la cour Carrée à l’ancienne enceinte du Louvre médiéval, côté Seine. À proximité des appartements du roi, la Petite Galerie devient le symbole de son autorité. Le décor, confié aux peintres Toussaint Dubreuil (1561-1602) et Jacob Bunel (1558-1614), ainsi qu’au sculpteur Pierre Biard (1559-1609) concoure à la légitimation dynastique et politique du roi.
Une galerie pour le Roi-Soleil…
Le 6 février 1661, un incendie ravage la Petite Galerie. Le pire, à savoir la propagation à la Grande Galerie, est cependant évité. Dès 1662, commande est passée à l’architecte Louis Le Vau (1661-1670) et au peintre Charles Le Brun (1619-1690) de la reconstruction du bâtiment détruit. Le Brun consacre le décor à Apollon, que Louis XIV vient de choisir comme figure emblématique. Symbolisant les bienfaits d’un bon gouvernement, le dieu du soleil commande l’ordonnancement des éléments, les parties du jour, la course des planètes, le rythme des mois et des saisons. Œuvre totale, le décor peint et sculpté - réparti en compartiments, médaillons et voussures - est magnifié par les stucs de François Girardon (1628-1715), Thomas Regnaudin (1622-1701) et des frères Gaspard et Balthasar Marsy, préfiguration de celui de la galerie des Glaces de Versailles.

… achevée par Eugène Delacroix
Le chantier, brutalement interrompu en 1671, lors de l’installation du roi et de la Cour à Versailles, est laissé inachevé.
Près d’un siècle plus tard, entre 1769 et 1781, sous la direction de l’Académie royale de peinture et de sculpture, le décor du plafond est complété par Le Printemps d’Antoine François Callet (1741-1823), L’Automne de Jean Hugues Taraval (1729-1785), L’Été de Louis Jacques Durameau (1733-1796), L’Hiver de Jean-Jacques Lagrenée (1739-1821), ainsi que Castor ou l’Étoile du matin d’Antoine Renou (1731-1806).
En 1848, les travaux reprennent sous la direction de l’architecte Félix Duban (1798-1870). L’exécution du compartiment central du plafond est confiée à Eugène Delacroix, qui réalise Apollon vainqueur du serpent Python.

Les joyaux de la couronne
Le palais du Louvre devient muséum central des Arts en 1793, et la galerie d’Apollon salle d’exposition pour des sculptures, dessins et objets d’art, parmi lesquels, en 1803, la tapisserie de Bayeux.
En 1861 sont réalisées des vitrines en bois sculpté et doré, dans un style s’accordant avec le décor de la galerie. Y sont présentés des bijoux, des gemmes et des laques issus des anciennes collections de la Couronne, ainsi que des chefs-d’œuvre des trésors de l’abbaye de Saint-Denis et de l’ordre du Saint-Esprit.
Une œuvre d’art en soi
Le 19 octobre 2025, deux malfaiteurs entrent par effraction dans la galerie d’Apollon et dérobent huit bijoux du 19e siècle. À l’été 2026, après plusieurs mois de fermeture, la galerie retrouve sa destination première de galerie d’apparat, conçue comme une œuvre en soi au 17e siècle. Elle constitue ainsi un espace de déambulation et de contemplation fluide au sein du musée, reliant la rotonde d’Apollon au Salon carré et ouvrant sur la Grande Galerie.
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